Lu dans la presse
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Publié le 30 Mars 2016

Replacer le terrorisme djihadiste à sa juste valeur

Il est utile de déconstruire le récit véhiculé par Daech, leurs revendications et comment on en est arrivé là.

Par Jean-Pierre Filiu, Professeur des universités à Sciences-Po, historien et arabisant, publié dans la Croix le 29 mars 2016
 
Il est de notre devoir de citoyen de replacer le terrorisme djihadiste à sa juste valeur. Nous sommes confrontés au double défi de la surestimation ou de la sous-estimation du phénomène. La surestimation consiste à en faire un ennemi omniprésent, capable de frapper là où il veut et quand il veut. C’est exactement le message défendu par la propagande des terroristes. Gardons à l’esprit que Daech nous connaît beaucoup mieux que nous ne le connaissons. Il peut jouer sur nos failles, nos faiblesses. Il suit avec un soin particulier l’actualité intérieure, y compris les débats sur les plateaux de télévision.
 
Daech propose un récit assez simpliste qui fait sa force. Il s’agit d’un discours triomphaliste qui exalte une avant-garde autoproclamée. On est dans une logique de secte millénariste et de fin des temps. D’où la nécessité d’en parler de façon équilibrée. Les médias ont fait un effort légitime et bienvenu par rapport aux vidéos djihadistes qui auparavant étaient reprises pratiquement sans aucun filtre et qui, désormais, sont traitées avec prudence. Mais ils continuent de prendre des communiqués du groupe au pied de la lettre, communiqués qui sont rédigés a posteriori pour maximiser l’impact des attaques et donnent à penser, à tort, qu’ils répondent à des agressions.
 
Dans le traitement d’un attentat, on passe par différentes étapes : la phase de l’émotion qui reste essentielle pour réaffirmer nos valeurs attaquées par les terroristes ; la phase de la traque qui répond aussi à une demande citoyenne. Mais à chaque fois, il est utile de déconstruire le récit véhiculé par Daech, leurs revendications et comment on en est arrivé là... Lire l'intégralité.

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