Richard Prasquier

Ancien Président du CRIF

Blog du Crif - Faut-il du charisme en politique ?

17 Février 2022 | 38 vue(s)
Catégorie(s) :
France

Il y a six ans (ndlr. : cet article a été rédigé en mars 2018), en mars 2012, à Montauban et Toulouse, sept vies ont été fauchées par un terroriste islamique, donc je me refuse à rappeler le nom.

Le 33ème Dîner du Crif a eu lieu mercredi 7 mars 2018.

Jean-Pierre Allali partage avec vous ses appréciations littéraires au fil de ses lectures. Aujourd'hui, il nous parle du livre de Techouva, de Frédéric Lauze.

Au théâtre de l'Atelier, Le livre de ma mère réveille les souvenirs et sublime la relation la plus sincère qui est donnée à l'homme de connaître.

Vendredi 23 février, j'ai rencontré Tomasz Młynarski, Ambassadeur de Pologne en France.

Jean-Pierre Allali partage avec vous ses appréciations littéraires au fil de ses lectures. Aujourd'hui, il nous parle du livre de Dina Porat, Le Juif qui savait Wilno-Jérusalem : la figure légendaire d’Abba Kovner, 1918-1987.

La première djihadiste française capturée à Mossoul par les forces irakiennes en juillet 2017, Mélina Boughedir, a été condamnée, lundi 19 février, à sept mois de prison pour l’entrée illégale en Irak. La cour pénale de Bagdad a ordonné la remise en liberté et l’expulsion en France de la jeune femme de 27 ans, sa peine étant couverte par sa détention préventive, rapporte Le Monde du 19 février. Qui sont ces femmes désintégrées, déstructurées et aveuglées par la propagande développée par les djihadistes et qui ont été des proies faciles. C'est ainsi qu'elles se sont déshumanisées et ont participé à cette orgie barbare et moyenâgeuse qu’est le djihadisme.

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Actualité

Bienvenue sur le blog La Chronique (pas tès casher) de Raphaela ! Sur ce blog, Raphaela vous propose ses billets d'humeur sur tout ce qui l'entoure, l'émeut, la touche, la fait rire et la révolte. Et elle a des choses à vous dire...

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Le 34ème Dîner du Crif a eu lieu mercredi 20 février 2019

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Opinion

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Les jolies colonies de vacances... Il fait beau, il fait chaud, ça sent vraiment les vacances ! Cette semaine, nous vous proposons une série d'articles sur les mouvements de jeunesse juifs en France ! Aujourd'hui, découvrez le parcours d'une ancienne E.I. !

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Le discours de Valérie Pécresse au Zenith dimanche 13 février restera dans les annales de la communication politique comme un archétype de ce qu’il ne faut pas faire, entre un texte peu inspiré et une candidate qui peinait à incarner ce qu’elle appelait « sa » France. Échec qui se mesurait au délai de réaction de la salle quand le discours contenait des paroles appelant aux applaudissements.

La candidate jouait dans un registre qui n’était pas le sien, elle qui  avait montré beaucoup d’habileté dans les débats et qui avait une réputation d’excellente gestionnaire. Avec la personnalisation du régime, la politique du spectacle, l’obsédante référence au Général de Gaulle et à l’identité française, on lui demandait non pas un programme, mais  de sublimer les passions du public et de faire croire que sous sa direction les échecs feront partie du passé. De la pensée magique… On lui demandait une autorité charismatique, ce concept popularisé par le sociologue Max Weber qui a redonné vie à un vieux terme théologique qui a parcouru l’histoire du christianisme sous le nom de grâce.

Définir le charisme est difficile, constater son absence est plus simple : au Zenith, Valérie Pécresse en a manqué.

Il y a dans le charisme en politique un aspect viril et les femmes sont désavantagées par la tonalité de leur voix et par nos stéréotypes culturels. Ce n’est pas un hasard si Angela Merkel a été le contre-exemple du dirigeant charismatique. Chez elle, pas d’incantation, pas de théâtre. « Wir schaffen das, », « on va y arriver, » à propos de l’intégration des réfugiés, un modèle de  sobriété dans la communication….

Les Français gardent peut-être la nostalgie d’un souverain guérisseur d’écrouelles, même s’ils revendiquent un égalitarisme où chacun donnerait un avis sur tout y compris de ce qu’il ne connait pas. Il en est peu en tout cas qui pensent, comme François Hollande, qu’être Président de la République soit une activité « normale », où seule compterait la compétence technique.

Si le charisme est utile, à dose forte la ferveur est une épice enivrante, qui transporte les foules, mais peut libérer les pires instincts en subordonnant toute pensée  à la loyauté au chef. « Notre programme s’appelle Hitler » a été un slogan tristement efficace en Allemagne.

Le charisme est une notion relative qui peut en partie s’acquérir, se perdre et se fabriquer: les meetings à grand spectacle jouent le rôle ambigu d’accroche. André Tardieu, modèle d’homme politique rationnel et lucide, disait que n’importe quel minable parait un géant quand il est accueilli aux sons de la Marseillaise.

André Tardieu est oublié, comme l’est en Israël Levi Eshkol, Premier Ministre pendant la Guerre des Six Jours, dont on ne se souvient que par son allocution à la radio du 28 mai 1967. Alors que le pays vit dans l’angoisse d’un nouvel Holocauste, le Premier Ministre ânonne son discours,  bute sur les  mots, hésite et se reprend. Un désastre…

Eshkol avait créé le système d’adduction d’eau qui a fait fleurir le pays d’Israël et organisé comme secrétaire général de la défense, une armée équipée et bien commandée. Des documents récemment déclassifiés montrent son action de stratège politique au cours de ce mois d’une extraordinaire tension qui a précédé la guerre des Six Jours. Il a assuré le soutien américain en montrant qu’Israël avait tout fait pour éviter la guerre, il a résisté à la pression des généraux qui voulaient en finir au plus vite et laissé ainsi le temps d’une préparation optimale, il a assuré un consensus national en faisant entrer ses adversaires politiques  au gouvernement, et il a imposé au si populaire général Dayan la conquête du Golan à laquelle ce dernier rechignait. Cet homme compétent, affable et désintéressé n’était ni narcissique,  ni vitupérant. Il n’était pas éloquent et certainement pas charismatique.

Le prix qu’il a payé, c’est l’oubli des générations suivantes, mais il y a bien une vie politique en l’absence de charisme...

Richard Prasquier

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