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Publié le 16 Avril 2018

#Monde - Syrie : ce que l’on sait des frappes américaines, françaises et britanniques

L’opération a visé des sites militaires et un centre de recherche soupçonnés d’héberger le programme chimique du régime, à Damas et près de Homs.

Publié le 16 avril 2018 dans Le Monde

L’essentiel

  • Après plusieurs jours de tergiversations, les Etats-Unis et leurs alliés sont passés à l’action. Vendredi 13 avril, Donald Trump a annoncé que Washington avait procédé à des frappes en Syrie, en coordination avec la France et le Royaume-Uni.
  • Il s’agit d’une réponse directe à l’attaque chimique supposée de samedi 7 avril à Douma, ville de la Ghouta orientale, à l’est de la capitale syrienne, Damas.
  • Trois sites liés au programme d’armement chimique syrien ont été visés. Le secrétaire à la défense américain, James Mattis, a souligné qu’il s’agissait de « frappes ponctuelles ».
  • Moscou a échoué à faire condamner par le Conseil de sécurité de l’ONU les frappes occidentales en Syrie. La France propose avec ses partenaires un projet de résolution à plusieurs facettes - chimique, humanitaire et politique - qui sera discuté à partir de lundi

Une" frappe lourde" mais "propotionnée"

C’est le président américain qui a annoncé, dans la nuit de vendredi 13 à samedi 14 avril, qu’une opération militaire était en cours contre la Syrie. « J’ai ordonné aux forces armées des Etats-Unis de procéder à des frappes de précision sur des cibles associées aux capacités du dictateur syrien, Bachar Al-Assad, en matière d’armes chimiques, a dit Donald Trump. Une opération conjointe est en cours avec la France et le Royaume-Uni. »

Selon le général Joe Dunford, les forces occidentales ont visé trois cibles liées au programme d’armement chimique syrien. Il a précisé qu’aucune autre opération militaire visant la Syrie n’était prévue à ce stade. « Nous avons été très précis, et la réponse était proportionnée, mais en même temps ce fut une frappe lourde », a ajouté James Mattis. Le Pentagone a précisé dans l’après-midi avoir « frappé avec succès chaque cible », selon une de ses porte-parole, Dana White.

Selon M. Mattis, les forces américaines ont employé dans la nuit deux fois plus de munitions que lors de la frappe américaine d’avril 2017 sur la base militaire d’Al-Chaayrate, près de Homs, en représailles à une précédente attaque chimique imputée à Damas, qui avait fait plus de quatre-vingts morts à Khan Cheikhoun, dans le nord-ouest de la Syrie.

Dans un communiqué, le haut commandement de l’armée syrienne a dit que cent dix missiles avaient été tirés « sur des cibles à Damas et ailleurs ». Selon la télévision d’Etat, la défense antiaérienne syrienne est entrée en action contre les avions occidentaux, et des missiles ont été interceptés.

Les frappes n’ont fait « aucune victime » civile ou militaire, selon Moscou. L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) a confirmé que les cibles étaient « complètement vides », leurs personnels ayant été évacués « il y a plus de trois jours ».

Quelles cibles ont été visées ?

Selon les capitales occidentales, les bombardements ont visé trois sites liés au programme d’armement chimique syrien, l’un dans le quartier de Barzeh, près de Damas, et les deux autres dans la région de Homs, dans le centre de la Syrie.

Paris a précisé samedi que les frappes avaient visé « le principal centre de recherche » et « deux centres de production » du « programme clandestin chimique » du régime.

Tous les missiles français tirés en Syrie « ont atteint leur objectif », a confirmé dans l’après-midi la ministre française des armées Florence Parly, lors d’une conférence de presse conjointe avec le chef d’état-major des armées, le général François Lecointre. « La capacité de la Syrie à concevoir, produire et stocker des armes chimiques a été considérablement amoindrie ».

Les Britanniques ont notamment dit avoir frappé un complexe militaire — une ancienne base de missiles — à 24 kilomètres à l’ouest de Homs, « où le régime est supposé conserver des armes chimiques ».

Les Américains comme les Français et les Britanniques ont choisi leurs cibles afin d’éviter de toucher les forces russes, qui disposent d’une base navale à Tartous et d’une base aérienne à Hmeimim, près de Lattaquié, mais qui sont aussi déployées sur de nombreux sites militaires du régime.

Selon l’OSDH, toutes les cibles sont des antennes du Centre d’études et de recherches scientifiques de Syrie (CERS), rattaché au ministère de la défense et soupçonné par les Occidentaux d’être le principal laboratoire chargé des programmes chimiques.

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