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Publié le 5 Avril 2018

#Crif - A l'étranger, les grands amis de Jean-Luc Mélenchon

Lorsqu’il pourfend les Etats-Unis et Israël ou d’autres pays, Jean-Luc Mélenchon, n’y va pas avec le dos de la cuillère. Il lâche l’artillerie lourde et s’égosille, méchamment, violemment. Par contre, lorsqu’il parle du Venezuela, de Cuba ou de la Chine... Que ne ferait-il pas pour couvrir/défendre ces régimes ?

«El Commandante» Mélenchon, grand ami d’Hugo Chavez et de Maduro

Discours de Macron du 17 avril 2017, durant la campagne électorale, avec Mélenchon au pouvoir : «Pour certains ce sera Cuba sans le soleil ou le Venezuela sans le pétrole.»

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C’est un tweet publié par Jean-Luc Mélenchon, le 4 avril 2018. Mélenchon écrit :

  •  « Inadmissible réception de l'extrême droite du Venezuela à l'Élysée. Impudente leçon de démocratie donnée par un pays en pleine crise d'autoritarisme. »

Un tweet inacceptable de la part d'un député. Faut-il rappeler ici que l'opposition au Venezuela n'est pas extrémiste. Dernièrement, l'opposition vénézuélienne a exclu de participer au scrutin présidentiel du 22 avril en dénonçant un «simulacre d'élection», laissant la voie libre à une réélection du chef de l'État socialiste Nicolas Maduro, à la tête d'un pays au bord de l'implosion. «Ne comptez pas sur l'Unité démocratique ni sur le peuple pour valider ce qui, jusqu'à présent, n'est qu'un simulacre frauduleux et illégitime d'élection présidentielle», a annoncé dans un communiqué la MUD, la principale coalition opposition. 

Nicolas Maduro, élu en 2013, fait face à un taux d'impopularité de 75%, en raison notamment de l'effondrement économique du Venezuela, un pays pétrolier frappé par de graves pénuries de médicaments et d'aliments, ce que Jean-Luc Mélenchon ne veut pas voir. Mais en avançant la date de l'élection présidentielle, qui s'était tenue jusqu'ici en fin d'année, le chef de l'État a réussi à déstabiliser l'opposition, déjà affaiblie et divisée.

Le tweet de Mélenchon fait dire à Manuel Valls, dans un autre tweet, le même jour :

  • « Quelle honte ! Des partis interdits, des candidats empêchés, assignés à résidence, contraints à l’exil... un peuple qui souffre d’une crise alimentaire et sanitaire. Des millions de réfugiés. Je suis fier d’avoir reçu moi aussi l’opposition démocratique du Venezuela ».

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Mais alors ? Comment peut-on expliquer cet acharnement à défendre des dictateurs ? C’est son eldorado. Le Venezuela est un pays où Jean-Luc Mélenchon est reçu avec les honneurs et cité en modèle. Le nouvel observateur (6 mars 2013) raconte que pour Mélenchon c’est une terre où l’ex-candidat à la présidentielle retrouve ses sensations : meetings monstres, drapeaux rouges et slogans révolutionnaires. En 2013, donc, parti assister au forum de la gauche latino-américaine au Venezuela, le coprésident du Parti de Gauche s’est retrouvé, perché sur un bus, «le visage en larmes», sidéré par la ferveur d’une foule en liesse au passage d’Hugo Chavez en campagne pour sa réélection.

  • «Le tribun du Front de Gauche ne jure plus que par l’Amérique latine. Il a rencontré Chavez, plus proche de lui qu’il ne le pensait et dont la culture politique l’a impressionné. Il a lu les biographies du Che et de Simon Bolivar. Et prépare déjà son prochain voyage, peut-être en décembre, chez son ami le président équatorien Rafael Correa, pour organiser un forum mondial des «révolutions citoyennes», rappelle Le nouvel observateur.

https://www.nouvelobs.com/monde/mort-de-chavez/20130306.OBS0903/el-comandante-melenchon.html

Un concept devenu, le temps d’une campagne présidentielle, un objectif politique et que Mélenchon a puisé entre l’Amazonie et les Andes. Tout comme il s’était inspiré d’un slogan cher aux Argentins pour le titre de son livre coup de poing : «Qu’ils s’en aillent tous !»

Nationalisations, redistribution massive des richesses aux plus pauvres, assemblées constituantes, résistance à l’impérialisme américain : pour Mélenchon, ces expériences sont «une source d’inspiration». Mais pas «un modèle». Il approuve la pratique du pouvoir par Chavez, mais il condamne son encombrant soutien à l’Iran d’Ahmadinejad ou à Bachar al-Assad, selon l’Obs. L’Obs qui raconte qu’en mars 2013, vêtu d’un long manteau noir en cuir, il arrive à pied au siège de son parti, l’Usine, au cœur d’un quartier populaire des Lilas. Sur le fronton du bâtiment, ses équipes ont entouré le drapeau vénézuélien d’un brassard noir. «C’est un jour de deuil pour nous et pour un certain nombre de peuples et de militants», débute Jean-Luc Mélenchon avant de tempêter contre «les discours haineux et vulgaires» d’une partie des commentateurs. Mélenchon pleure son héros et fait de son deuil un geste politique, ajoute Le nouvel observateur.

