Richard Prasquier

Ancien Président du CRIF

Le billet de Richard Prasquier – Les mots et les mensonges de la Flottille de Gaza

12 June 2025 | 277 vue(s)
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Actualité

Il y a six ans (ndlr. : cet article a été rédigé en mars 2018), en mars 2012, à Montauban et Toulouse, sept vies ont été fauchées par un terroriste islamique, donc je me refuse à rappeler le nom.

Le 33ème Dîner du Crif a eu lieu mercredi 7 mars 2018.

Au théâtre de l'Atelier, Le livre de ma mère réveille les souvenirs et sublime la relation la plus sincère qui est donnée à l'homme de connaître.

Vendredi 23 février, j'ai rencontré Tomasz Młynarski, Ambassadeur de Pologne en France.

La première djihadiste française capturée à Mossoul par les forces irakiennes en juillet 2017, Mélina Boughedir, a été condamnée, lundi 19 février, à sept mois de prison pour l’entrée illégale en Irak. La cour pénale de Bagdad a ordonné la remise en liberté et l’expulsion en France de la jeune femme de 27 ans, sa peine étant couverte par sa détention préventive, rapporte Le Monde du 19 février. Qui sont ces femmes désintégrées, déstructurées et aveuglées par la propagande développée par les djihadistes et qui ont été des proies faciles. C'est ainsi qu'elles se sont déshumanisées et ont participé à cette orgie barbare et moyenâgeuse qu’est le djihadisme.

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"On s'est dit au-revoir. C'était un au-revoir mais qu'y avait-il derrière cet au-revoir ?"

Dans leur numéro de janvier, le magazine Youpi, destiné aux enfants de 5 à 8 ans, a clairement laissé entendre à ses jeunes lecteurs qu' "Israel n'était pas un vrai pays".

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Opinion

Découvrez ma lecture du livre de Ginette Kolinka, "Retour à Birkenau".

Bienvenue sur le blog La Chronique (pas tès casher) de Raphaela ! Sur ce blog, Raphaela vous propose ses billets d'humeur sur tout ce qui l'entoure, l'émeut, la touche, la fait rire et la révolte. Et elle a des choses à vous dire...

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Je n’avais pas l’intention d’épiloguer sur ce bateau pour Gaza qui a défrayé la chronique jusqu’à son arraisonnement par la marine israélienne, car la mise en scène en était vraiment trop grossière. De plus, l’intervention israélienne s’est effectuée sans le moindre accroc. Il y a quinze ans, l’arrivée des commandos israéliens sur le bateau turc Mavi Marmara avait provoqué dix morts et une rupture des relations d’Israël avec la Turquie qui ne s’est jamais plus véritablement amendée.

Ici, au lieu du paquebot qu’était le Mavi Marmara, on avait affaire à un petit voilier de plaisance, bateau amiral et seul représentant en réalité de cette soi-disant flottille de la liberté. Il faut lire les messages grandiloquents où Rima Hassan et ses amis écrivaient qu’ils n’avaient pas peur de la mort. Au lieu du martyre, ils ont obtenu des sandwiches, la marine israélienne a elle aussi fait quelques progrès dans la société du spectacle dans laquelle nous baignons.
Clap de fin d’une partie achevée dans un ridicule que les commentaires de Jean-Luc Mélenchon sur l’héroïsme des militants rendaient encore plus grotesque ? Malheureusement, ce n’est pas sûr.
En écoutant Greta Thunberg prétendre qu’elle avait été « kidnappée », j’ai compris que l’affaire n’était pas terminée. Car « kidnapper » c’est le mot qu’on a utilisé, cette fois à juste titre, pour ceux qui ont été enlevés le 7-Octobre, dont certains ont été assassinés et dont d’autres croupissent depuis plus de 600 jours dans les tunnels du Hamas. Le regard épouvanté de Shiri Bibas comparé au calme des militantes de la flottille dit tout. Ces dernières savaient, au rebours de leurs déclarations sur la barbarie d’Israël, que rien de grave ne leur arriverait. Cela n’a pas empêché Greta Thunberg de se plaindre dès son retour à Stockholm, où elle avait été expédiée illico après avoir signé un document où elle reconnaissait avoir commis une infraction en violant le blocus, ce qui justifiait son expulsion. Nul doute que Rima Hassan, qui, avec les deux tiers des participants à la flottille, a refusé de signer ce document et est donc en prison le temps de l’enquête administrative, nous présentera un festival à charge contre son kidnapping et contre la police israélienne.

