Richard Prasquier

Ancien Président du CRIF

Le billet de Richard Prasquier - Grèves et manifestations : la France et Israël…

09 Mars 2023 | 174 vue(s)
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Actualité

A quelques jour de notre Convention Nationale j'ai répondu aux questions de Sara Mesnel pour L'Arche 

Comment les réseaux sociaux sont passés de l'effroi à la solidarité sans précédent avec les telavivim

Comment les réseaux sociaux sont passés de l'effroi à la solidarité sans précédent avec les telavivim

Les femmes, Daech et le Djihad
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19 Novembre 2015
Catégorie : Actualité

« Une femme retranchée dans l’appartement, qui a activé son gilet explosif au début de l’assaut, est morte »

Vendredi soir en l'espace de moins d'une heure, la France a connu le plus grave attentat jamais perpétré sur son territoire. En l’espace d’une trentaine de minutes, des terroristes ont attaqué la capitale à 7 endroits avec une minutie et une détermination macabres. 129 morts, 350 blessés dont 100 dans un état très grave. Les chiffres donnent le tournis. Moins de 48 heures après cette nuit d’horreur, n’en déplaise à certains, il est juste le temps de pleurer.

Des visages sur nos morts
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14 Novembre 2015
Catégorie : Actualité

Les réseaux sociaux se sont mobilisés pour retrouver les personnes portées disparues, ceux dont nous n’avions pas de nouvelles. Les Amis, les familles, les anonymes partagent descriptions, photos et espoir.

Portrait de Virginie Guedj-Bellaïche
#JeNaiPasPeur
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14 Octobre 2015
Catégorie : Actualité

8H30. Au moment où les employés de la mairie qui font la circulation rangent leurs gilets jaunes, dans les classes, les écoliers ouvrent livres et cahiers. Alors que les hommes sortent de l’office du matin, croisant ceux qui distribuent l’édition du jour du quotidien Israël Hayom, les lycéens patientent à l’arrêt de bus, smartphone en main. Si le rideau de fer des boutiques est encore fermé pour une demi-heure, le cafetier lui prépare déjà son 17e café afour. Voilà à quoi ressemble la vie matinale à Raanana, petite ville près de Tel-Aviv. Et puis hier, mardi, tout a basculé.

Je suis Israélien, je suis Charlie
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13 Octobre 2015
Catégorie : Actualité

Il est temps d'affirmer haut et fort que les islamistes veulent tuer des juifs !

Réaction suite à la nomination de l'Arabie Saoudite au Conseil des Droits de L'Homme.

L'Europe doit se mobilier pour le sort des réfugiés

Portrait de Olivier Rafowicz
Tel Aviv sur Seine
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12 Août 2015
Catégorie : Actualité

La ville blanche sera à l'honneur demain sur les berges de Paris Plage

Un bébé palestinien a été brûlé vif et ses parents ont été grièvement blessés vendredi lorsque des extremistes israéliens ont mis le feu à leur maison en Cisjordanie.
Un acte abominable , Israel doit prendre toutes les mesures nécessaires afin d'éliminer le terrorisme juif.
 

Iran's Ayatollahs were behind the bloody attack that hit the Jewish community center in Buenos Aires in 1994 that killed 84 and injured 230.

Portrait de Invité
Droit de réponse
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19 Juin 2015
Catégorie : Actualité

Hier Joel Amar nous a fait part de son analyse de la tribune d'A.B Yehoshua publiée dans Libération le 17 Juin dernier " Du bon usage du Boycott d'Israel".

Aujourd'hui, nous publions le " Droit de réponse " d' Alain Rozenkier, Président de " La Paix Maintenant"

Joel Amar analyse la tribune de l'écrivain A.B Yehoshua publiée hier dans Libération : " Du bon usage du Boycott d'Israel" 
Paru sur mediapicking.com

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Opinion
Portrait de Stéphanie Dassa
Documentaire Sauver Auschwitz
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23 Janvier 2017
Catégorie : Opinion

"Sauver Auschwitz ?" un documentaire diffusé le 24 janvier à 22h40 sur Arte 

Le boycott des produits israéliens (nous) glace le sang.

Le racisme qui frappe la communauté asiatique est insupportable.
 

Vouloir profiter de l'actuelle polémique pour assimiler les arrêtés anti-burkini à la Saint-Barthélemy et à la Shoah, c'est tomber dans l'indigne et le nauséabond 

A l'occasion de l'assemblée générale du Crif réunie le 29 mai 2016, j'ai prononcé mon discours de candidature.