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Jean-Luc Mélenchon s'étonne qu'on qualifie Maduro de tyran et de dictateur

Invité de BFMTV ce mardi 5 septembre 2017, l'ancien candidat à la présidentielle, est une nouvelle fois interrogé sur la situation au Venezuela. Si Emmanuel Macron a qualifié le régime vénézuélien de "dictature", le leader de La France insoumise refuse toujours de s'en prendre à Nicolas Maduro. L'ancien candidat à la présidentielle critique au contraire l'opposition vénézuélienne, divisée selon lui entre «une branche modérée, tout à fait relativement, puisqu'ils admirent Pinochet, et une branche fasciste, violente». «Moi je ne prendrais pas modèle sur l'opposition au Venezuela. Je condamne l'opposition au Venezuela », assène-t-il sur BFM. Il faut dire que chez Mélenchon et chez certains responsables de la France insoumise, on ne critique pas Maduro.

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Quelques exemples qui ont été signalés et relevés par Europe 1.

Tout en se disant «inquiet», Alexis Corbière, député La France insoumise (LFI) et porte-parole de Jean-Luc Mélenchon dénonce la «désinformation totale» de certains médias sur la situation vénézuélienne :

  • «Il y a une situation de tension dont on peut parler aujourd’hui, d’une violence dans la rue y compris d’une opposition violente. Le régime est dans un monde de durcissement, mais l’opposition, elle est armée. On dit qu’il y a une centaine de morts. Mais il y a deux députés pro-chavistes qui ont été assassinés l’autre jour. Vous avez des gens, c’est souvent très sociologiquement ciblé, des beaux quartiers qui se mobilisent contre le gouvernement et des quartiers populaires qui se mobilisent pour le gouvernement. C’est même un côté racial : souvent, les gens de couleur sont des quartiers populaires et les blancs sont des quartiers bourgeois. Vous avez beaucoup de crimes racistes qui ont lieu actuellement, souvent des gens sont brûlés. Il y a une situation de tension. Moi, je suis inquiet. Le pays est en train de se casser en deux. Mais enfin, il y a eu six ou sept millions de gens qui ont participé à une élection de l’opposition, il y en a huit qui ont participé ces derniers jours à l’Assemblée de la Constituante. Quand on voit de France, franchement, il y a parfois une désinformation totale. On a l’impression que tout un peuple est dressé contre le gouvernement. C’est plus compliqué que ça ».

Même son de cloche chez Éric Coquerel, député LFI interrogé sur CNews :

  • «Je crois qu'il faut arrêter avec le manichéisme présenté sur tous les médias aujourd'hui. Une partie de l'opposition, celle très à droite et d'extrême droite qui, depuis l'élection de Maduro et même avant Chavez, n'a jamais admis que Maduro était élu [...]. Et depuis, une partie de cette opposition a des formes insurrectionnelles. Est-ce que c'est normal que des policiers vénézuéliens soient attaqués à l'acide ? [...] Je vous rappelle que ce week-end, le plus grand nombre de tués c'est des policiers et un candidat chaviste. On a aussi une opposition qui, comme par hasard parce que le racisme existe beaucoup dans ce pays-là, s'en prend principalement aux noirs. En tout cas, [Nicolas Maduro] a été élu. Ce n’est pas une dictature. Alors on peut juger de la manière dont se fait la répression, on peut juger de la manière dont il essaie de sortir de l'ornière. Je pense qu'il y a des pousse-à-l‘affrontement des deux côtés. [...] La solution doit être politique. »

http://lelab.europe1.fr/comment-la-france-insoumise-justifie-les-positions-pro-maduro-de-melenchon-3402266

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Mélenchon : Cuba « n’est pas une dictature, pour moi clairement non »

Comme nous venons de le voir ici, Jean-Luc Mélenchon défend Chavez et Maduro. L’autre grand référent idéologique de Mélenchon c’est Fidel Castro. Le 23 juin 2010, dans Le Grand Soir, journal militant d’information alternative, Jean-Luc Mélenchon déclare :

  • «Je ne suis pas un fin connaisseur de Cuba, mais en revanche j’en suis un observateur attentif. Je peux dire que Cuba, en Amérique latine, bénéficie d’une autorité et d’une audience qui est totalement incomprise en Europe. Ici, quand on parle de Cuba, c’est pour la cataloguer comme une dictature et pour dire qu’il n’y a pas suffisamment de liberté. L’obsession des médias, tous attentifs aux États-Unis, est de trouver un dissident ou un prétendu prisonnier politique pour en faire un héros et ainsi justifier leurs dénigrements. Ils ne mentionnent jamais les presque 600 attentats que la CIA a préparés contre Fidel Castro, ni le terrible embargo imposé par les États-Unis. En Europe, Cuba fait les frais d’une vision totalement déséquilibrée et absurde».

http://bruxelles.blogs.liberation.fr/2011/01/07/jean-luc-melenchon-aime-la-dictature-cubaine-et-le-dit-bis/

Etonnante tirade de Mélenchon, qui défend là encore un régime totalitaire. Il est bien le seul, d’ailleurs. Mais, il va plus loin ici, puisqu’il parle de «prétendu prisonnier» politique à Cuba.

