Bruno Halioua

Président de la Commission Souvenir du Crif

Blog du Crif - Le jour où Sacha Distel a vu sa mère porter l'étoile jaune

11 June 2020 | 1191 vue(s)
Catégorie(s) :
France

Francis Kalifat a bien connu Robert Castel, durant les dernières années de sa vie. Ce fut une très belle rencontre, il garde en mémoire de beaux souvenirs. Francis Kalifat était présent à son enterrement. 

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Antisémitisme

En 2005, le fait religieux envahissait peu à peu et dans la confrontation, les cours de récréation. L’agitation religieuse commençait à provoquer des dégâts dont nous payons le prix lourd aujourd’hui.

FOR JERUSALEM NO VOICE MUST MISS
FOR JERUSALEM NONE OF US CAN REMAIN SILENT

POUR JERUSALEM PAS UNE VOIX NE DOIT MANQUER
POUR JERUSALEM AUCUN D’ENTRE NOUS NE PEUT SE TAIRE
 

 

Cette période de fêtes juives en France, rime aujourd'hui avec contrôles de sécurtié et détecteurs de métaux

Je suis intervenu aux deux conférences internationales sur l’antisémitisme organisées la semaine dernière à Paris.

Le boycott des produits israéliens (nous) glace le sang.

Mensonges, haine et illégalité.

La fête de l’Humanité, où artistes, politiques et public se pressent, a accueilli une fois de plus un stand appelant à la haine d’Israël.

Dimanche 11 septembre 2016, j'étais l'invité de l'émission "30 minutes pour convaincre".

Dans la newsletter du CRIF du 5 septembre 2016, nous reproduisions une information  faisant état de la publication d’un rapport, publié le 1er septembre 2016 et préparé par l'Association Voices for Human Rights et l'Institut Touro (Touro Institute on Human Rights and the Holocaust).

Vouloir profiter de l'actuelle polémique pour assimiler les arrêtés anti-burkini à la Saint-Barthélemy et à la Shoah, c'est tomber dans l'indigne et le nauséabond 

J'ai recueilli pour la newsletter du Crif les réponses aux questions posées à cet homme qui, pris dans le tourment de l’histoire-celle avec sa grande hache dont parlait Perec- est resté libre jusqu’au bout des ongles

Retour sur le déchaînement de haines antisémites qui s’est produit l’été 2014, en France.

I was interviewed in English and French, on EJP , Tuesday, May 31, 2016.

J'ai été interviewé, en anglais et en français, sur EJP, mardi 31 mai 2016.

Suite à mon élection à la Présidence du Crif, j'ai répondu aux questions de Paul Amar, sur tous les sujets de préoccupations des Juifs de France.

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Il y a 80 ans, le 7 juin 1942, la législation instaurant l'étoile jaune était mise en place. À cette occasion, découvrez 4 articles sur la façon dont Serge Gainsbourg, Jean Ferrat, Sacha Distel et Marcel Gotlib ont vécu le port de l'étoile jaune.

Ces articles sont proposés par Bruno Halioua, et issus de son livre «Leur Seconde Guerre Mondiale», (édition Buchet Chastel - 2020). Dans ce livre, il s'intéresse à la façon dont certaines personnes célèbres ont vécu les événements marquants de la Seconde Guerre Mondiale.

Le jour où Sacha Distel a vu sa mère porter l'étoile jaune : "Ça voulait dire quoi, Juif ? Quelqu'un qui porte une étoile ? Je n'y comprenais rien"

Le 7 juin 1942, le petit Sacha Distel âgé de 9 ans se rend compte que sa mère porte une étoile jaune sur le revers de son manteau. Sacha n’est pas astreint au port de l’étoile jaune étant donné que son père n’est pas Juif.

Quand sa mère l’accompagne à l’école, il ressent ce jour-là une gêne indescriptible. Il se rend compte que le regard que lui porte les autres enfants change « J'étais désormais celui dont la maman portait un signe distinctif humiliant et que les autres gosses regardaient avec un drôle d'air ».  Il prend conscience de son altérité sans saisir précisément les raisons exactes :

« Ça voulait dire quoi, Juif ? Quelqu'un qui porte une étoile ? Je n'y comprenais rien. J'éprouvais un sentiment de profonde injustice, de non-normalité dont je ne saisissais pas les raisons ». Ce sentiment d’être différent est d’autant plus gênant qu’il ressent un climat d’angoisse et d’anxiété à travers les conversations de ses parents : « Je pressentais des choses mystérieuses et inquiétantes ».

Par la suite la mère de Sacha Distel est arrêtée par deux policiers français sous les yeux de son mari et de son fils qui tenteront naïvement de les faire changer d’avis : « j’éclate en sanglots, puis je me ressaisis et, parade dérisoire, je leur joue au piano une chanson de Ray à laquelle ils restent insensibles ».

Après le départ de sa mère, Sacha éprouvera une haine irascible vis-à-vis des policiers français. « Le sentiment que j'éprouve alors, ce n'est ni la peur ni la tristesse, mais la colère ; l'envie de tuer ces deux salauds. Et puis une question : comment des Français peuvent-ils faire une chose pareille ? Un dégoût m'envahit... La porte se referme. Papa s'effondre. Nous pleurons tous les deux, sans trouver la force de réagir ».

Sacha Distel est ensuite caché avec treize autres enfants juifs par Constant Domaigné au collège de l'Immaculée-Conception de Laval. A l’occasion de son enroulement comme enfant de chœur, on s’est  rendu compte que Sacha avait une jolie voix.

Sacha Distel restera toute sa vie marquée par cette période de la Shoah où il a mené une existence de parai comme il l’expliquera « Ce trait de caractère me restera : je ne me juge ni meilleur ni pire que les autres, seulement différent d'eux - pas trop différent, mais tout de même assez... ».

 

Dr Bruno Halioua, Président de la Commission Souvenirs du Crif

Cet article est extrait de « Leur Seconde Guerre Mondiale », le prochain livre de Bruno Halioua. (A paraître édition Buchet Chastel en octobre 2020). Dans ce livre, Bruno Halioua s'intéresse à la façon dont certaines personnes célèbres ont vécu les événements marquants de la Seconde Guerre Mondiale.