Depuis des années, l’historien Marc Knobel a de salutaires obsessions et une puissante détermination. L’une de ses salutaires obsessions, sur laquelle il a beaucoup travaillé et mené de profondes recherches, est cette diffusion sans frontières, sans retenues et sans toujours grandes oppositions, des haines multi-formes qui s’entretiennent.

Pour comprendre cet accord entre l’Iran et les grandes puissances sous la direction stratégique des USA, il faut essayer de comprendre la nouvelle politique internationale de l’administration américaine

Eté 2014. Pendant 1 mois et 18 jours, Israël a vécu au rythme des alertes et d’une guerre qui ne dit pas son nom. Un an plus tard. Juillet 2015 : Que reste-t-il de ces jours d’angoisse ?

Le 23 juin dernier, l’Union des étudiants juifs de France a célébré son 70e anniversaire à l’Hôtel de Ville de Paris. Magie des réseaux sociaux, j’ai vécu à distance cette soirée avec enthousiasme et frustration. L’occasion pour moi de replonger dans mes années Uejf.

Comme chaque été, de nombreux juifs ont décidé de quitter la France pour s’installer en Israël. On parle de 8000 à 10 000 pour l’ensemble de l’année 2015. J’ai moi-même fait ce choix en 2013  et pourtant j’ai, plus que jamais, envie de parler de ceux qui restent. 

Dov Maimon rejoint les auteurs du Blog du Crif !

Ce dernier détaille ici les multiples racines de l’antisémitisme, qui a explosé en France à partir de l’année 2000 et la première « intifada ». Et qui s’est fortement aggravé tout au long de l’année dernière. Marc Knobel évoque notamment l’origine idéologique – soulignée et étudiée par le philosophe et chercheur Pierre-André Tagguief – d’un antisémitisme qui découle d’un antisionisme extrême, lui-même alimenté depuis longtemps par les tenants de l’islamisme radical. Extrême gauche et extrême droite française en passant par « Dieudonné and Co » sont aussi, historiquement et actuellement, parmi les premiers diffuseurs de la haine antisémite en France. Description et analyse en huit points.

Partout en France, des crayons, des stylos et des feutres ont été brandis, les seules armes du courage et de la liberté contre d'autres armes qui tuent, qui souillent, qui meurtrissent à tout jamais.

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C’est le 4 janvier que Yariv Levin, Ministre de la Justice, a annoncé son plan de refonte judiciaire et depuis le 7 janvier, chaque samedi soir des manifestations ont lieu en Israël. Les dernières ont eu lieu le 4 mars dans une quinzaine de villes et le nombre de manifestants à Tel Aviv était évalué à 160 000. 

Il y a eu aussi une grande manifestation à Jérusalem le 13 février, quand la réforme fut approuvée par la Commission des lois de la Knesset, et le 1er mars un jour national de perturbation (ההפרעה, hafraa, et non pas שביתה, chevita, mot habituel pour grève ; on n’épiloguera pas ici sur la préférence historique française pour la grève). Ce fut aussi le jour où Sarah Netanyahu fut bloquée chez le coiffeur par les manifestants, épisode considéré comme traumatisant pour les uns et pacifique pour les autres. Itamar Ben Gvir a revendiqué ce jour-là l’usage de grenades assourdissantes, que beaucoup ont jugées trop dangereuses, et a promis de ne pas laisser les « anarchistes brûler Tel Aviv ». Ces paroles cherchaient volontairement à durcir le conflit, comme celles du Premier ministre qui ont comparé les manifestations aux événements de Huwara et les déclarations de certains manifestants étaient également très dures. 

Une nouvelle journée de perturbation est prévue aujourd’hui jeudi 9 mars, alors que le Premier ministre doit s’envoler vers Rome. On ne compte pas les protestations contre le plan de réforme de la justice dont les plus spectaculaires sont celles des pilotes militaires de réserve.

L’espoir est que le discours d’alerte du président Herzog, reçu avec un certain scepticisme quand il fut prononcé, mais suivi de discussions discrètes et de propositions concrètes, puisse porter ses fruits. Le plan présenté par le Pr Friedmann et ses collègues semble avoir satisfait le ministre de la justice, à qui le Premier Ministre avait conseillé de mettre de l’eau dans son vin. 

