Tribune
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Publié le 4 Septembre 2013

Lorsqu’Assad parle de Mohamed Merah

Par Marc Knobel

 

L’envoyé spécial à Damas du Figaro, Georges Malbrunot, a longuement interviewé le président syrien, le mardi 3 septembre 2013. Dans ce long entretien, Assad révèle ses intentions. Le dictateur syrien met en garde la France en menaçant de s’en prendre à ses intérêts. Aux menaces, il y ajoute une dose de toupet, de mensonge et de déni. Imperturbable, il défi l’occident, prêt à en découdre, lui qui massacre un peu plus tous les jours les enfants de son propre peuple.

 

Tout d’abord, Assad réfute toute utilisation d’armes chimiques. Qu’il mente aussi effrontément n’étonnera personne, qui peut raisonnablement croire Assad, dont les mains sont entachées du sang des Syriens ? Un peu plus loin, Assad évoque le risque d’une guerre régionale puis il menace la France. À la question du Figaro, « la France est-elle devenue un pays ennemi de la Syrie ? », le dictateur syrien répond : « quiconque contribue au renforcement financier et militaire des terroristes est l’ennemi du peuple syrien. Quiconque œuvre contre les intérêts de la Syrie et de ses citoyens est un ennemi. (…) Dans la mesure où la politique de l’État français est hostile au peuple syrien, cet État sera son ennemi. Cette hostilité prendra fin lorsque l’État français changera de politique. Il y aura des répercussions, négatives, bien entendu, sur les intérêts de la France. » Pour terminer, il s’adresse aux parlementaires français qui doivent se réunir ce mercredi pour parler du conflit syrien.

 

Dans ce cortège de mensonges et de menaces, il y a une phrase qui ne m’a pas échappé. Celle-ci : « La question est de savoir si la réunion du Parlement français signifiera que les Français retrouveront l’indépendance dans leur prise de décision. Nous souhaitons que ce soit le cas. Que les parlementaires français décident en fonction de l’intérêt de la France. Je leur demande : pouvez-vous soutenir l’extrémisme et le terrorisme ? Peuvent-ils se mettre du côté de ceux qui, comme Mohamed Merah, ont tué des innocents en France ? »

 

Quelle indécence ! Qu’Assad fasse allusion à Mohamed Merah et à ses victimes, fait froid dans le dos. Comme si, Assad aurait pu être ému un seul instant par les crimes qui avaient été perpétrés par ce terroriste. Et qu’Assad veuille rappeler ce drame frise l’ignominie.

 

Quoi qu’il en soit, après deux ans de guerre et plus de 100.000 morts, Assad n'a pas totalement perdu le goût de la communication. D’où cette question, était-il utile d'offrir une tribune à Assad ? Fallait-il l’encourager ainsi à déverser cette propagande si bien huilée ?

 

Finalement, « il fait ce que fait un dictateur. Un dictateur fou sans doute », a ainsi déclaré Najat Vallaud-Belkacem au micro de Christophe Barbier après la publication de cet entretien. Celle-ci a également ajouté qu'il était « à bout » et n'a donc « pas d'autre réponse que la menace ».

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