Jean Pierre Allali

Membre du Bureau Exécutif du CRIF, Jean-Pierre Allali préside la Commission des Relations avec les Syndicats, les ONG et le Monde Associatif.

Lectures de Jean-Pierre Allali - Flavius Josèphe, par Mireille Hadas Lebel

01 Mars 2023 | 151 vue(s)
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Opinion

Depuis des années, l’historien Marc Knobel a de salutaires obsessions et une puissante détermination. L’une de ses salutaires obsessions, sur laquelle il a beaucoup travaillé et mené de profondes recherches, est cette diffusion sans frontières, sans retenues et sans toujours grandes oppositions, des haines multi-formes qui s’entretiennent.

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Eté 2014. Pendant 1 mois et 18 jours, Israël a vécu au rythme des alertes et d’une guerre qui ne dit pas son nom. Un an plus tard. Juillet 2015 : Que reste-t-il de ces jours d’angoisse ?

Le 23 juin dernier, l’Union des étudiants juifs de France a célébré son 70e anniversaire à l’Hôtel de Ville de Paris. Magie des réseaux sociaux, j’ai vécu à distance cette soirée avec enthousiasme et frustration. L’occasion pour moi de replonger dans mes années Uejf.

Comme chaque été, de nombreux juifs ont décidé de quitter la France pour s’installer en Israël. On parle de 8000 à 10 000 pour l’ensemble de l’année 2015. J’ai moi-même fait ce choix en 2013  et pourtant j’ai, plus que jamais, envie de parler de ceux qui restent. 

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Ce dernier détaille ici les multiples racines de l’antisémitisme, qui a explosé en France à partir de l’année 2000 et la première « intifada ». Et qui s’est fortement aggravé tout au long de l’année dernière. Marc Knobel évoque notamment l’origine idéologique – soulignée et étudiée par le philosophe et chercheur Pierre-André Tagguief – d’un antisémitisme qui découle d’un antisionisme extrême, lui-même alimenté depuis longtemps par les tenants de l’islamisme radical. Extrême gauche et extrême droite française en passant par « Dieudonné and Co » sont aussi, historiquement et actuellement, parmi les premiers diffuseurs de la haine antisémite en France. Description et analyse en huit points.

Partout en France, des crayons, des stylos et des feutres ont été brandis, les seules armes du courage et de la liberté contre d'autres armes qui tuent, qui souillent, qui meurtrissent à tout jamais.

Pages

Flavius Josèphe, Œuvres complètes, Édition établie et présentée par Mireille Hadas-Lebel (*)

 

Quelle idée géniale ! Mais aussi, quel pari ! Il faut féliciter Mireille Hadas-Lebel de mettre à notre portée la totalité de l’œuvre de ce témoin privilégié d’une époque charnière pour la destinée du peuple juif que fut Flavius Josèphe.

C’est à Jérusalem que naît, en l’an 37 de l’ère vulgaire et sous le règne de l’empereur romain Caligula, Yosef ben Mattitiaou, fils de Matthias, membre d’une grande famille sacerdotale. Il aurait dû devenir prêtre mais, comme on le sait, il deviendra, au fil des ans, un courtisan romain, général en Galilée puis historien protégé par Vespasien, produira une œuvre monumentale et, devenu Titus Flavius Josephus, mourra à Rome en l’an 100.

En préambule, dans un texte particulièrement fouillé et plein d’enseignements, Mireille Hadas-Lebel brosse un portrait édifiant de Flavius Josèphe en nous décrivant par le menu l’homme et son œuvre. Flavius Josèphe ne fut pas, loin de là, un homme facile à vivre, ne supportant pas que d’autres que lui, racontent cette tranche d’histoire où l’on rencontre les Pharisiens, les Saducéens, les Sicaires et les Zélotes avec les conflits judéo-syriens (déjà !), l’épisode tragique de Massada, l’attitude de l’occupant romain, les quatre mois de siège de Jérusalem jusqu’à l’été 70, période pendant laquelle Flavius Josèphe fut l’interprète attitré de l’armée romaine, l’incendie du Temple de Jérusalem, le jour anniversaire de sa première destruction par les Babyloniens en - 586. C’est au lendemain de cette catastrophe que Flavius Josèphe choisira de s’exiler à Rome.

L’œuvre proprement dite de Flavius Josèphe, dont Mireille Hadas-Lebel n’hésite pas à mettre en évidence la partialité, est également précédée d’introductions très utiles.

Voici, tout d’abord, « La guerre des Juifs contre les Romains », en latin « De bello judaico ». La révolte des Macchabées, la campagne de Galilée avec la chute de Jotapata, le siège de Jérusalem et sa destruction. Cet ouvrage réellement fondateur comporte sept livres.  

Deuxième ouvrage proposé : « Les Antiquités Judaïques », un traité de vingt livres postérieur de vingt ans au précédent. L’auteur le considère comme une simple traduction des écrits saints du judaïsme. « Elles comprennent les traditions qui vont de la naissance du premier homme jusqu’à la douzième année du règne de Néron et tout ce qui nous est arrivé à nous, Juifs, en Égypte, en Syrie et en Palestine. Tout ce que nous avons subi du fait des Assyriens et des Babyloniens, comment les Perses et les Babyloniens nous ont traités et, après eux, les Romains ». En troisième lieu, voici « Autobiographie », une œuvre qui se veut polémique et que Mireille Hadas-Lebel considère comme lacunaire et déroutante. Enfin, pour couronner ces œuvres complètes, le « Contre Apion », un titre trompeur, dit Mireille Hadas-Lebel, car Apion, Egyptien hellénisé hostile aux Juifs, n’est pas le seul visé par le courroux de Josèphe.

« Le "Contre Apion" de Flavius Josèphe, atteste de l’existence d’un antisémitisme païen antérieur au christianisme ». Une publication monumentale qui mérite de prendre place dans toutes les bibliothèques.

 

Jean-Pierre Allali

 

(*) Édition établie et présentée par Mireille Hadas-Lebel, Éditions Bouquins, Septembre 2022, 1 510 pages, 34 €

 

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