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Une incroyable mauvaise foi. Citons Amnesty international :

  • «Comme les années précédentes, de très nombreux défenseurs des droits humains et militants politiques ont été la cible d’actes de harcèlement et d’intimidation, et ont été détenus arbitrairement. La Commission cubaine des droits humains et de la réconciliation nationale, une ONG basée à Cuba mais non reconnue par l’État, a recensé 5 155 placements en détention arbitraire en 2017, contre 9 940 en 2016…»

https://www.amnesty.org/fr/countries/americas/cuba/report-cuba/

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En janvier 2011, Mélenchon déclare sur France Inter«Dans le contexte de l’Amérique du Sud, je ne suis pas d’accord pour qualifier Cuba de dictature et je salue la contribution de Cuba socialiste à la lutte des peuples».

Voilà qui est clair mais qui en dit long sur « el commandante » Mélenchon.

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Mélenchon et le « régime théocratique du Tibet » ?

Mélenchon adore la Chine, c’est convenu. Il n’aime pas le Tibet. Et, il n’a pas un mot pour parler de l’occupation du Tibet. Lorsqu’il parle du Dalaï Lama, le voici qui se lâche, férocement.

Les obsessions de Mélenchon transparaissent si brutalement alors…

En avril 2008, sur son blog, Mélenchon se prononce contre «le boycott des jeux olympiques de Pékin et la propagande antichinoise», jugeant dans cette attitude une «morgue ressemblant à du racisme» et «l’écho du mépris des colons qui ont imposé en leur temps les armes à la main l’obligation pour les Chinois de faire le commerce de l’opium.» Et pour lui, les «évènements du Tibet sont un prétexte. Un prétexte entièrement construit à l’usage d’un public conditionné par la répétition d’images qui visent à créer de l’évidence davantage que de la réflexion.»

«El commandante» se lance alors dans une violente diatribe contre le Tibet :

  • «A l’heure actuelle je n’éprouve aucune sympathie pour «le gouvernement en exil du Tibet» dont sa sainteté est le décideur ultime sur pratiquement toutes les questions, où siège un nombre de membres de sa famille qu’il est tout à fait inhabituel de trouver dans un gouvernement, même en exil, sans parler de leur présence aux postes clefs de la finance et des affaires de cet exil. Je respecte le droit de sa sainteté de croire ce qu’elle veut et à ses partisans de même. Mais je m’accorde le droit d’être en désaccord total avec l’idée de leur régime théocratique. Je suis également hostile à l’embrigadement d’enfants dans les monastères. Je suis opposé à l’existence du servage. Je suis laïque partout et pour tous et donc totalement opposé à l’autorité politique des religieux, même de ceux que l’album « Tintin au Tibet » a rendu attendrissants et qui ne l’ont pourtant jamais été. Je désapprouve aussi les prises de position du « roi des moines » contre l’avortement et les homosexuels. Même non violentes et entourées de sourires assez séducteurs, ses déclarations sur ces deux sujets sont à mes yeux aussi archaïques que son projet politique théocratique.  Je n’ai jamais soutenu l’Ayatollah Khomeiny, même quand j’étais contre le Shah d’Iran. Je ne soutiens pas davantage ni n’encourage le Dalaï Lama, ni dans sa religion qui ne me concerne pas, ni dans ses prétentions politiques que je désapprouve ni dans ses tentatives sécessionnistes que je condamne. Je demande: pourquoi pour exercer sa religion et la diriger le Dalaï Lama aurait-il besoin d’un Etat ? Un Etat qui pour être constitué demanderait d’amputer la Chine du quart de sa surface! Son magistère moral et religieux actuel souffre-t-il de n’être assis sur aucune royauté ? »

https://www.humanite.fr/node/391351

Par contre, lorsqu’il s’agit de critiquer, d’assommer, de vilipender Israël, les Etats-Unis et/ou d’autres pays, Mélenchon tire et s’égosille, avec violence et hargne. Lorsqu’il s’agit de parler et de défendre le Venezuela, la Chine ou Cuba, le voilà si gentil, si doux, si attentif. «El commandante» Mélenchon, dont l’indignation sélective est si sélective qu’elle frise le ridicule.

Marc Knobel