Richard Prasquier

Ancien Président du CRIF

Le billet de Richard Prasquier - Bons et mauvais usages d’un putsch raté

04 Juillet 2023 | 141 vue(s)
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Actualité

Le Hors-série de L'Express numéro 28, "Regards sur l'Histoire" consacré aux Juifs de France a mis en émoi une partie de la communauté juive, François Heilbronn, professeur des universités associé à Sciences-Po Paris et Président des Amis français de l'université de Tel-Aviv lui a adressé deux lettres ouvertes publiées dans l'Arche.
 

 

 

Retour sur les événements qui sont intervenus en juillet 2014 et les manifestations propalestiniennes qui ont dégénéré.

Est-il pertinent de mettre en parallèle “antisémitisme” et “islamophobie”?
Non, cinq fois non:  Ni sémantiquement , ni historiquement,  ni sociologiquement, ni politiquement et encore moins juridiquement, ces deux termes et les deux concepts qu’ils sous-tendent, ne sont de même nature. Il serait non seulement faux, mais aussi dangereux pour tous, de les mettre en regard sur un même plan.

L'antisémitisme : les causes d'un Mal qui s'aggrave.

Ce dernier détaille ici les multiples racines de l’antisémitisme, qui a explosé en France à partir de l’année 2000 et la première « intifada ». Et qui s’est fortement aggravé tout au long de l’année dernière. Marc Knobel évoque notamment l’origine idéologique – soulignée et étudiée par le philosophe et chercheur Pierre-André Tagguief – d’un antisémitisme qui découle d’un antisionisme extrême, lui-même alimenté depuis longtemps par les tenants de l’islamisme radical. Extrême gauche et extrême droite française en passant par « Dieudonné and Co » sont aussi, historiquement et actuellement, parmi les premiers diffuseurs de la haine antisémite en France. Description et analyse en huit points.

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Opinion

Le boycott des produits israéliens (nous) glace le sang.

Le racisme qui frappe la communauté asiatique est insupportable.
 

Vouloir profiter de l'actuelle polémique pour assimiler les arrêtés anti-burkini à la Saint-Barthélemy et à la Shoah, c'est tomber dans l'indigne et le nauséabond 

A l'occasion de l'assemblée générale du Crif réunie le 29 mai 2016, j'ai prononcé mon discours de candidature.

Depuis des années, l’historien Marc Knobel a de salutaires obsessions et une puissante détermination. L’une de ses salutaires obsessions, sur laquelle il a beaucoup travaillé et mené de profondes recherches, est cette diffusion sans frontières, sans retenues et sans toujours grandes oppositions, des haines multi-formes qui s’entretiennent.

Pour comprendre cet accord entre l’Iran et les grandes puissances sous la direction stratégique des USA, il faut essayer de comprendre la nouvelle politique internationale de l’administration américaine

Eté 2014. Pendant 1 mois et 18 jours, Israël a vécu au rythme des alertes et d’une guerre qui ne dit pas son nom. Un an plus tard. Juillet 2015 : Que reste-t-il de ces jours d’angoisse ?

Le 23 juin dernier, l’Union des étudiants juifs de France a célébré son 70e anniversaire à l’Hôtel de Ville de Paris. Magie des réseaux sociaux, j’ai vécu à distance cette soirée avec enthousiasme et frustration. L’occasion pour moi de replonger dans mes années Uejf.

Comme chaque été, de nombreux juifs ont décidé de quitter la France pour s’installer en Israël. On parle de 8000 à 10 000 pour l’ensemble de l’année 2015. J’ai moi-même fait ce choix en 2013  et pourtant j’ai, plus que jamais, envie de parler de ceux qui restent. 

Dov Maimon rejoint les auteurs du Blog du Crif !

Ce dernier détaille ici les multiples racines de l’antisémitisme, qui a explosé en France à partir de l’année 2000 et la première « intifada ». Et qui s’est fortement aggravé tout au long de l’année dernière. Marc Knobel évoque notamment l’origine idéologique – soulignée et étudiée par le philosophe et chercheur Pierre-André Tagguief – d’un antisémitisme qui découle d’un antisionisme extrême, lui-même alimenté depuis longtemps par les tenants de l’islamisme radical. Extrême gauche et extrême droite française en passant par « Dieudonné and Co » sont aussi, historiquement et actuellement, parmi les premiers diffuseurs de la haine antisémite en France. Description et analyse en huit points.

Partout en France, des crayons, des stylos et des feutres ont été brandis, les seules armes du courage et de la liberté contre d'autres armes qui tuent, qui souillent, qui meurtrissent à tout jamais.

