Lu dans la presse
|
Publié le 18 Novembre 2014

Préfet N'Gahane : « Les départs vers la Syrie ne se tarissent pas »

Propos recueillis par Marie-Amélie Lombard, entretien publié dans le Figaro le 17 novembre 2014

Le préfet Pierre N'Gahane est responsable du volet prévention dans le plan gouvernemental de lutte contre la radicalisation et les filières jihadistes. Il travaille en coopération avec l'Uclat (Unité de coordination de la lutte antiterroriste).

Dans la lutte contre la radicalisation de jeunes Français, vous êtes aux avant-postes de la prévention. Quel bilan tirez-vous après six mois de fonctionnement de la plateforme mise en place pour aider les familles confrontées au phénomène du jihad?

Pierre N'Gahane : Le mouvement de départs vers la Syrie n'est pas en train de se tarir. Environ 650 signalements nous ont été faits jusqu'à présent, ce qui correspond à une moyenne de trois ou quatre cas par jour. On ne peut malheureusement pas dire que le phénomène s'essouffle. Dans 90 % des cas, ce sont les familles - le plus souvent des mères - qui s'inquiètent et nous contactent. «Aidez-moi. Mon enfant veut partir en Syrie. Comment faire pour l'en empêcher?», implorent-elles. Dans 55 % des cas, il s'agit de familles qui ne sont pas de culture arabo-musulmane et qui appartiennent à la classe moyenne ou supérieure. Leur enfant, «converti», peut basculer en trois mois et leur tenir un discours du type: «Je vous adore et je vous emmènerai au paradis avec moi. Il faut sauver vos âmes de mécréants»…

Comment contrer ces volontés de départ?

Tous les moyens sont utilisés: confiscation du passeport, de l'argent, d'un éventuel billet d'avion. Parfois, une surveillance est organisée pour empêcher un départ vers la Syrie. Il faut tout faire pour éviter que ces jeunes s'enrôlent, car nous savons qu'une fois dans les rangs de Daesh, ils n'ont pas beaucoup de chances de revenir et qu'ils vont connaître la barbarie là-bas… Lire l’intégralité.

Votre demande a bien été prise en compte.
Nous vous remercions de votre intérêt.