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Publié le 2 Février 2016

Perceptions et attentes de la population : le rapport à l'autre et aux minorités

Rapport intégral de l'enquête conduite par l’Institut Ipsos à la demande de la Fondation du Judaïsme Français

Par Brice Teinturier, Directeur Général Délégué France, Ipsos, et Etienne Mercier, Directeur du département Politique et Opinion, Ipsos Public Affairs, publié sur le site d'Ipsos le 31 janvier 2016
Vous pouvez tétécharger l'intégralité du rapport, au format PDF, ci-contre.
 
Le dispositif d’enquête dont les principaux enseignements sont présentés ci-après a été conduit par l’Institut Ipsos à la demande de la Fondation du Judaïsme Français. Ce dispositif d’études s’articule autour de trois volets.
 
Le premier volet concerne l’ensemble de la population française : nous avons interrogé 1005 personnes constituant un échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas). L’enquête a été réalisée par internet du 15 au 24 juillet 2014.
 
Le second concerne les personnes se considérant comme juives : après avoir réalisé 45 entretiens qualitatifs d’environ 2h auprès de juifs (45) dont des responsables communautaires (15) en région parisienne, à Toulouse et Strasbourg, Ipsos a réalisé une étude quantitative auprès de 313 personnes.
Il n’existe pas de définition satisfaisante de qui est juif et qui ne l’est pas. Il n’existe pas non plus de statistiques permettant d’appliquer des quotas. La méthode utilisée a été celle de l’autodéfinition par les personnes elles-mêmes. Est juif celui ou celle qui se considère comme tel. A partir de plusieurs dizaines de milliers de panélistes interrogés, on a ainsi pu extraire un échantillon de 313 personnes se déclarant comme juif ou juive, auquel le questionnaire a été administré du 24 février au 8 juin 2015. Cette méthode a l’avantage de limiter les biais que l’on rencontre lors de recrutement « dans la rue » ou à proximité de lieux de culte
 
Le troisième concerne les personnes se considérant comme musulmanes. Pour les mêmes raisons, il a été procédé exactement de la même façon que pour les répondants juifs. Un échantillon de 500 personnes se déclarant musulman/musulmane extrait de notre Acces Panel a ainsi été interrogé du 24 février au 9 mars 2015. 
 
LES FRANÇAIS PESSIMISTES EN CE QUI CONCERNE LE FUTUR DU PAYS ET LEUR PROPRE AVENIR
 
Pour comprendre la force de la crise de confiance généralisée, il convient de garder à l’esprit qu’elle s’est aussi individualisée. De ce point de vue, il n’y a pas un pessimisme collectif et un optimisme individuel mais un pessimisme collectif massif qui se double d’un pessimisme individuel important.
 
79% sont aujourd’hui persuadés que la France est en déclin
61% déclarent qu’en pensant à leur avenir, celui-ci leur apparaît « bouché »
 
 
UNE CRISE DE CONFIANCE GÉNÉRALISÉE QUI S’EXPRIME PAR DES CRITIQUES FORTES À L’ÉGARD DE « L’AUTRE »
 
Ce pessimisme s’accompagne d’une relation de défiance à l’égard d’autrui (les immigrés, les chômeurs).
 
66% des Français estiment que « Dans la vie, on ne peut pas faire confiance à la plupart des gens »
54% des Français considèrent que « L’immigration n’est pas une source d’enrichissement pour la France »,
53% qu’on « en fait plus pour aider les immigrés que les Français »
39% affirment que ce n’est pas « la pauvreté qui est la principale cause d’insécurité, c’est l’immigration ».
49% que « les chômeurs ne font pas de réels efforts pour trouver du travail »
30% estiment qu’« une réaction raciste peut se justifier ». 
 
UN REPLI SUR SOI, LE SENTIMENT FRÉQUENT D’ASSISTER À UN CHOC DES RELIGIONS ET D’ÊTRE DEVENUS MINORITAIRES
 
Ces opinions s’inscrivent dans un climat de forte défiance vis-à-vis des religions et de leur capacité à coexister entre elles.
 
53% estiment que « l’intégrisme religieux est un phénomène développé en France »
44% estiment qu’« en France les différentes religions coexistent plutôt bien entre elles »
23% disent avoir même assisté à des comportements agressifs ou à des violences liées à la religion et que les victimes de ces agressions étaient majoritairement de leur propre confession
Les Français estiment en moyenne que 31% de la population globale est musulmane et considèrent même que les catholiques sont aujourd’hui minoritaires (seulement 49% de la population d’ensemble).
Les mesures en faveur des minorités religieuses sont presque toutes rejetées, surtout quand elles touchent à l’école, symbole fort de la laïcité : 63% sont opposés à « la mise en place de menus spécifiques dans les cantines scolaires pour les élèves de confession juive et musulmane », 71% sont défavorables à « la mise en place de dérogations permettant aux élèves de s'absenter les jours de fêtes religieuses non prévus dans le calendrier » et 74% sont contre « la possibilité pour des mères portant le voile d'accompagner leurs enfants lors des sorties scolaires ».
En revanche, 53% sont favorables « à la construction de mosquées pour que les personnes de confession musulmane puissent exercer leur culte plus facilement »... Lire l'intégralité.

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