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L’équipée des groupes Wagner à l’intérieur de la Russie n’a duré que 36 heures. Rencontrant pour la première fois des positions militaires puissantes, alors que ses troupes avaient jusque-là parcouru 700 kilomètres comme dans du beurre, Prigogine a fait une volte-face spectaculaire. Il n’avait bénéficié d’aucune défection. Sans doute avait-il reçu, ou cru recevoir, des promesses de soutien de certains hiérarques du régime, tel le général Sourovikine, mais sans leur soutien, sa tentative était vouée à l’échec. Comment cet homme, qui connaît si bien les arrière-cuisines du régime, a-t-il pu faire une faute pareille ? La réponse tient en un mot : l’hubris. Le biais d’hubris, cette démesure redoutée par les Grecs, c’est le succès qui monte à la tête. De petit délinquant à milliardaire et chef d’armée, à force de déblatérer quotidiennement ses insultes et ses stratégies militaires dans sa télévision, Prigogine a confondu auditeurs et partisans indéfectibles. Tel le Golem, il a échappé à son maître Poutine auquel il devait son incroyable carrière et s’est auto-intoxiqué de l’illusion de sa propre puissance. 

 

Les commentateurs disent habituellement que Poutine est affaibli par cette rébellion qui a exposé les faiblesses du régime.

Autant le dire, j’espère que cette analyse sera confirmée, car je pense que la guerre menée par la Russie est ignoble, mais, sachant que les experts interrogés sont quasiment tous des critiques de Poutine, je reste sceptique. Car l’un de nos biais de raisonnement les plus profondément ancrés, c’est le biais d’optimisme, croire en ce qu’on espère plutôt qu’en ce qu’il nous est désagréable d’envisager. Cette façon de réfléchir a probablement servi à l’espèce humaine pour aller de l’avant, mais elle traduit ce que les Anglo-saxons appellent « wishful thinking », autrement dit la tendance à prendre ses désirs pour des réalités.

Il en a été ainsi quand on expliquait que les faiblesses militaires, les carences économiques et les mensonges géopolitiques condamnaient la Russie à l’échec. Mais l’armée russe semble s’être améliorée et met aujourd’hui l’offensive ukrainienne à la peine.

 

Dans son bref discours en réaction à la tentative de Prigogine, dont il n’a jamais prononcé le nom, Poutine a repris sa phraséologie habituelle. L’ennemi, ce sont les néo-nazis et leurs maîtres, c’est-à-dire l’Occident et sa machine militaire, économique et informationnelle, qui vise à éradiquer le peuple russe, peuple élu à l’histoire millénaire. Ce sont eux qui sont responsables, par tromperie ou par menaces, d’avoir conduit à la rébellion des soldats qui dans leur vaste majorité luttent vaillamment pour la survie de leur patrie.

Ce discours a beau être truffé de mensonges, il répète ce que le public russe entend depuis le début de la soi-disant opération spéciale. Pour lui faire face, il faut une solidité mentale et une curiosité à toute épreuve ainsi qu’un rare courage pour affronter la réprobation de son groupe social. Les individus, même quand ils n’adhèrent pas d’enthousiasme à ce narratif, préfèrent penser qu’il est, sinon vrai, du moins vraisemblable… ou refuser complètement de penser, ce qui n’est en général pas très difficile.

Ce discours est efficace car il nomme un ennemi, cet Occident dont la détestation crée sur le plan international un pont entre pays que tout sépare par ailleurs, un ennemi puissant, de sorte que la lutte contre lui apparaît héroïque. De plus, dans les villes qui comptent, Moscou et Saint Pétersbourg, la guerre est suffisamment distante pour ne pas impacter la vie quotidienne et suffisamment proche pour exciter la colère contre ceux qui mettent la tranquillité quotidienne en danger. Rares sont ceux qui oseront protester contre de nouveaux tours de vis sécuritaires qui seront qualifiés d’indispensables. Un coup d’État raté est de ce point de vue une aubaine…

 

Enfin, la guerre civile n’est pas survenue et le mérite en sera attribué au sang-froid de Poutine, qui fait mine de le reporter sur le peuple russe lui-même, dont la grandeur d’âme permet le pardon. Et peut-être verra-t-on Prigogine présenter ses excuses pour s’être laissé manipuler par les sataniques occidentaux. Les confessions des procès staliniens forment des précédents dont il serait dommage de ne pas tirer de leçons. 

 

Cerise sur le gâteau, les milices Wagner, mais aussi le trafic des richesses africaines, joyau du patrimoine de Prigogine, serviront à récompenser les forces armées, les forces de l’ordre et les services spéciaux. Un régime autocratique qui a ces services dans sa main n’a que faire du reste de la population. 

Poutine les a nommément remerciés dans son allocution. Jusque-ici l’alliance a tenu. Certains, dans l’Occident abhorré, critiques de Poutine mais craignant l’après-Poutine, sont contraints à s’en réjouir…

 

Richard Prasquier, Président d'honneur du Crif 

 

 

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