Editorial du président
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Publié le 1 Mars 2012

La conférence de Doha

Le 27 février 2012 s'est achevée à Doha une Conférence internationale sur Al Qods occupée dont les medias ont peu parlé et dont Hélène Keller Lind a fait un remarquable résumé. 

Richard Prasquier

L'objectif réel de cette conférence était probablement d'admettre qu'il est naturel d'ignorer fait que Jérusalem est avant tout une ville sainte pour les Juifs

L'objectif réel de cette conférence était probablement de banaliser l'idée que Jérusalem est une ville sainte pour les Chrétiens et pour les Musulmans (surtout), et d'admettre qu'il est naturel d'esquiver, ignorer ou nier le fait qu’avant tout il s'agit d'une ville sainte pour les Juifs. On a vu ce genre de glissement sémantique à l’œuvre il y a quelques mois dans les paroles d'un haut fonctionnaire de l'Autorité Palestinienne qui prétendait que Jérusalem n'avait pas de passé juif.

 

Sur ces bases on en arrivera vite à l'idée que les Juifs sont en train de judaïser une ville où ils n'ont que faire, qu'ils détruisent les lieux de prière musulmans par leurs pseudo-fouilles et qu'ils empêchent les non-juifs d'exercer leur culte en liberté. Evidemment la vieille ville de Jérusalem était un symbole de liberté religieuse entre 1948 et 1967 quand les Juifs - chacun le sait, n'est-ce pas? - affluaient en masse pour prier au Mur ou bien à la synagogue Hurva préservée dans sa splendeur...

 

De qui se moque-t-on? C'est depuis la guerre des Six jours que les trois religions du Livre peuvent prier en liberté à Jérusalem. Jérusalem, qui n'est sortie de l'état de décrépitude signalé par tous les voyageurs du XIXe siècle qu'avec l'aventure sioniste, va devenir l'objet d'une campagne négationniste dont la culture sera le support-prétexte et l'Unesco le champ de bataille. Le tombeau de Rachel prenant soudainement le nom d'une mosquée en est une claire préfiguration.

 

Il est inquiétant de voir qu'un diplomate français chevronné, Stanislas de Laboulaye, ait été présent à cette conférence de Doha et n'ait pas jugé utile de manifester des réserves devant les termes de la conclusion de celle-ci.

 

Richard Prasquier

Président du CRIF