Lu dans la presse
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Publié le 24 Mai 2016

Un ancien Préfet s'insurge : «Sans police, c'est la guerre du tous contre tous»

Hugues Moutouh, ancien Préfet, a été conseiller spécial du ministre de l'Intérieur au moment de l'affaire Merah. Il réagit aux récentes violences anti-flics.

Tous les prétextes sont bons aujourd'hui pour taper, casser, détruire

Par Alexandre Devecchio, publié dans le Figarovox le 20 mai 2016
 
Cibles des casseurs lors des manifestations contre la loi travail, les forces de l'ordre viennent de manifester dans plusieurs villes de France pour dénoncer «la haine anti-flic». Sont-ils dans leur rôle?
 
Les policiers, comme les gendarmes du reste, descendent rarement dans la rue pour manifester leur mécontentement. On compte depuis trente ans sur les doigts d'une main ce type de mouvement. C'est toujours le signe d'un malaise profond et inquiétant qu'il faut prendre au sérieux. Ces hommes et ces femmes sont habitués à porter leur croix en silence: sous-effectif, sous-équipement, contraintes procédurales supplémentaires, laxisme dans l'exécution des peines… ils ont appris à tout endurer en assurant la continuité de leurs missions. Mais aujourd'hui la coupe est trop pleine! La manifestation du 18 mai dernier est un signal d'alerte majeur: les forces de l'ordre sont à bout. Ils sont de tous les combats, mobilisés sur tous les fronts: violences urbaines, encadrement des manifestations, Notre-Dame des Landes, l'état d'urgence, Nuit debout, l'euro…! C'en est trop. Alors, oui, ils ont raison de crier leur colère et de demander au gouvernement d'envoyer un message clair aux acteurs sociaux: exercer vos droits politiques ou syndicaux, mais respectez ceux qui ont la charge d'assurer la sécurité et l'ordre public. Tous les citoyens qui n'en peuvent plus du chaos social et des violences continuelles doivent dire haut et fort qu'ils soutiennent l'action des policiers. Nous devons prendre soin d'eux autant qu'ils prennent soin de notre sécurité.
 
Au-delà de la violence de l'extrême gauche, peut-on parler d'une explosion des violences notamment dans certains quartiers?
 
Depuis quelque temps la violence est partout: délinquance, terrorisme, casseurs. On a l'impression d'une effroyable régression. Des bandes, des groupes, des mouvements syndicaux hésitent de moins en moins à passer aux actes et à s'en prendre aux institutions et à ceux qui les représentent. Chacun d'entre nous à l'étrange et inquiétante sensation de voir dégénérer le climat social. Tous les prétextes sont bons aujourd'hui pour taper, casser, détruire. Il est certain que l'absence d'un pouvoir, d'une véritable autorité au sommet de l'Etat ne fait qu'accentuer les choses. La politique du chien crevé au fil de l'eau est destructrice de lien social. Il est bon de rappeler aux manifestants et aux anarchistes qui communient place de la République, que le pouvoir est nécessaire à toute société humaine et qu'en son absence, c'est la loi du plus fort qui s'impose.
 
Malgré la campagne de dénigrement de la CGT, l'image des policiers n'a peut-être jamais été aussi positive...
 
L'action de la police est plébiscitée par plus de 80% de nos concitoyens. C'est une excellente nouvelle! Cela signifie qu'il y a 80% d'honnêtes citoyens. Bien sûr, des erreurs, ou bavures sont toujours possibles. Mais elles sont rares et donnent toujours lieu à des sanctions. La police est le corps de fonctionnaires le plus contrôlé! Les Français aiment leur police parce qu'ils comprennent que sans police, c'est la guerre de tous contre tous. Pas d'Etat ni de communauté de citoyens sans force de l'ordre... Lire l'intégralité.

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