Tribune
|
Publié le 12 Février 2013

« L’OSE a retrouvé sa place au sein des institutions juives »

 

Propos recueillis par Yaël Scemama

Article publié dans le n°1243 d’Actualité Juive du 7 février 2013

 

Positionnement stratégique, recherche de financement, mise en œuvre de projets : Roger Fajnzylberg a beaucoup fait en neuf ans pour le développement de l’OSE. Il vient de quitter son poste de directeur général pour s’occuper de la Fondation OSE - mémoire, Enfance, Solidarité. 

 

Actualité Juive : Que retenez-vous de vos neuf années à la direction générale de l’OSE ?

 

Roger Fajnzylberg : Quand je parcours le bilan accompli avec les équipes de l’OSE depuis mon arrivée en août 2004, je confirme que l’OSE a beaucoup avancé. Elle a retrouvé une vigueur de développement pour porter de nouveaux projets dans les domaines de l’enfance, du handicap et des personnes âgées, y compris dans des innovations auxquelles elle n’avait pas pensé spontanément comme l’ouverture du Café des Psaumes, rue des Rosiers. L’OSE a vu son budget annuel passer de vingt millions d’euros à près de quarante millions dès l'année prochaine. Le nombre de ses établissements et de ses services a lui aussi progressé. Surtout l’OSE a retrouvé sa place au sein des institutions juives et démontré qu’elle pouvait être parfaitement fidèle à son identité tout en restant ouverte aux autres et active dans le domaine de la laïcité.

 

Comment avez-vous procédé pour propulser l’OSE de cette manière ?

 

Quand je suis arrivé à l’OSE, je le dis aussi pour remercier mon épouse et mes enfants, j’ai beaucoup sacrifié mon temps personnel pour être parfaitement disponible et travailler d’arrache-pied. J’ai également cherché à être clair et transparent envers chacun de nos interlocuteurs : dire ce que je voulais faire et faire ce que j’avais dit. Je n’ai pas adressé de message en direction de la communauté juive pour la rassurer et un autre, différent, vers les pouvoirs publics. L’OSE a proposé un message unique pour les uns et les autres qui est celui de son projet associatif. Cela en parfaite connivence avec le président de l'OSE Jean-François Guthmann.

 

Vos méthodes professionnelles issues du privé vous ont-elles aidé dans la gestion de l’OSE ?

 

Public ou privé, ce débat cache souvent beaucoup de fausses bonnes réponses. Une association se distinguera toujours d’une entreprise par son objet social désintéressé. Mais elle doit faire preuve d’une très grande rigueur de gestion dans l’utilisation des fonds. Aussi bien de l’argent public que de l’argent privé. Ce n'est pas parce qu'on travaille dans le secteur de l'économie sociale que les réalités économiques du monde qui nous entoure doivent être ignorées. Ce n’est pas parce qu’on est une association, de surcroît une association juive, que l’on doit seulement reposer sur les bonnes volontés. C’est pour cela que nous avons voulu être agréés par le Comité du don en confiance. Cela nous oblige à des efforts de rigueur encore plus importants.

 

Qu’allez-vous faire maintenant ?

 

M’occuper à la demande du président de l'OSE de la Fondation OSE – Mémoire, Enfance, Solidarité, qui a pour objectif de trouver des financements privés que cela soit auprès de nos donateurs amis de l’OSE qu’à travers l’ISF, les donations et les legs, le mécénat d’entreprise et les partenariats avec des fondations amies. Là où l’OSE aujourd’hui, bon an mal an, collecte deux millions d’euros, il faudrait arriver au double dans un temps limité. J'ai aussi pour mission de développer les contacts à l’international et en particulier d'installer l'OSE comme une association vivante en Israël. Je souhaite aussi pouvoir me rendre disponible pour des institutions communautaires chères à mes yeux comme le   CRIF ou le Fonds Social Juif Unifié. On vient de me proposer de prendre prochainement la présidence d'un club de rugby, mon sport favori. Enfin, je vais pouvoir être plus disponible pour les miens, voyager, aller encore plus aux concerts ou au théâtre.

 

Patricia Sitruk va vous succéder. La connaissez-vous ?

 

Patricia Sitruk a été choisie par le président et le conseil d’administration de l’OSE. Nous avons fait connaissance et je suis confiant. Elle aura les compétences nécessaires pour réussir sa mission et continuera de développer des projets que nous avons mis en route. La création d’un centre d’accueil de jour Alzheimer à Sarcelles, la reprise de la maison d’enfants de Laversine, le développement d’un projet pour l’enfance à Créteil, l’installation de la méthode Feuerstein en France et le développement de l’OSE en province. Je lui souhaite d’être aussi heureuse dans l'accomplissement de ses fonctions que je l'ai été.