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Publié le 27 Avril 2023

Le Crif en action - Le Crif ARA a reçu Georges Képénékian

Le lundi 24 avril, le Crif Auvergne Rhône-Alpes (ARA) recevait Georges Képénékian de retour d’un voyage en Arménie et dans le Haut-Karabagh.

Après une brève introduction du Président qui rappelle que le 24 avril commémore le début du génocide des Arméniens en 1915, Richard Zelmati rappelle l’importance de la cérémonie à laquelle il a participé dans l’après-midi, puis il retrace le parcours de son invité : urologue, ex-Maire de Lyon et acteur dynamique de la communauté arménienne à Lyon et en France, très tôt engagé pour la cause arménienne.

 

Gorges Képénékian a introduit son propos sur la communauté de destin et les liens historiques et diasporique, d’amitié étroite, qui rapprochent les Juifs et les Arméniens. Puis il a rendu hommage à Marc Aron, qui dès le début des années 1980, a œuvré pour ce rapprochement, croisant les deux histoires, avec leurs spécificités mais chacune en considérant qu’il y avait un socle commun rappelé lors des commémorations respectives de la Shoah et du Medz Yeghern.

 

 

Georges Képénékian a commencé son propos en retraçant l’histoire de l’Arménie. Un rappel utile pour saisir la dimension du génocide. Puis en quelques dates il a relaté l’historiographie de la mémoire du génocide arménien : 1965 les premières commémorations à travers le monde et à Lyon une marche avait été organisée ; 1967 se crée l’Union des étudiants arméniens d’Europe qui réfléchit au devenir de la Nation arménienne ; 1987 dans le contexte de la Perestroïka-Glasnost (transparence-dégel) amorcée par Gorbatchev la reconnaissance du génocide arménien devient une des clauses d’entrée dans l’Union européenne (UE). En 1991, l’URSS implose et la République démocratique d’Arménie est proclamée.

 

Dès lors, l’Arménie devient un enjeu stratégique et géopolitique, ce que Georges Képénékian a détaillé en insistant sur la géographie de cette région que l’on appelle le Caucase, espace charnière entre l’Europe et l’Asie qui est de ce fait une zone historique de conflits. Il a expliqué que l’Arménie avait été amputée de deux territoires peuplés majoritairement d’Arméniens, le Nakhitchevan et le Karabagh, ce qui a permis de comprendre les facteurs de la guerre qui a lieu depuis 2020. Ainsi Georges Képénékian a-t-il replacé la guerre du Haut-Karabagh dans la configuration mondiale exposant les intérêts russes, turcs, iraniens, israéliens, européens et chinois.  

 

De nombreuses questions ont été posées notamment sur la participation indirecte d’Israël dans ce conflit (armement et drones), ce qui a montré l’intérêt des auditeurs pour ce sujet exposé avec clarté, objectivité et humanité.