Lu dans la presse
|
Publié le 23 Novembre 2018

Shoah - L'internement des tsiganes : une longue histoire de méfiance au Mémorial de la Shoah

La discrimination multiforme des tsiganes et leur internement en France de 1940 à 1946 n'est pas seulement la conséquence de l'oppression nazie, c'est d'abord l'histoire d'une longue méfiance française, montre une exposition poignante au Mémorial de la Shoah.

Publié le 20 novembre 2018 dans La Croix

Entre septembre 1939 et avril 1940, l'interdiction de circulation et l'assignation à résidence des familles nomades sont déjà décrétées. Elles rendent aisé l'internement à partir d'octobre 1940 de plus de 6.500 personnes, dont de nombreux enfants, portant pour la plupart des patronymes français, dans plus de trente camps.

Des mesures d'assignation ont donc précédé l'arrivée des occupants allemands, et l'internement se prolongera jusqu'en 1946, bien après la Libération.

C'est seulement en octobre 2016 que le président François Hollande, à l'ancien camp de Montreuil-Bellay, admettra la responsabilité de la France, 47 ans après le remplacement du régime des nomades par celui des "gens du voyage", et quatre ans après la suppression de leur dernier carnet de circulation.

Cette exposition vaut par les très touchants documents personnels qui documentent ce drame complexe: des lettres de mères tsiganes internées évoquant la misère et la faim, les décès des enfants les plus fragiles, des réponses administratives glaçantes, les proclamations fières d'anciens combattants qui se sont battus pour la France, les textes des lois et décrets placardés sur les murs des villages, les humiliations des contrôles permanents, les reproductions de carnets anthropométriques jaunis, quelques beaux actes de solidarité aussi.

L'exposition démarre aux dernières années du XIXème siècle. En 1897, un recensement général des nomades vagabonds est mené. Ils doivent se faire photographier et laisser leurs empreintes, et tous leurs déplacements devront être visés.

L'exposition présente les rumeurs sur le "bohémien voleur d'enfants" et autres idées reçues que l'on retrouve jusque dans Bécassine, et l'idée que l'internement (accompagné de la scolarisation obligatoire) servira à la sédentarisation.

Des religieuses s'interneront volontairement dans les camps pour scolariser et catéchiser une population d'enfants en majorité catholique.

Lire l'intégralité

Nos réseaux sociaux en direct

Votre demande a bien été prise en compte.
Nous vous remercions de votre intérêt.