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Fil d’actualité

David Chemla : «Les Israéliens sont tombés dans un piège tendu par le Hamas, qui a réussi son coup»

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02 Juin 2010
Pour David Chemla, président en France de La Paix Maintenant, association qui œuvre pour le dialogue entre les deux peuples, l’incident de la flottille de Gaza va brouiller encore un peu plus l'image d'Israël et "enflammer la région."

Lieberman : «Nous avons eu à faire à un gang. Leur intention était d’attaquer et de faire verser le sang»

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02 Juin 2010
« …je tiens à exprimer la douleur de la perte de vies humaines. Israël est un Etat souverain et ne peut convenir à une attaque sur sa souveraineté. Chaque Etat a le droit de vérifier tous les navires qui entrent sur son territoire, ou ayant l’intention d’entrer sur son territoire. J’ai entendu beaucoup de critiques du fait que l’opération ait eu lieu dans les eaux internationales. Je voudrais également rappeler à tous que le Karine-A [d'un navire chargé d'armes iraniennes destinées à l'Autorité palestinienne, 2002] a été arrêté dans les eaux internationales. Dès que les intentions d’un navire sont claires, et que celui-ci n’est pas disposé à écouter les mises en garde – et il y eu beaucoup d’avertissements avant que les soldats de Tsahal montent à bord - nous agissons et avons agi conformément au droit international. Ce qui est clair est que, dès le début, l’intention de ces gens – des partisans du terrorisme et non pas des combattants pour les droits de l’homme – étaient de répandre le sang et non pas d’apporter de l’aide humanitaire à Gaza.

Médecine et shoah

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01 Juin 2010
À la suite du voyage de la mémoire qui a eu lieu à Auschwitz en mars dernier, l’AMIF, en collaboration avec l’Espace Éthique de l’APHP, la Fondation pour la Mémoire de la Shoah et le Mémorial de la Shoah, a organisé le 20 mai 2010 un colloque sur le thème « Médecine et Shoah ».

Marc Knobel: «Les moyens de lutte contre le racisme sur Internet sont inexistants»

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01 Juin 2010
Le chercheur du CRIF, associé au Conseil consultatif des Droits de l'homme, demande la création d'un Observatoire du racisme, de l'antisémitisme et de la xénophobie sur le Web...

Shmuel Trigano : «Le temps est fini où les post-sionistes et leurs amis imposent leur version de l’histoire et de la réalité»

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31 Mai 2010
Dire que l’ « Appel à la raison » lancé par des intellectuels et politiques juifs, qui comptent dans l’espace européen, ne fait pas l’unanimité dans le monde juif relève de l’euphémisme. Il semble même avoir donné le départ à une moderne " Guerre des juifs", mais en plus frileuse, heureusement, que celle narrée en son temps par Flavius Joseph. De quoi s’agit-il ? Pour faire court, disons que les signataires de cet appel, regroupés dans Jcall, déçus par l’effondrement de la gauche israélienne, ulcérés par la non-politique de l’actuel gouvernement israélien en matière de paix, ont décidé de peser sur le cours des événements, à l’imitation du J-Street américain. Une ingérence inacceptable et contre-productive aux yeux des opposants à Jcall. Shmuel Trigano (*) est de ceux-là, sinon même leur porte-fanion, qui a réagi par l’appel " pour raison garder." Il était l’autre matin à Jérusalem.

Mati Ben Avraham : Vous voici contre-appelant, si j’ose ?

Shmuel Trigano : Tout d’abord d’affirmer une position, totalement différente de celle qui est proposée par Jcall. De proclamer aussi que ceux qui ne se rangent pas derrière la démarche de Jcall sont tout aussi beaux rôles, honorables et raisonnables que les initiateurs de cet appel. Et surtout, ce qui me semblait très important, c’était de montrer le déni de la souveraineté d’Israël inclus dans cet appel. En fait, il ne s’agit là ni plus ni moins que de placer Israël sous tutelle internationale, sous la houlette des Etats-Unis d’Obama et de l’Union européenne. C’est-à-dire de puissances dont les intérêts ne coïncident pas toujours avec ceux de l’Etat d’Israël. Ce qui m’a semblé d’autant plus inacceptable que cela revient à court-circuiter la procédure démocratique. La position de Jcall est là paradoxale : quand on se veut démocrate, la première règle est de respecter le résultat des urnes. Les électeurs israéliens se sont prononcés. S’il y a coalition, cela découle du système parlementaire israélien. On peut être ou pas d’accord avec ce système. Mais qui ne respecte pas le jeu démocratique n’est pas un démocrate.

