Tribune
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Publié le 12 Septembre 2012

11 septembre 2001 / nucléaire iranien : les prédictions de Netanyahu

Par Yohann Taïeb

 

Un rapport de 585 pages qui passe sous silence un fait plus que troublant ; en 1995, Benjamin Netanyahu, dans un livre consacré à la lutte contre le terrorisme islamiste (*), annonce clairement que le World Trade Center serait tôt ou tard la cible d’avions détournés.

En novembre 1990, El Sayyid Nosair, un islamiste égyptien émigré aux Etats-Unis, est arrêté et inculpé du meurtre du rabbin Meir Kahane à New York. A l’époque, la justice américaine ne prête guère d’importance aux documents écrits en arabe retrouvés chez lui, elle pense que ce sont simplement des écrits religieux sans aucun lien avec le crime.

 

En 1993, un premier attentat frappe le World Trade Center, très vite la police américaine fait le lien entre le commanditaire de cet attentat, le Cheikh Omar Abdel Rahman, un islamiste égyptien impliqué dans l’assassinat du président Anouar el Sadate et El Sayyid Nosair. Les nombreux documents retrouvés chez lui sont alors étudiés minutieusement.

 

On y découvre alors une note d’El Sayyid Nosair faisant état de projets de détournements d’avions et où, il y précise même que : « Nous devons complètement démoraliser les ennemis de Dieu (…) par la destruction et l’explosion des tours, qui sont les piliers de leur civilisation, comme les attractions touristiques et les gratte-ciel dont ils sont si fiers.».

 

Le Cheikh Omar Abdel Rahman, chef spirituel de la Gamaa al-Islamiya, proche d’Al Quaida et de son idéologue égyptien, Ayman Al-Zaouahiri, purge, depuis 1995, une peine à perpétuité pour son rôle dans l’attentat contre le World Trade Center en 1993. Le nouveau président égyptien, Mohamed Morsi, candidat des Frères Musulmans, s’est engagé en juin dernier publiquement à œuvrer à sa libération sans que l’administration Obama ne s’en offusque officiellement.

 

Dans ce livre publié en 1995, Benjamin Netanyahu évoque déjà le spectre du terrorisme nucléaire iranien, il y conjure les dirigeants internationaux à prendre pleinement conscience qu’un Iran nucléarisé conduirait le monde vers un « holocauste nucléaire ». Depuis 2005, le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, appelle régulièrement à «rayer Israël de la carte».

 

Dix-sept ans après, et plus que jamais, l’Iran avance lentement mais sûrement vers l’arme atomique, et les tergiversations des services de renseignements américains de l’administration Obama font le jeu du régime des mollahs.

 

Alors que les services de renseignements israéliens redoutent que le programme nucléaire militaire iranien ne franchisse son point de non-retour d’ici quelques mois, les renseignements américains, quant à eux, le fixent aux alentours de 2013/2015 et pour cette raison, ils donnent encore du temps à l’option diplomatique.

 

Mais les Etats-Unis malgré leur hyper puissance diplomatique militaire et économique de l’époque ont été incapables de stopper le programme nucléaire militaire de la Corée du Nord, qu’ils ont pourtant placé dans « l’axe du mal » aux côtés de l’Iran.

 

Ils sont les seuls à avoir les moyens coercitifs pour faire plier une bonne fois pour toutes l’Iran, mais, en ont-ils vraiment la volonté ?

 

C’est justement sur cet élément capital que Benjamin Netanyahu conclut son livre : « Certains chefs d’Etats occidentaux préféreront éviter d’avoir à prendre des décisions difficiles pour ne pas changer le cours des choses… Les gouvernants doivent avoir le courage de prendre des mesures qui s’imposent même si elles prêtent à de vives polémiques… Et rarement une menace a demandé autant de courage et de détermination pour un vrai chef d’Etat que la terreur résurgente qui met en péril les libertés et les valeurs que nous chérissons tant. »

 

S’il est certain qu’on aurait pu empêcher les attentats du 11 septembre, il est tout aussi certain, qu’une attaque nucléaire de l’Iran pourrait être empêchée. Reste à savoir quel est « le vrai chef d’Etat » qui aura le courage et la détermination de prendre les véritables mesures pour l’enrayer et surtout, la volonté de « changer le cours des choses ». L’avenir, proche, nous le dira !

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