Blog du Crif - Meyer Habib : un tel déferlement de haine est intolérable

26 November 2019 | 294 vue(s)
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France

Le 4 février 2018, le Crif et les Amis du Crif ont organisé un voyage de mémoire dans les camps d’Auschwitz-Birkenau. Près de 200 personnes ont participé à cette journée exceptionnelle, qui a marqué les mémoires de chacun. Une délégation d’élus et de personnalités publiques m'a également accompagné. Nous avons aussi eu l'honneur d'être accompagnés par Ginette Kolinka, réscapée d'Auschwitz.

En fin de journée, nous avons tenu une courte cérémonie d'hommages ponctuée de plusieurs discours et de prières animées par le Rabbin Moché Lewin. En conclusion de cette intense journée, le Shofar a resonné au milieu du silence etourdissant de l'immense complexe de Birkenau.

Depuis quelques semaines, le texte épistolaire de Sholem Aleichem a investi la petite – mais non moins prestigieuse – scène du Théâtre de la Huchette, à Paris.

Hier, je me suis exprimé sur la récente vague d'antisémitisme qui secoue la France. J'ai demandé à l'ensemble de la communauté nationale de faire front contre la haine antisémite. J'ai également rappelé l'importance pour la justice française d'appliquer des peines suffisamment lourdes pour être dissuasives.

De ce 9 janvier 2015, nous voulons retenir une autre image, cette belle image. Celle de Lassana Bathily.

Lundi 20 novembre, j'ai rencontré le Président français Emmanuel Macron à Paris, accompagné d'une délégation du Congrès Juif Européen (EJC).

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Actualité

Bienvenue sur le blog La Chronique (pas tès casher) de Raphaela ! Sur ce blog, Raphaela vous propose ses billets d'humeur sur tout ce qui l'entoure, l'émeut, la touche, la fait rire et la révolte. Et elle a des choses à vous dire...

Le 34ème Dîner du Crif a eu lieu mercredi 20 février 2019

Depuis plusieurs années, le cinéma international ne cesse de plébisciter les cinéastes iraniens. Asghar Farhadi en est l’exemple même. Cependant, certains réalisateurs n’ont pas la chance d’être autant ovationnés.

Pour leur cinéma engagé, frontal et dénonciateur du pouvoir politique et du régime iranien, grand nombre de réalisateurs iraniens ont été, pour les plus chanceux, contraint à l’exil, tandis que d’autres en détention, subissent le triste sort réservé aux prisonniers iraniens.

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Meyer Habib, il y a ceux qui l'aiment et ceux qui l'ont en exècre. Mais on ne peut en aucun cas tolérer un tel déferlement de haine antisémite.

Il y a ceux qui l'aiment, voire qui l'adulent. Il y a les autres, qui l'ont en exècre. Au milieu, les autres sont indifférents à ses prises de positions publiques. 

Meyer Habib, est député de la République. 

Il a lors d'une première campagne, recueilli suffisamment de suffrage pour effectuer un premier mandat. Il a été réélu député des Français de l'étranger. 

Aujourd'hui il est attaqué non seulement comme député, mais également au regard de sa confession. 

Meyer Habib est juif.

Dernièrement, les réseaux sociaux se sont déchainé à son encontre, transformant son visage, le caricaturant sous forme d'un animal: le porc. Écrit dessus "gros porc sioniste", avec une magen David sur le front. 

Ces caricatures, cette magen David, nous rappelle tristement ces mêmes images caricaturales qui existaient dans les années 30 en Europe.

Ici même, en France, aujourd’hui, certains reproduisent, ce que les nazis avaient fait à l'époque. 

Nous connaissons la suite... six millions de Juifs exterminés. 

Il n'est pas possible aujourd'hui, d'accepter, non seulement un tel déferlement de haine, mais, également, de jouer avec le parallèle des mêmes images, des mêmes poncifs, qui ont abîmé la France et l'Europe, il y a maintenant près de 90 ans. 

Accepter cela, quelle que soit sa couleur politique, quelle que soit sa culture, sa couleur de peau, sa religion, c'est renoncer aux triptyques des valeurs républicaines.

C’est dire qu'on peut non seulement insulter un député, mais plus encore, insulter un Français juif, parce que juif. Et bien, ceux là qui ont agi sur les réseaux sociaux, pensant le faire en toute impunité, doivent être identifiés, retrouvés, jugés, à la hauteur de la haine qu'il déverse.

La France, ne serait pas la France, si elle renonçait à cela, et si, elle ne s'attaquait pas au mal par la racine.

Aujourd'hui, les racines du mal, ont hélas, bien fleuri. Ne cessons jamais pour combattre ces fleurs du mal. Tel est bien la mission du Crif. Nous tous, ensemble, devons le faire pour la France, pour nous même.

David-Olivier Kaminsky