Si je vous suis bien, la démarche Jcall vous semble s’inscrire dans le droit fil de l’Initiative de Genève ?

A mes yeux, l’initiative de Genève a été une violence symbolique et politique incroyable. Des citoyens ordinaires qui s’instituent représentants d’un Etat pour négocier avec des amis, afin de nouer des accords alors qu’il existe un gouvernement légitime, légal, c’est quand même une sorte de coup d’Etat soft. Il n’y a que par rapport à Israël que de telles choses se produisent. Derrière cette initiative, on retrouve l’Union européenne, sans omettre la Suisse. Aussi, en appeler à l’arbitrage de ces pays me semble quelque chose d’assez irresponsable. Au double plan politique et moral, justement.

Alors, “raison garder” nous amène où ?

Une précision : nous ne souhaitons pas entrer dans une controverse avec Jcall. Nous affirmons une position, qui dépasse les questions abordées car, en dernière analyse, derrière la démarche de Jcall, il y a l’expression d’une identité juive qui n’est pas la nôtre, à bien des égards. Ce que nous voulons, c’est lancer un signal. Nous ne sommes pas des politiciens, nous sommes des intellectuels. Nous sommes aussi des citoyens conscients et nous voulons affirmer nos positions de façon aussi morale, aussi raisonnable que Jcall, sinon plus. En fait, et Jcall a été l’occasion de cette affirmation, nous avons découvert que la majorité silencieuse était de nôtre côté. Nous avons recueilli des signatures du monde entier, de tous les secteurs d’opinion, 190 professeurs d’universités, 60 écrivains…Nous voulons, en fait, affirmer le récit juif sur la réalité. Je crois que le temps est fini où les post-sionistes et leurs amis imposent leur version de l’histoire et de la réalité. Une version falsifiée, à mes yeux, par rapport justement à la réalité historique. Il faut, et c’est notre volonté, restituer, rétablir le récit juif sur toute l’existence.


Moi, du haut de ma montagne judéenne, j’ai comme l’impression d’assister à un débat d’idées judéo-juif diasporique dont je ne serai que le prétexte…

Non, non. Cela ne concerne pas que la diaspora. Il en va du destin juif et non pas seulement d’Israël. Sur le plan de la réalité pratique, ce qu’il advient d’Israël a une influence directe sur les juifs dans le monde. Je vous rappelle que l’antisionisme frappe tout d’abord les juifs locaux, de toute part, depuis 50 ans. Nous ne sommes pas du tout dans cette logique " défendre Israël, le soutenir contre, etc…", non. Ce qui concerne Israël nous concerne directement. Par ailleurs, notre pétition, contrairement à Jcall est ouverte aux non-juifs, dans la mesure où tout ce qui concerne Israël est devenu un symbole qui draine d’autres questions, comme le rapport de l’Europe à l’Islam, au monde arabe. Je remarque que ce que vous dites-là, il fallait le dire à Jcall, il fallait le dire au mouvement La paix maintenant il y a trente ans qui, s’instituant le camp de la paix, a rejeté tout ce qui ne pensait pas comme lui dans le camp de la guerre, qui s’est adressé à New-York et Paris plutôt qu’à Dimona et à Tibériade. Il n’y a aucune raison que nous, qui représentons autre chose, nous nous résignons au silence. Je crois que ce temps-là est fini.

(*)Professeur à l’université Paris X-Nanterre, Shmuel Trigano est par ailleurs fondateur du Collège des Etudes juives de l’Alliance Israélite Universelle, co-fondateur avec Annie Kriegel de la revue d’études juives Pardès, fondateur également de l’Observatoire du monde juif, sans oublier, dernièrement, la revue Controverses, consacrée aux grands problèmes de notre temps. Par ailleurs, Il a notamment dirigé de grandes sommes collectives et internationales consacrées à l’histoire juive. Sa réflexion traverse plusieurs disciplines : la philosophie, la politologie, l’histoire, la sociologie, la religion, la psychanalyse, l’herméneutique.

(article publié le 31 mai 2010, sur israelvalley.com)

Photo : D.R.

