Tribune
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Publié le 13 Janvier 2012

Géopolitique de l’eau : dénonciation d’Israël

 

Ce texte est publié dans la rubrique Tribunes Libres réservée aux commentaires issus de la presse. Les auteurs expriment ici leurs propres positions, qui peuvent être différentes de celles du CRIF.

 

Le 13 décembre 2011, la commission des affaires étrangères a examiné le rapport de la mission d’information sur la géopolitique de l’eau, consacrée pour moitié au bassin du Proche Orient (Liban, Jordanie, Israël, Palestine). Cette mission était composée de six députés UMP, et de cinq députés de gauche. Elle était présidée par Lionel Lucas UMP et le rapporteur en fut Jean Glavany PS.

 

Le rapporteur a déclaré, de prime abord, au nom de la mission, dans son exposé sur le Proche Orient que la coopération sur le partage des eaux, entre Israël et la Jordanie « frontière sûre » d’Israël, se passait plutôt bien. Un bon point pour ces deux pays. Il a poursuivi en disant je cite « mais ce qui m’apparait le plus important et m’amène à dire des choses un peu brutales et peut être provocatrices, c’est que l’eau est, dans le rapport entre les israéliens et les palestiniens, révélateur d’un nouvel apartheid ». Il précise « ce terme comme vous le savez, a désigné la ségrégation raciale en Afrique du sud mais on retrouve bien en Palestine une ségrégation raciale, qu’on appelle pudiquement religieuse, la revendication d’un état juif ne serait elle que religieuse ? Une ségrégation géographique, spatiale, ce mur de la honte élevé pour séparer les deux communautés n’en est il pas le meilleur symbole ? et la division de la Cisjordanie en trois zones A, B, et C n’en est elle pas aussi une autre illustration ?la ségrégation est aussi hautaine et méprisante à travers les discours de certains responsables israéliens sur l’incapacité de ces gens là à gérer l’eau , enfin au-delà du problème de l’eau, vexatrice et humiliante aux check points, voire violente( la répression des manifestations fait régulièrement des morts) ».Fin de citation.

 

Pardonnez-moi de vous avoir infligé cette longue et désolante citation, mais je voulais que vous puissiez constater par vous-même, qu’il ne s’agissait pas d’un glissement sémantique, mais d’une démonstration que l’auteur, au nom de la mission, mène à son terme, et qui va bien au-delà du partage de l’eau. Vous aurez remarqué, comme moi, que monsieur Glavany se voulait seulement « un peu brutal et peut être provocateur » quand il comparait le statut des palestiniens en Cisjordanie à celui des noirs, hier, en Afrique du sud. Comment peut-il faire pareille comparaison, quand il sait pertinemment, que, contrairement à l’Afrique du sud qui constituait un seul pays, toute la Palestine mandataire n’est pas israélienne, la Cisjordanie est un territoire occupé à la suite de la guerre de 1967, qui n’a pas été annexé par Israël. Ses habitants se reconnaissent palestiniens, arabes chrétiens ou musulmans, ils ne sont pas victimes d’un apartheid, ils subissent les rigueurs d’une occupation et même si comme moi, on déplore les check points, les colonies, il ne faut pas oublier l’état de guerre qui perdure avec le terrorisme et les attentats meurtriers qui ont frappé les populations civiles. Les israéliens ont évacué Gaza qui s’est transformée entre les mains du Hamas en base de lancement d’obus et de missiles contre le sud d’Israël. Quant au mur, force est de constater, même si on est contre tous les murs, que sa construction en Cisjordanie qui a, selon le rapporteur de la mission, pour objet de séparer les populations et de participer à l’accaparement de l’eau au dépens des palestiniens, a permis l’arrêt presque total des attentats sur le territoire israélien. Monsieur Glavany sait, aussi, que vivent en Israël, dans les frontières de 1967, qu’il reconnait je suppose, environ 20% d’arabes palestiniens, qui ont, eux, la nationalité israélienne et qui bénéficient des mêmes droits que les israéliens juifs. Je ne vais pas énumérer ces droits, mais il n’est pas sans savoir que lorsque l’on demande aux arabes israéliens, s’ils souhaiteraient aller vivre dans l’état de Palestine qui serait créé, aux côtés d’Israël, ils répondent par la négative dans leur grande majorité. C’est sans doute une illustration de la ségrégation !

 

Le rapporteur de la mission a profité du fait que, techniquement le partage des eaux ne soit pas, vraiment équitable entre les israéliens et les palestiniens pour épouser toutes les positions des palestiniens, victimes et seulement victimes irresponsables d’un conflit dont la seule responsabilité incombe aux israéliens. Il omet de rappeler que les pays arabes et les arabes palestiniens n’admettent toujours pas l’existence d’un état juif dans cette région qu’ils considèrent comme terre d’islam. En accolant l’épithète infamante d’apartheid a l’état d’Israël, jean Glavany a conforté ceux qui tentent de le délégitimer et ceux qui se livrent à des campagnes de boycott d’Israël dans tous les domaines, par analogie aux campagnes menées, hier, contre l’apartheid en Afrique du sud. Les travaux de cette mission n’ont pas aidé à faire progresser la paix dans la région…

 

Photo : D.R.

 

 

 

Gérard Akoun

Gérard Akoun est chroniqueur sur Judaïques FM.

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