Richard Prasquier

Ancien Président du CRIF

Blog du Crif - L’apparition d’un parti arabe dans le jeu politique israélien

01 Avril 2021 | 118 vue(s)
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Actualité

Le Times of Israel a repris ma critique de la comparaison musulmans de France - juifs pendant la Shoah.

Je fais suite aux propos de Jean Luc Melenchon travestissant l'Histoire de France.

Aux côtés de Bruno Valentin, prêtre du diocèse de Versailles et Ahmet Ogras, vice-président du CFCM sur le plateau de BFM TV, j'ai réaffirmé mon sentiment d'horreur face à cet acte barbare qui s'est passé ce matin.

 

Il est peut être temps de poser à ceux qui relaient les théories du complot - en particulier sur les réseaux sociaux - des questions déstabilisantes.

Dans une interview donné à Patrick Perotto de L'Est Républicain, je suis revenu sur l’un des défis des années à venir : combattre les idées de haine qui se répandent sur internet

I was interviewed in English and French, on EJP , Tuesday, May 31, 2016.

J'ai été interviewé, en anglais et en français, sur EJP, mardi 31 mai 2016.

Suite à mon élection à la Présidence du Crif, j'ai répondu aux questions de Paul Amar, sur tous les sujets de préoccupations des Juifs de France.

Prix Nobel de littérature en 2002, l'écrivain hongrois Imre Kertèsz est mort à Budapest le 31 mars 2016. Son dernier livre, "L'ultime auberge" a reçu, le 22 mai 2016, le Prix Spécial du Jury 2016 du Salon du Livre de la Licra-Paris

Voici le discours que j'ai prononcé après le vote de l'assemblée générale du Crif.

A l'occasion de l'assemblée générale du Crif réunie le 29 mai 2016, j'ai prononcé mon discours de candidature.

Lors du 9ème Salon du Livre de la Licra, deux écrivains ont reçu un prix

Là-bas, la crainte d'une menace russe est la principale raison qui exacerbe les passions identitaires.

 
Lors d’une allocution devant le Conseil de sécurité, Rafael Ramirez, représentant du Venezuela auprès des Nations-Unies, a lancé… « Qu’est-ce qu’Israël a l’intention de faire avec les Palestiniens ? Vont-ils disparaître ? Est-ce qu’Israël cherche à imposer une Solution finale sur les Palestiniens ? » 
 

Décryptage.

 

Des 27 avril au 10 juin 2016, se tiendront les journées nationales des Mémoires de la traite de l’esclavage et de l’abolition.  Souvenons-nous.

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Opinion

Par Chloé Blum

Jean-Pierre Allali partage avec vous ses appréciations littéraires au fil de ses lectures. Aujourd'hui, il nous parle du livre de Techouva, de Frédéric Lauze.

Jean-Pierre Allali partage avec vous ses appréciations littéraires au fil de ses lectures. Aujourd'hui, il nous parle du livre de Dina Porat, Le Juif qui savait Wilno-Jérusalem : la figure légendaire d’Abba Kovner, 1918-1987.

"On s'est dit au-revoir. C'était un au-revoir mais qu'y avait-il derrière cet au-revoir ?"

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Chronique de Richard Prasquier pour Radio J, mardi 31 mars 2021

Mercredi dernier, avant le résultat du scrutin, j’avais envisagé l’idée a priori grotesque que Benjamin Netanyahou puisse dépendre du parti Ra'am pour constituer sa majorité législative. Il fallait d'abord pour cela que ce parti entre à la Knesset. C’est fait.

Avec quatre députés, son chef, un dentiste arabe, Mansour Abbas, est peut-être devenu le « faiseur de rois » de l’élection législative 2021. Car, s’il reçoit l’apport des 7 voix de Naftali Bennet, Bibi devra encore trouver deux voix pour parvenir au fatidique décompte de 61 députés. Il est possible que certains enfreignent la consigne partisane de non participation  à un gouvernement Netanyahu, mais la présence dans ce gouvernement d’un parti islamiste avec une majorité Likoud est tout à fait possible. Bien entendu l’opposition a entrepris également des négociations avec le Raam, mais l’attelage réalisé serait à peu près aussi disparate.

Sur quelles bases pourraient fonctionner ces improbables alliances ?

L’une est évidente, c’est celle des promesses sociales. Le Ra'am, c’est avant tout le parti des Bédouins du Negev. Il y a 200 000 bédouins en Israël, une population très conservatrice en croissance démographique  forte, mais dont la sédentarisation inéluctable pose ici comme ailleurs de grandes difficultés. Les questions de pauvreté, de criminalité, de sous éducation et d’habitation sont majeures et peuvent être l’objet d’avancées aussi bien de la part du Likoud que de ses adversaires.

Il y a  paradoxalement aussi des convergences entre les  ultra-orthodoxes  du Shas ou de Yahadut Hatorah et le Ra'am sur le soutien à l’éducation religieuse. Leur rejet de l’homosexualité est aussi violent. Enfin, n’oublions pas qu’ il y a dans l’armée israélienne probablement plus de bédouins que de haredim. Cependant si Raam partage avec les ultra orthodoxes le fait de ne pas être sioniste, l’antisionisme des Frères Musulmans qui ont un agenda politique est évidemment plus inquiétant que l’antisionisme des ultra-orthodoxes.  Israël est cependant un pays où quelques députés fréristes « soft » ne risquent pas d’entamer le consensus idéologique national. Bien sûr, le parti sioniste religieux, dans lequel il y a des racistes déplorables, ne veut pas voir d’arabes dans la coalition. Mais Benjamin Netanyahou, dont les commentaires envers la population arabe d’Israël ont été souvent dans le passé empreints de mépris, sait être pragmatique quand il le faut.

Les élections ont tourné autour de la personnalité de Bibi et les programmes sociaux ont pour la plupart des partis été  absents de la campagne. Pourtant chacun sait que les disparités socio-économiques en Israël sont considérables. Les bédouins représentent la partie la plus pauvre de la population et l’une des plus jeunes, ce qui en fait des vecteurs privilégiés de délinquance ou de radicalisation.

Le Ra'am (HaReshima HaAravit HaMe'uhedet) faisait partie de la liste arabe unifiée qui avait obtenu le score considérable de quinze députés lors des élections de mars 2020, mais qui était restée complètement inefficace. Mansour Abbas a fait le pari d’un rapprochement avec Benjamin Netanyahou parce que comme chef du gouvernement c’est lui qui avait le pouvoir de déplacer les priorités. A la surprise générale, il a gagné ce pari, alors que la liste arabe unifiée s’effondrait en n’obtenant que six sièges. Ce qui veut dire que dans la population arabe les considérations socio-économiques deviennent de plus en plus importantes par rapport aux idéologies politiques. Les accords entre Israël et différents Etats musulmans sunnites ont aussi une traduction interne. La haine des arabes envers l’Etat d’Israël ne semble plus être une fatalité. On ne peut que s’en réjouir.

Richard Prasquier