Jean Pierre Allali

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Lectures de Jean Pierre Allali - Le sel des larmes est parfois doux, de Joëlle Tiano-Moussafir

09 Janvier 2019 | 111 vue(s)
Catégorie(s) :
France

Dimanche 13 janvier 2019, le Crif a organisé un voyage de mémoire à Auschwitz-Birkenau. Ensemble, au cours de cette journée, nous avons honoré le devoir de mémoire qui nous incombe et sommes devenus les témoins des témoins.

L'historien Laurent Joly publie un nouvel éclairage sur la collaboration de la France occupée à la déportation des juifs. Une œuvre magistrale.

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Opinion

Par un enchaînement de hasards, notre bloggueuse Sophie, plus habituée aux sujets de cyber-sécurité et de contre-terrorisme, s'est retrouvée les mains dans la pâte (à pizza). Et ça lui a donné quelques idées plutôt gourmandes... Elle les partage avec vous cet été à travers ces chroniques culinaires !

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Le sel des larmes est parfois doux, de Joëlle Tiano-Moussafir*

Quel étonnant récit ! Pour nous raconter l’histoire édifiante des Marranes, notamment du Portugal, l’auteur a choisi de nous narrer les aventures extraordinaires d’un curé qui, un jour de l’été 1896, décide de tout abandonner et de quitter sa paroisse pour aller à la rencontre de son destin à la recherche de ses mystérieuses origines.

Nous sommes à Castelo das Fontes, au nord du Portugal. Serafina, la fidèle servante du Padre Pinto constate avec étonnement la disparition de l’ecclésiastique. Une disparition qui a lieu peu après la rencontre du père avec un mystérieux inconnu de passage, l’« Escurecido», « Ephraïm L’Obscurci », un cordonnier à la laideur repoussante, simplet au premier abord.

C’est de la bouche d’Ephraïm que le père Pinto va découvrir le terrifiant secret : son origine juive. Pinto, mais c’est bien sûr : « Peï, Noun, Tav, Vav », « p,n,t,o » !

Pinto, mais c’est un patronyme juif !

Nous nous retrouvons dans l’archipel des îles du Cap-Vert où un village porte le nom inattendu de Sinagoga. C’est là, à Santo Antao que vit la belle Artémisia. C’est là aussi que des Marranes en fuite se sont mêlés à la population locale jusqu’à être complètement assimilés, absorbés.

Tandis que le Padre Pinto enquête sur son passé, Ephraïm parcourt le monde et se retrouve à Cavaillon puis, plus tard, au Congrès Sioniste de Bâle.

L’amour est, bien entendu au rendez-vous et, tout en continuant à assurer son sacerdoce dans une île qui se révèle particulièrement tolérante, le Padre, devenu Pai Padre, élèvera avec sa dulcinée, Artémisia, ses quatre enfants.

Très sympathique.

Jean-Pierre Allali

(*) Éditions Zinedi. Septembre 2018. 144 pages. 14,90 euros.