Christophe Bigot : «L'Iran est une menace non seulement pour Israël mais pour tous les pays du Moyen-Orient, et même pour ses propres citoyens»

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31 Mai 2010
Christophe Bigot est ambassadeur de France en Israël depuis Septembre 2009. Il a été conseiller du ministre des Affaires étrangères sur les affaires du Moyen-Orient et a servi comme adjoint au précédent ambassadeur, de 2004 à 2007. «Si mon premier engagement était le fruit d’une décision diplomatique, ma prise de poste en tant qu’ambassadeur a été mon choix personnel », dit-il. «J'aime la complexité de ce pays et son intensité, et j'aime la chaleur du Moyen-Orient. La France a des liens étroits avec le peuple juif - nous avons eu des hauts et des bas. Je ne suis pas juif, mais il est facile d’avoir de l'affection pour ce pays, sans être juif », poursuit l’ambassadeur.

Comment vous sentez-vous lorsque vous voyez les non-Juifs en Israël… qui n'ont pas de droits, et pour lesquels il est presque impossible d'obtenir la citoyenneté?

C'est vrai, il ya des différences .... Je pense qu'il est impossible de ne pas tenir compte de l'objectif d'établissement cet Etat, conformément à la résolution des Nations Unies, qui a été de créer un foyer pour le peuple juif… en tant que Français, nous soutenons les droits humains partout, et ici aussi. Et cela fait partie de notre travail, ici, d'essayer de travailler sur toutes ces questions avec les partenaires israéliens.

Pensez-vous qu'un pays peut être un Etat juif et un État démocratique, en même temps?

… ce que je peux dire, c'est que ce pays a été capable d’accueillir des millions de Juifs, de créer et de maintenir des institutions démocratiques telles que la Cour suprême, la Knesset, ainsi que la liberté des médias avec beaucoup de succès… Parfois, ils se contredisent et cette contradiction peut se transformer en quelque chose d'efficace.

La France est-elle une démocratie stable?

Elle a été assez stable au cours des 60 dernières années. La démocratie est un combat quotidien, rien ne peut être tenu pour acquis. Nous ne sommes pas parfaits, nous avons nos défauts. Par exemple, celui de l'intégration des immigrants, en particulier dans les deuxième, troisième et quatrième générations. C'est un problème que nous avons à traiter.

Pensez-vous qu’Israël traite ses problèmes avec les étrangers de la bonne façon?

Ce n'est pas mon rôle de juger ni de donner des leçons au gouvernement israélien. Chaque pays a ses propres règles concernant les étrangers. Je peux simplement dire que la politique en France est moins restrictive.

Vous êtes sur le point d'adopter une loi qui interdit aux femmes de porter la burka en public. Certaines personnes considèrent que cette mesure est dirigée contre les musulmans.

Je sais qu'il ya des gens qui considèrent cela comme une question du droits des femmes - le fait qu’une famille et un mari ne devrait pas obliger une femme à porter la burka. Nous voyons cela comme un moyen d'intégrer les femmes musulmanes dans la société française, ce qui est un objectif important pour nous. La vérité est que la plupart des musulmans en France conviennent que le port de la burka est un comportement extrémiste qui ne caractérise pas les musulmans de France dans leur ensemble.

… Le journal britannique The Sunday Times a rapporté qu’Israël a posté en station trois sous-marins équipés de missiles nucléaires au large de la côte de l'Iran. La conduite d'Israël concernant l'Iran est-elle correcte?

Je n'ai pas d’informations à ce sujet, mais l'Iran est une menace non seulement pour Israël mais pour tous les pays du Moyen-Orient, les régimes qui soutiennent la non-prolifération nucléaire, et même pour ses propres citoyens. C'est pourquoi il est si important que la diplomatie soit très, très active sur ce problème et de trouver une solution pacifique à cette menace.

En d'autres termes, Israël ne doit pas envisager une action militaire?

En d'autres termes, je pense que les choses doivent se faire par l’intermédiaire de la communauté internationale, l'Organisation des Nations Unies et le Conseil de sécurité, parce que c'est la seule façon de donner une légitimité internationale à l'action. Et je pense que, jusqu'à présent, Israël a compris que c'est aussi dans son intérêt de trouver une solution par des moyens pacifiques…

(Entretien publié dans Haaretz du 31 mai 2010)

Photo : D.R.

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