Lu dans la presse
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Publié le 26 Janvier 2016

Quand la télé invite les ennemis de la République

"Les médias font preuve d'irresponsabilité en invitant sur leur plateau de tels représentants de la religion musulmane"

Par Isabelle Kersimon, publié dans le Figaro le 25 janvier 2016
 
La société du spectacle si bien analysée par Guy Debord est une ogresse qui se nourrit infiniment d'elle-même. Depuis quelques années, elle développe avidement ce qu'elle nomme «clash». Cela consiste à célébrer ce que la démocratie enfante de pire: la négation absolue de la pensée et du débat. Constatant que les plus grosses audiences des réseaux vidéo tels que Youtube se partagent le marché juteux des arènes infamantes et des conseils cosmétiques pour adulescentes écervelés, les chaînes de télévision classiques ont emboîté le pas, s'autocaricaturant jusqu'à l'absurde dans l'infotainment.
 
Quant au métier de journaliste, il cède trop souvent la place au brouhaha sans analyse et sans esprit, boursouflé d'un égo qui le rend détestable aux yeux des lecteurs, auditeurs, téléspectateurs, et qui explique le peu de considération dont jouit actuellement notre profession. Cette semaine a ainsi vu un Académicien se faire insulter par une militante politique et notre ministre de l'Éducation nationale se taire devant un islamiste. L'heure n'est plus à la simple critique des médias.
 
Les Français ont le droit de savoir qui parle
Alors que la France ensanglantée est toujours sous la menace d'attentats islamistes, alors que des concitoyens juifs ont été attaqués et blessés cette année à l'arme blanche, une péronnelle haineuse prétendant souffrir d'«islamophobie» ordonne que de tout ceci, il ne soit pas question. Il ne faudrait pas désespérer les Indigènes. Car elle est , je pense, destinée à servir le breuvage empoisonné que sa comparse Houria Bouteldja a auparavant déversé, pendant de trop longues années, sur des plateaux tout aussi complaisants.
 
Aussi narquoise que virulente, la prétendue «prof d'anglais musulmane anodine de Noisy», jouissant d'une posture victimaire que nos caméras et micros caressent trop souvent, en bons ordonnateurs d'une moraline paternaliste que l'on pourrait qualifier de coloniale, pour le coup, a récité son bréviaire de la haine de la France et ordonné à Alain Finkielkraut de se taire «pour le bien» de notre pays que tout en elle exècre. Cette jeune femme se prétendant laïque ne l'est pas, dans la mesure où, étant proche du Parti des Indigènes avec qui elle a défilé dans les rues de Paris il y a quelques semaines, elle vomit la France et la République, et par conséquent tout ce que ces bonnes mères offrent à leurs enfants, d'où qu'ils viennent: l'éducation, les soins, la possibilité de développer son esprit critique, celle de célébrer par la connaissance la culture des ancêtres et celle de s'émanciper en libre conscience. Son discours belliqueux est mis en mots et en actes via un pseudo antisionisme, en fait une obsession des Juifs, un antisémitisme qui ne trompe personne. Leurs «bêtes» noires sont ces intellectuels juifs parmi les intellectuels français connus du grand public. Or, que l'on soit d'accord ou pas avec Alain Finkielkraut, la tradition française oblige et la décence contraint.
 
Je m'étonne que cette «enseignante» à l'orthographe défaillante n'ait pas été remise à sa place illico par David Pujadas.
 
Car en sus de porter tort à l'invité, l'insultante personne a déshonoré nombre de nos compatriotes d'origine levantine, maghrébine, etc., et nombre de musulmans plus attachés à leur tradition familiale et spirituelle qu'aux colifichets des intégristes. Elle a donné d'eux une image pathétique et détestable. Le dessinateur Johann Sfar l'a parfaitement exprimé: «C'est vraiment la double peine pour les citoyens français venus d'une famille du Maghreb, ou de culture musulmane. Non seulement la télé ne les laisse pas assez souvent s'exprimer, mais en plus, quand on nous vend des «jeunes gens représentatifs et issus de la société civile» il s'agit à tous les coups de copains de Tariq Ramadan ou des Indigènes de la République. Les émissions qui choisissent de tels intervenants torpillent le débat et montrent des joutes caricaturales. (…) Je ne voudrais pas être dans la tête des directeurs d'antenne car ils portent une lourde responsabilité sur le climat dégueulasse de notre pays. Il faut s'attacher à faire baisser les préjugés, à créer de la fraternité. Les français originaires du Maghreb n'ont jamais demandé à être représentés par les copines de Tariq Ramadan ou des Indigènes de la République! C'est irresponsable. Et ça attise la haine de tous les côtés»... Lire l'intégralité.

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