Lu dans la presse
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Publié le 19 Mars 2014

Spoliations juives: Élizabeth Royer-Grimblat, chercheuse de tableaux

Article de Claire Bommelaer publié dans le Figaro le 18 mars 2014

Un mercredi de mars, dans les salons du ministère de la Culture. Aurélie Filippetti s'apprête à rendre trois tableaux à des familles juives spoliées pendant la guerre. À cause ou grâce au film de George Clooney, Monuments Men, le sujet a gagné le droit d'être au JT. Une marée de photographes cherche donc les héritiers des collectionneurs volés par les nazis, se bouscule pour «shooter» ce qu'ils peuvent. Dans le fond de la salle, Élizabeth Royer-Grimblat, une galeriste de renom, se tient debout, observant ce tohu-bohu. 

Voilà près de vingt ans que cette femme discrète, la cinquantaine élégante, traque les tableaux disparus pour le compte de grandes familles juives. Cette fois-ci, elle n'y est pour rien. Mais Élizabeth Royer possède un très beau tableau de chasse: des Picasso, des Braque, des Léger, des Picabia ou des Cézanne ont retrouvé leur propriétaire d'antan - dont elle taira les noms - grâce à sa perspicacité. «Je ne suis pas juive, mais ces histoires me touchent », dit simplement Élisabeth Royer-Grimblat.

Le temps presse, c'est désormais la troisième ou quatrième génération concernée par les spoliations juives. Les souvenirs des uns et des autres s'étiolent, les fils à démêler pour retrouver une collection sont réputés inextricables.

Juste après guerre, les Alliés ont mis la main sur les millions d'objets volés par les nazis. Les pays ont ensuite tenté de rendre leur dû aux survivants, avec plus ou moins de bonne volonté politique. Mais des millions de tableaux, de livres anciens, de tapisseries ou de sculptures manquent toujours à l'appel. Vendus dès la fin des années 1930 par des collectionneurs juifs aux abois, volés par des marchands d'art sans scrupule, ces œuvres sont désormais entre les mains de grands musées privés ou publics, et de particuliers. Ce monde-là, qui échappe largement aux fonctionnaires du ministère de la Culture, Élisabeth Royer le remue, le secoue et l'interroge. Sa force, outre son opiniâtreté, c'est son réseau. Elle connaît et fréquente tout le milieu du marché de l'art, monde aussi brillant que méfiant. Lui non plus n'aime pas être mêlé à des histoires de biens mal acquis… Lire la suite.

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