Lorsque les réfugiés "crèvent" sous nos yeux

17 Avril 2015 | 1519 vue(s)
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"Ce qui m'effraie, ce n'est pas l'oppression des méchants, c'est l'indifférence des bons" (Martin Luther King)

Tribune de marc Knobel publié dans le Huffinghton Post 

INTERNATIONAL - Ne devrions-nous pas avoir honte? De taire (souvent)? D'ignorer (le plus souvent)? D'être indifférent (presque toujours)? Quoi de pire (peut-être) que le silence des êtres, tout comme l'indifférence? Il me plaît ici de citer le chanteur Gilbert Bécaud, lorsqu'il disait: "L'indifférence, elle te tue à petits coups". Ajoutons qu'elle (te) tue deux fois.

Indifférence?
Soumises à de violentes guerres civiles et aux massacres, aux viols, à la sécheresse ou à la faim, les réfugiés qui sont déchirés par la guerre, effrayés par tant de terreur et les destructions massives causées ici ou là par des bombardements incessants fuient (Yémen, Syrie, Irak, Somalie, Libye...)

Fuient-ils pour le plaisir? Fuient-ils parce que c'est fun? Parce que ce serait... tendance?
En vérité, ils fuient les pays de désert et de cailloux, sous une chaleur de four; ils fuient les villes anéanties et lorsqu'ils montent et s'entassent comme des "bêtes" sur de petits ou grands bateaux de misère, rafistolés de partout -piteux rafiots affrétés par les pires mafieux, les pires négriers et les esclavagistes des temps modernes- savent-ils seulement s'ils arriveront à bon port?
Pour entreprendre cette traversée, certaines personnes ont vendu terrains, maisons ou boutiques, avant de pouvoir se permettre ce voyage, qui n'est pas ni ne sera jamais un voyage d'agrément. Ils veulent survivre, tout simplement.
Abandonnés par des équipages dans le froid, ils sont livrés à la tempête, au mal de mer et à l'angoisse. Les passagers d'infortune fuient le conflit syrien, Daech, les fous de Dieu, les guerres dans des conditions épouvantables, avec l'espoir que ce "voyage de la mort" (ce dernier voyage, leur dernier voyage) leur offre un avenir meilleur en Europe, la dignité, peut-être?

A titre personnel, comment pourrais-je les blâmer?
Comment pourrais-je être insensible, moi, dont les grands-parents, Juifs d'Ukraine et de Pologne, ont fui eux-aussi dans les années 1910: les pogroms, l'antisémitisme et la misère, cherchant à être "heureux comme Dieu en France?" De