Le terme de kidnapping a été repris par Manuel Bompard et ses collègues de LFI. C’est la mise en équivalence avec l’enlèvement des Israéliens. Plus encore, si Greta Thunberg a été « kidnappée » le 9 juin 2025, cela signifie au fond que 251 personnes ne l’ont pas été le 7 octobre 2023. Je me demande si leurs avocats ne vont pas qualifier d’entrave à la liberté d’opinion la proposition qui a été faite par les autorités israéliennes de visionner un film sur le 7-Octobre, aux douze militants arrêtés qui ont courageusement refusé, pour ne pas mettre en risque leur droit à l’aveuglement.

Dans cette guerre, les mêmes mots peuvent servir aussi bien de brûlots que d’extincteurs.

Il y a d’autres mots dont le sens risque d’être carbonisé. Si Rima Hassan n’est pas expulsée au plus vite, ses amis vont la présenter comme une otage. On devine les fulminations de Mélenchon et les tweets de Marion Aubry, celle qui avait refusé au Parlement européen de soutenir l’admirable Boualem Sansal, otage du gouvernement algérien. C’est mettre en regard des situations qui n’ont rien de commun, un exercice dans lequel les communicants pro-Hamas sont des maîtres, comme en témoignent les usages actuels des mots génocide, extermination et famine. Bien sûr la députée européenne qui est une imposture en elle-même, puisqu’elle se présente comme une réfugiée palestinienne alors qu’elle est surtout la fille d’une syrienne qui a fui son pays pour échapper à son mari, lui-même technicien militaire pour le régime syrien, va dès sa sortie soigner son image factice d’héroïne indomptable.
Dans ce jeu de faux-semblants notons que le bateau apportait à Gaza une aide minuscule, d’ailleurs distribuée par les Israéliens après leur saisie de la cargaison. De fait, les militants humanitaires auraient été bien en peine d’effectuer de façon sécurisée la moindre distribution alimentaire s’ils avaient pu accoster. Pour eux tout se termine donc assez bien, même si les Israéliens ne leur ont pas concédé une posture de résistants, mais plutôt de losers, ce qui aux yeux de Mélenchon comme à ceux de Trump, est une tare impardonnable.

Notons aussi que le Soudan, où la famine est dramatique, ne bénéficie d’aucune indignation internationale et que la diabolisation d’Israël permet de minimiser la responsabilité massive du Hamas dans la mauvaise distribution de l’aide passée sous l’égide de l’ONU, cette ONU qui n’est jamais en panne de compromission avec l’organisation terroriste palestinienne, comme le confirment des documents récemment présentés.

Après l’arraisonnement du Mavi Marmara, une commission d’enquête, la Commission Palmer, fut mise en place par le Secrétaire Général de l’ONU Ban Ki Moon. Elle conclut que le blocus naval imposé par Israël était légal au regard du droit international, et que, en situation de guerre, un pays a le droit de contrôler, inspecter et capturer les navires suspectés de violer un blocus, même sur haute mer. Ce qui met à mal une autre distorsion langagière appliquée à Israël, l’accusation de piraterie.

Un membre de la fameuse « flottille », le brésilien Thiago Avila, avait présenté Nasrallah, le leader défunt du Hezbollah, comme un martyr source d’inspiration pour les peuples, et une autre, l’allemande Yasemin Acar, avait posté une vidéo où elle dansait de joie en apprenant que des missiles iraniens bombardaient Israël. Quant à Rima Hassan, elle avait, entre autres, accusé Israël de la mort des enfants Bibas. Il est difficile de croire que le désir de venir en aide aux déshérités de Gaza ait été la seule motivation de tous les passagers du bateau Madleen.

Cela montre que c’est finalement le mot humanitaire lui-même qui a été dévoyé dans cette randonnée médiatique, dont l’organisateur en coulisse est un vieux briscard du Hamas, le palestino-britannique Zaher Birawi, fondateur de la Coalition de la flottille de la liberté. C’est cette fondation qui avait affrété le Mavi Marmara : quelques humanitaires avaient alors servi de vitrine pour masquer le noyau de passagers lourdement militarisés. Quinze ans plus tard, le casting médiatique a un peu changé, mais la finalité demeure : diaboliser Israël…

 

 

Richard Prasquier, président d'honneur du Crif 

 

 

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