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Editorial du président
Publié le 8 Novembre 2012

Du Congrès Juif Européen au voyage de journalistes en Israël

60 voix contre 22, 4 bulletins blancs, la victoire est nette. Moshe Kantor, Président du Congrès Juif Européen depuis six ans, renouvelle son mandat pour quatre ans, les statuts ne contenant pas de limitation de durée. Je l’ai félicité. Je lui souhaite bonne chance. Son travail est difficile. 

« Nous ne sommes pas partisans, ici ou ailleurs, d’une propagande en gros sabots et nous sommes profondément attachés à la pluralité de l’information »

Il lui reste à faire du CJE ce qu’il n’est pas encore, c’est-à-dire une organisation proactive, attentive, en lien avec les institutions représentant les communautés juives nationales et sachant déceler et prévenir au niveau européen les dangers qui s’annoncent. Augmentation de l’antisémitisme, poussée de l’islamisme radical, biais anti-israélien, transformations démographiques émergence de populismes portés par la crise et de groupes néo-nazis ayant pignon sur rue, dangers planant sur les pratiques fondamentales de la religion juive, les chantiers ne manquent pas qui nécessitent une analyse fine pays par pays, car les situations sont diverses, une synthèse et une action  coordonnée avec aide à ceux qui en ont besoin. Les temps sont inquiétants.

 

Cette victoire est aussi ma défaite et ce score sans appel suscite quelques réflexions. Le sentiment d’avoir fait une bonne campagne avec une équipe remarquable, dix pays visités, d’innombrables conversations, un programme auquel tous ont acquiescé, un discours très applaudi. À en croire les assurances verbales, ma victoire était possible, sinon probable. Une expérience humaine désagréable qu’ont connue avant moi Pierre Besnainou et Roger Cukierman et devant laquelle, je reste encore naïvement décontenancé. Un jour, j’écrirai là-dessus.

 

En tout cas ma candidature répondait à un besoin politique et à un besoin moral. Je pense qu’elle laissera des traces utiles dans un CJE qui a sa légitimité, mais qui doit encore montrer sa crédibilité.

 

Pendant ces quelques jours, il semble qu’une curieuse polémique ait commencé à propos du voyage organisé par le CRIF les jours prochains  en coopération avec l’ESJ de Lille, voyage au cours duquel une promotion entière de jeunes journalistes visitera aussi bien Israël que les territoires administrés par l’Autorité palestinienne.

 

Les choses sont extrêmement claires.

 

S’il veut produire de l’information, le journaliste doit bien connaître les différents regards sur l’événement et savoir le contexte d’où ils proviennent: c’est le but de ce voyage. La situation dans cette partie du monde et le conflit israélo-palestinien ne peuvent pas se  traiter en blanc et en noir.

 

C’est pourquoi nous avons naturellement accepté que les journalistes rencontrent des interlocuteurs avec lesquels nous sommes nous-mêmes en désaccord.

 

Personne n’ignore mes relations exécrables avec Charles Enderlin au sujet de l’affaire Al Dura, mais il est aussi un observateur politique expérimenté. Les participants entendront des voix venant de tout l’éventail politique. Nous pensons qu’avec ce voyage, tel qu’il a été préparé (et je voudrais rendre hommage à tous ceux qui ont été à l’oeuvre et à tous ceux qui ont soutenu ce projet), les journalistes de l’ESJ de Lille auront une occasion unique d’observer les réussites, les difficultés et les efforts de la société israélienne dans sa variété et dans son histoire.

 

Nous ne sommes pas partisans, ici ou ailleurs, d’une propagande en gros sabots et nous sommes profondément attachés à la pluralité de l’information. Nous voulons mettre plus d’objectivité dans un débat où la passion prime sur  la raison. À nos adversaires spécialisés dans la critique tous azimuts du CRIF de montrer qu’ils ont la même conception pluraliste de la liberté d’expression. J’en doute.

 

Richard Prasquier

Président du CRIF

 

 

Votre demande a bien été prise en compte.
Nous vous remercions de votre intérêt.