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Publié le 13 Février 2024

Le Crif en action - Cérémonie de commémoration de la rafle de la rue Sainte Catherine à Lyon et hommage à Robert Badinter

Le dimanche 11 février 2024, la cérémonie de commémoration de la rafle de la rue Sainte-Catherine à Lyon a revêtu une signification particulière, coïncidant avec le décès de Robert Badinter, ancien Garde des Sceaux et fils de Simon Badinter, déporté précisément 81 ans plus tôt, le 9 février 1943.

Le 9 février 1943, la Gestapo, sous les ordres de Klaus Barbie, avait organisé une souricière au 12, rue Sainte-Catherine, siège de la Fédération des sociétés juives de France et du comité d’assistance aux réfugiés, tous regroupés au sein de l’UGIF.

Durant la cérémonie, d'émouvants hommages ont été rendus à Robert Badinter pour son engagement en faveur de la justice. La présence de Myriam Badinter-Del Vecchio, nièce de Robert Badinter et de sa famille a suscité une profonde émotion parmi les participants.

 

Dans son discours, Richard Zelmati président du Crif Auvergne Rhône-Alpes a souligné la contribution exceptionnelle de Robert Badinter, le décrivant comme républicain, laïc, et juif.

Une minute de silence a été observée en hommage à cet homme d'exception, « homme du siècle ».

 

La cérémonie a également commémoré le 81ème anniversaire de la rafle, rappelant les noms des 86 juifs déportés. Richard Zelmati a mis en lumière le rôle vital de cet endroit en tant que phare de résistance à l'antisémitisme nazi, soulignant l'effort clandestin d'entraide et de secours mutuel. Lyon ville refuge, accueillait alors près de 40 000 juifs cherchant à échapper aux persécutions pendant l'Occupation : «  Il suffit de regarder les lieux de naissance des suppliciés de la rue Sainte-Catherine pour s'en convaincre : ils venaient certes de France, mais aussi de Pologne, de Russie, d'Ukraine, d'Allemagne, de Roumanie, d'Autriche, de Hongrie, de Belgique, de Tchécoslovaquie, de Lettonie et même, le symbole est important, de Palestine mandataire, comme le bien nommé Israël Eppelbaum, assassiné à Sobibor le 30 mars 1943 ». Et le président du Crif Auvergne Rhône-Alpes d’ajouter : « Certains comprendront que l'on pouvait naître en Palestine et se prénommer Israël ».

 

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La cérémonie s'est conclue par un appel à l'engagement, soulignant les mots de Robert Badinter « nos morts écoutent », attendant des vivants qu'ils combattent sans relâche le mal qui les a assassinés : l'antisémitisme.

 

Richard Zelmati, en écho à l'Histoire de la Shoah, a rappelé les défis actuels. Ces défis nous obligent, comme le soulignait déjà Robert Badinter dans son discours de 2015, à lutter sans trêve contre le racisme et l'antisémitisme, "cette lèpre de l'humanité, qui demeure toujours et partout l'expression de la barbarie".

 

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