Tribune
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Publié le 5 Novembre 2013

Meurtre des journalistes français au Mali : À qui la faute?

Par Luc Rosenzweig

 

Les journalistes de la rédaction de Radio France Internationale sont en colère, et on les comprend : qui ne le serait en apprenant que des collègues de travail, ceux avec qui l’on passe plus de temps qu’avec sa famille, avec qui on rigole ou on s’engueule chaque jour, étaient retrouvés criblés de balles sur une piste saharienne ? Pour l’instant, cette colère reste intransitive, sans désigner explicitement le ou les responsables de ce drame, mais cela ne va pas durer. Dans quelques heures, au plus dans quelques jours, une fois le premier choc émotionnel passé, la polémique va se déclencher autour d’une question récurrente : le devoir d’informer, raison d’être d’une presse libre, justifie-t-il que des journalistes prennent des risques inconsidérés ?

Question subsidiaire : qui est habilité à juger du danger couru par les envoyés spéciaux dans les zones de conflit, et donc appelé à répondre devant l’opinion, voire les tribunaux, des « accidents du travail » (assassinats, blessures, enlèvements suivis de séquestration) subis par des salariés dans l’exercice de leurs fonctions ?

 

Le discours convenu veut que tous ceux qui ont été victimes de ces drames, pour autant qu’ils appartiennent à des médias installés, soient des journalistes aguerris, bon connaisseurs du terrain et non des « têtes brûlées », mettant en danger leur vie et celle des autres pour se hisser au sommet de la gloire médiatique… Lire la suite.

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