Lu dans la presse
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Publié le 4 Décembre 2012

Siliana : la cocotte-minute sociale tunisienne

Cinq jours d'émeutes dans la ville tunisienne de Siliana ont mis en lumière les espoirs déçus de la révolution de 2011, en train de se transformer en une poudrière sociale difficile à désamorcer par les islamistes au pouvoir. Le président tunisien Moncef Marzouki a tiré vendredi 30 novembre 2012 au soir la sonnette d'alarme dans un discours à la nation. "Nous n'avons pas une seule Siliana [...], j'ai peur que cela se reproduise dans plusieurs régions et que cela menace l'avenir de la révolution" à la veille de son deuxième anniversaire, a-t-il dit.

Pire encore, le chef de l'État estime que la Tunisie tout entière est désormais au carrefour entre "le chemin de la perdition et celui du salut". Depuis l'été, chaque semaine apporte son lot de grèves, de manifestations, parfois violentes, et de débrayages sauvages, touchant aussi bien l'industrie, les services publics que les transports ou le commerce. Et comme à l'époque de la révolution, c'est dans les régions de l'intérieur, marginalisées économiquement depuis des décennies par rapport à la côte, que se cristallisent les conflits. Car si l'arbitraire du régime de l'ancien président Zine el-Abidine Ben Ali a été un facteur de la révolte, c'est avant tout la misère et le chômage, en particulier des jeunes, qui ont motivé les foules.

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