Lu dans la presse
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Publié le 13 Mai 2016

Six mois après les attentats de novembre

Retour sur une nuit de cauchemar.

Les tueurs, parlant entre eux en arabe et aux victimes avec un français sans accent, ont agi avec une glaçante méthode

Par Christophe Cornevin et Stéphane Durand-Souffland, publié dans le Figaro le 13 mai 2016
 
Vendredi soir. Les alertes dégringolent sur les smartphones. Plusieurs fusillades dans le XIe arrondissement. Des explosions au Stade de France. Une prise d'otage au Bataclan. Aux terrasses des cafés, Paris se fige. La préfecture de police de Paris envoie un message sur le réseau social Twitter: «Fusillades à Paris, nous vous invitons à ne pas sortir de chez vous en attendant les instructions des autorités.». C'était il y a six mois.
 
Fin décembre, après avoir mobilisé jusqu'à 850 policiers et rédigé plus de 5330 pages de procédures, les limiers de la sous-direction antiterroriste, de la brigade criminelle de Paris et de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), ont livré leurs conclusions. Les voici:
 
Ce 13 novembre, à 21 h 40, Samy Amimour, ex-chauffeur de bus devenu machine à tuer pour le compte de l'État islamique, Ismaël Omar Mostefaï, salafiste radical notamment entraîné par l'instigateur des attentats de Marrakech, et Foued Mohamed-Aggad, islamiste fiché S et combattant en Syrie depuis deux ans, descendent de leur Volkswagen Polo noire et sèment la mort à la kalachnikov devant la salle de spectacle. Plusieurs passants s'engouffrent dans le Bataclan pour tenter d'échapper aux tirs et se retrouvent pris au piège parmi le public. Les terroristes, une fois à l'intérieur de la salle, tirent dans la foule épouvantée, qui se couche au sol. Les survivants qui n'ont pu fuir restent allongés, faisant semblant d'être morts.
 
Leurs témoignages, recueillis par les enquêteurs et portés à la connaissance du Figaro, ont permis de reconstituer un indicible huis clos. Les tueurs, parlant entre eux en arabe et aux victimes avec un français sans accent, ont agi avec une glaçante méthode. Selon nos informations, plusieurs otages sont disposés devant les portes et les fenêtres en guise de boucliers humains. Les djihadistes s'emparent ensuite des téléphones portables de leurs victimes pour aller sur Internet, en vain, faute de réseau, puis pour amorcer de surréalistes négociations avec la police. Comme l'a révélé une des rescapées, les terroristes lancent alors aux unités d'élite: «On voit vos lasers rouges, on vous entend derrière la porte.» Au bout du fil, l'un d'eux exige: «On veut un négociateur, je veux savoir à qui je parle», avant d'ajouter: «Je veux que vous partiez du pays (la Syrie, NDLR), je veux que vous enleviez vos armées, je veux un papier, et un papier signé qui le prouve.» Avec cynisme, celui qui a déjà semé la mort lance alors: «Si dans cinq minutes je n'ai rien, je tue un otage et je le balance par la fenêtre, moi, je m'en fous, on n'a pas peur de mourir»... Lire l'intégralité.
 
A lire aussi, sur ce sujet, dans le Figaro : Attentats du 13 novembre : où en est l'enquête ?

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