Jean Pierre Allali

Jean-Pierre Allali

Lectures de Jean-Pierre Allali - Après le bois de hêtres (Mémoires), par Armand Bulwa

27 Mai 2020 | 123 vue(s)
Catégorie(s) :
France

La première djihadiste française capturée à Mossoul par les forces irakiennes en juillet 2017, Mélina Boughedir, a été condamnée, lundi 19 février, à sept mois de prison pour l’entrée illégale en Irak. La cour pénale de Bagdad a ordonné la remise en liberté et l’expulsion en France de la jeune femme de 27 ans, sa peine étant couverte par sa détention préventive, rapporte Le Monde du 19 février. Qui sont ces femmes désintégrées, déstructurées et aveuglées par la propagande développée par les djihadistes et qui ont été des proies faciles. C'est ainsi qu'elles se sont déshumanisées et ont participé à cette orgie barbare et moyenâgeuse qu’est le djihadisme.

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Le 4 février 2018, le Crif et les Amis du Crif ont organisé un voyage de mémoire dans les camps d’Auschwitz-Birkenau. Près de 200 personnes ont participé à cette journée exceptionnelle, qui a marqué les mémoires de chacun. Une délégation d’élus et de personnalités publiques m'a également accompagné. Nous avons aussi eu l'honneur d'être accompagnés par Ginette Kolinka, réscapée d'Auschwitz.

En fin de journée, nous avons tenu une courte cérémonie d'hommages ponctuée de plusieurs discours et de prières animées par le Rabbin Moché Lewin. En conclusion de cette intense journée, le Shofar a resonné au milieu du silence etourdissant de l'immense complexe de Birkenau.

Depuis quelques semaines, le texte épistolaire de Sholem Aleichem a investi la petite – mais non moins prestigieuse – scène du Théâtre de la Huchette, à Paris.

Hier, je me suis exprimé sur la récente vague d'antisémitisme qui secoue la France. J'ai demandé à l'ensemble de la communauté nationale de faire front contre la haine antisémite. J'ai également rappelé l'importance pour la justice française d'appliquer des peines suffisamment lourdes pour être dissuasives.

De ce 9 janvier 2015, nous voulons retenir une autre image, cette belle image. Celle de Lassana Bathily.

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Après le bois de hêtres (Mémoires), par Armand Bulwa (*)

 

On ne le sait pas toujours : Buchenwald, nom du camp de concentration de sinistre mémoire se traduit par « Bois de hêtres ». D’où le titre de ce livre où Armand Bulwa nous livre ses mémoires et fait le récit, notamment, de son terrible enfermement à  Buchenwald.

Fils d’Abram Bulwa, un militant du Bund, le parti socialiste juif et d’Ester Malka Kaminka, l’auteur, Aron Armand Bulwa,  a vu le jour le 27 décembre 1928 à Piotrków, en Pologne. Dans le deux pièces-cuisine que la famille habitait, cinq personnes : Armand, ses parents, son jeune frère, Moniek et la grand-mère maternelle, Haia Kaminska. 

Une famille modeste traditionaliste qui vivait tranquillement au rythme des fêtes du calendrier juif. Tranquillement, c’était avant Hitler, le nazisme et leur folie meurtrière.

Le petit Armand a onze ans lorsque, le 1er septembre1939, les allemands déclenchent leur guerre-éclair, le blitzkrieg et, par là-même, la Seconde Guerre mondiale. En l’espace de quatre semaines, la Pologne est occupée et les nazis choisissent Piotrków pour y établir le premier ghetto juif du pays avec, à sa tête, un « Judenrat ».Parallèlement, venus des quatre coins du pays, des Juifs, expulsés de leurs foyers manu militari par les Allemands, se regroupent à Piotrków. Le ghetto, qui comptait jusqu’alors quelque six mille âmes voit sa population juive atteindre les vingt-huit mille personnes. Chez les Bulwa même, on est désormais dix. Le temps des brimades et  des persécutions commence. « L’arrivée des Allemands a complètement désinhibé les Polonais, qui, du jour au lendemain, se sont estimés autorisés à se venger ouvertement du mal imaginaire que les Juifs leur avait fait ». Mais le pire est à venir avec la déportation. La famille d’Armand va être décimée. Le jeune homme se retrouve, lui,  dans un premier temps, dans un camp de travail, Częstochowa sous la houlette de soldats allemands et de supplétifs ukrainiens. Nous sommes en 1945. Avec nombre de ses compagnons d’infortune, le jeune Bulwa, triangle numéro 116.536, est transféré au camp de Buchenwald, le « bois de hêtre », où sont regroupés les prisonniers politiques. Block 52, un véritable mouroir. C’est là qu’il va rencontrer Élie Buzyn, Lolek, qui lui rendra un service immense, celui de lui donner une ceinture qui lui permettra de ne pas avoir à tenir constamment son pantalon qui tombe à tout moment du fait de sa maigreur extrême.
Le camp sera finalement libéré par les Américains. Armand Bulwa retrouvera la France le 6 juin 1945. Il sera accueilli par l’OSE et sera naturalisé français en 1947. Une nouvelle vie commençait. 

Un cahier iconographique agrémente de beau livre émouvant. À découvrir absolument.

 

Jean-Pierre Allali

(*) Avec Serge Filippini. Éditions de l’Archipel. Janvier 2020. 176 pages. 18 euros.