Daniel Friedmann, aujourd’hui 85 ans, n’est pas n’importe qui. Récipiendaire du Prix d’Israël, il est  l’un des juristes les plus réputés du pays, et ses engagements politiques allaient vers le centre. Il reprochait  depuis longtemps  à la Cour Suprême ses tentations envahissantes dans le jeu des pouvoirs, ainsi que son mode de désignation des juges, qui d’après lui privilégiait l’entre-soi sur la compétence, mais il fustige la mesure clé de la réforme, le pouvoir judiciaire accordé à une majorité parlementaire à partir de 61 voix sur 120.

Il y a là les éléments d’un compromis raisonnable. Reste à savoir si des idéologues comme Simcha Rothman, l’architecte du projet de réforme, s’en contenteront et si Benjamin Netanyahu voudra et saura imposer une solution de bon sens qui permettrait à Israël de rester une démocratie. Lever cette hypothèque devrait importer, non seulement aux Israéliens, mais aux Juifs du monde entier et à leurs amis. On sait que ce n’est pas toujours le cas lorsque l’admiration pour le roi Bibi prévaut sur le reste ou que la ligne d’horizon est théocratique.

Les manifestations israéliennes et celles qui surviennent en France ont des correspondances frappants. Grève générale le 7 mars, faisant suite à celle du 31 janvier, avant celles prévues le 11 et le 15 mars. Ce sont, comme en Israël, mais pour des raisons complètement différentes, les plus grandes mobilisations depuis plus de 30 ans.  La réforme des retraites doit avoir dans l’opinion à peu près le même pourcentage de soutien -autour de 30%- que la réforme de la Cour Suprême en Israël…

Là s’arrêtent les analogies.

Au fond, pourquoi  des citoyens vont-ils manifester? En gros, pour des mobiles sécuritaires, identitaires, sociétaux ou socio-économiques….

Le mobile sécuritaire, c’est se défendre contre l’autre… En France, on a manifesté contre le terrorisme, mais depuis bien longtemps la guerre était le cadet de nos soucis, car nous ne voulions plus nous connaitre d’ennemis jusqu’à ce que M.Poutine nous rappelle que l’histoire est tragique. En Israël, où le spectre de la guerre plane au contraire sur chaque famille, un consensus  désabusé mais large existe sur la nécessité de préserver l’efficacité de l’armée  et de se méfier des concessions unilatérales. Le motif sécuritaire n’intervient paradoxalement pas dans les manifestations actuelles. 

En revanche, le motif identitaire s’est hissé au premier rang des préoccupations. En  France c’est le thème de l’immigration et de l’islamisme. En Israël,  c’est la place des minorités dans un Etat du peuple juif, la place de la loi civile par rapport à la loi religieuse, la définition de ce qu’est la démocratie, l’importance qu’on attache à sa préservation et, de façon qui devient de plus en plus clivante, la définition même de ce que c’est que d’être Juif.

Les sujets sociétaux, qui portent sur les relations entre les hommes et des hommes avec leur environnement, prennent eux aussi  de plus en plus de place. Si en Israël, les conflits écologiques restent au second plan, des thèmes comme l’homosexualité sont devenus symbole de liberté pour les uns et restent l’abomination pour les autres.

Il y a enfin le conflit socio-économique que l’abusive simplification marxiste a considéré comme le seul qui compte. Alors  qu’on le croyait presque disparu. Il réapparait avec force dans les manifestations contre la réforme des retraites en France, mais Il est absent des manifestations israéliennes, alors que dans ce pays, qui fut celui des kibboutz, la disparité des revenus est devenue considérable. Mieux encore, ce sont plutôt les privilégiés qui manifestent contre Netanyahu alors que le soutien au gouvernement est plus marqué chez les laissés pour compte  du régime capitaliste israélien. 

Le populisme permet ces miracles, mais ceux-ci se paient souvent en recherche de boucs émissaires…

Il reste une différence majeure. Quelle que soit la violence verbale de ceux qui parlent de mettre la France à genoux, ce conflit ne détruira pas le pays. Pour Israël, dont les ennemis scrutent les déchirements avec gourmandise, le risque existe.

Il faut espérer que les dirigeants politiques, et notamment ceux qui soufflent sur les braises, se rappelleront qu’il y a des victoires personnelles qui sont des défaites collectives et que la tradition considère que la haine entre les Juifs fut le préalable à la catastrophe…

 

Richard Prasquier, Président d'honneur du Crif 

 

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