Jean Pierre Allali

Membre du Bureau Exécutif du CRIF, Jean-Pierre Allali préside la Commission des Relations avec les Syndicats, les ONG et le Monde Associatif.

Lectures de Jean-Pierre Allali - L'Odyssée de Simon d'Essaouira à Constantine, par Jean Nakache

18 Janvier 2023 | 195 vue(s)
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Opinion

Depuis des années, l’historien Marc Knobel a de salutaires obsessions et une puissante détermination. L’une de ses salutaires obsessions, sur laquelle il a beaucoup travaillé et mené de profondes recherches, est cette diffusion sans frontières, sans retenues et sans toujours grandes oppositions, des haines multi-formes qui s’entretiennent.

Pour comprendre cet accord entre l’Iran et les grandes puissances sous la direction stratégique des USA, il faut essayer de comprendre la nouvelle politique internationale de l’administration américaine

Eté 2014. Pendant 1 mois et 18 jours, Israël a vécu au rythme des alertes et d’une guerre qui ne dit pas son nom. Un an plus tard. Juillet 2015 : Que reste-t-il de ces jours d’angoisse ?

Le 23 juin dernier, l’Union des étudiants juifs de France a célébré son 70e anniversaire à l’Hôtel de Ville de Paris. Magie des réseaux sociaux, j’ai vécu à distance cette soirée avec enthousiasme et frustration. L’occasion pour moi de replonger dans mes années Uejf.

Comme chaque été, de nombreux juifs ont décidé de quitter la France pour s’installer en Israël. On parle de 8000 à 10 000 pour l’ensemble de l’année 2015. J’ai moi-même fait ce choix en 2013  et pourtant j’ai, plus que jamais, envie de parler de ceux qui restent. 

Dov Maimon rejoint les auteurs du Blog du Crif !

Ce dernier détaille ici les multiples racines de l’antisémitisme, qui a explosé en France à partir de l’année 2000 et la première « intifada ». Et qui s’est fortement aggravé tout au long de l’année dernière. Marc Knobel évoque notamment l’origine idéologique – soulignée et étudiée par le philosophe et chercheur Pierre-André Tagguief – d’un antisémitisme qui découle d’un antisionisme extrême, lui-même alimenté depuis longtemps par les tenants de l’islamisme radical. Extrême gauche et extrême droite française en passant par « Dieudonné and Co » sont aussi, historiquement et actuellement, parmi les premiers diffuseurs de la haine antisémite en France. Description et analyse en huit points.

Partout en France, des crayons, des stylos et des feutres ont été brandis, les seules armes du courage et de la liberté contre d'autres armes qui tuent, qui souillent, qui meurtrissent à tout jamais.

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L'Odyssée de Simon d'Essaouira à Constantine, par Jean Nakache (*)

Jean Ernest Nakache est né en 1936 à Constantine. Dans ce récit alerte et bien documenté, il nous raconte à la fois la vie palpitante de son arrière-grand-père maternel, Simon, né en 1855, et nous brosse un tableau très fouillé de la vie, à l’époque, au Maroc et en Algérie.

Tout commence à Essaouira, l’ancienne Mogador. Désireux d’exaucer le vœu que tous les Juifs formulent chaque année au cours du Seder de Pessah : « L’an prochain à Jérusalem », Simon décide d’entreprendre le long voyage qui doit le mener à la capitale de l’ancien Israël. Un voyage qui n’est pas sans risques pour un jeune Juif car il va falloir traverser des territoires soumis au statut infâmant de la dhimma.

Sa première étape est la ville d’Oujda, non loin de la frontière avec l’Algérie. Ici, comme ailleurs, plus tard, il trouve le gîte et le couvert chez le rabbin de la ville. Deuxième étape : Tlemcen, la cité protégée et bénie par le fameux Grand rabbin Ephraïm Aln’Kaoua (Enkaoua). C’est là qu’il prend connaissance d’un projet de pétition que les citoyens juifs d’Algérie envisagent de remettre à l’Empereur Louis Napoléon Bonaparte en vue d’obtenir collectivement la nationalité française. Au sein de la communauté les débats sont animés. Il y a les pour et les contre. Pour ceux qui y sont favorables, c’est une occasion inespérée de sortir du statut de la dhimma qui fait des Juifs en terre d’islam des citoyens de seconde zone. Ceux qui y sont opposés arguent du fait que l’acceptation entraînerait un abandon de certains aspects de la religion juive. À la synagogue, les rabbins et les dirigeants communautaires sollicitent l’avis de Simon, considéré comme un sage. Après Tlemcen, direction Oran, Wahrân, en calèche. Oran où il sympathisera avec David, le fils du rabbin. Leurs conversations refont l’histoire : les deys turcs et leurs terribles janissaires, la terrible Isabelle la Catholique. Pour aller d’Oran à Alger, Simon monte à bord d’un voilier. Escales à Arzew et Mostaganem. À bord, il sympathise avec Ruben, dit Robert, un Juif livournais. Les conversations, là aussi, sont animées. On parle de la fameuse gifle, du soufflet donné par le dey au consul de France sur fond d’une dette due à l’entreprise Bacri-Busnach, qui conduira à la conquête de l’Algérie par la France.

Alger la Blanche, enfin, avec sa Casbah lumineuse, la synagogue de la rue Bab Azoum, le quartier flambant neuf de Bab El Oued. Et toujours et encore, les discussions animées autour du projet de Napoléon et de la pétition. Notamment avec le « Dayan », président du Conseil rabbinique de Constantine. C’est d’ailleurs en compagnie de ce dernier que Simon embarque à bord d’un caboteur pour la suite de leur odyssée. Après Bejaïa, Djidjelli, Collo et Skikda alias Philippeville, nos amis rejoignent Constantine. Voici le rocher et les gorges du Rummel.

On évoque encore la scélératesse des deys et des beys, qui isolèrent les Juifs dans un quartier, la Hara (en turc, le lieu de refuge religieux) que les Juifs désigneront entre eux comme la Cacharah, les dix-sept jeunes filles juives enlevées et offertes au dey, les massacres perpétrés à Alger en 1830.

C’est à Constantine que Simon passera les fêtes de Pessah et c’est dans cette ville que « son regard est attiré par une belle jeune fille aux cheveux blonds et au yeux clairs ». Kamera ou Camille va changer le cours de sa vie. Sur fond de la visite impériale tant attendue, Simon va déclarer sa flamme et épouser la belle Kamera Nakache. Dès lors, il renonce à se rendre à Jérusalem.

Le 14 juillet 1865, le gouvernement français prend des décisions qui déçoivent un peu la communauté juive algérienne. Il faudra attendre le fameux décret Crémieux du 24 octobre 1870 pour que les Juifs d’Algérie deviennent des citoyens français à part entière.

De nombreuses illustrations agrémentent cet ouvrage d’une lecture captivante.

À découvrir !

 

Jean-Pierre Allali

 

(*) Éditions Luxe, Janvier 2023, 224 pages, 19,90 €. 
Le livre est disponible ici.