Jean Pierre Allali

Membre du Bureau Exécutif du CRIF, Jean-Pierre Allali préside la Commission des Relations avec les Syndicats, les ONG et le Monde Associatif.

Lectures de Jean-Pierre Allali - Parent 1-Parent 2 ? L’enjeu anthropologique

02 Novembre 2022 | 124 vue(s)
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Opinion

Pour comprendre cet accord entre l’Iran et les grandes puissances sous la direction stratégique des USA, il faut essayer de comprendre la nouvelle politique internationale de l’administration américaine

Eté 2014. Pendant 1 mois et 18 jours, Israël a vécu au rythme des alertes et d’une guerre qui ne dit pas son nom. Un an plus tard. Juillet 2015 : Que reste-t-il de ces jours d’angoisse ?

Le 23 juin dernier, l’Union des étudiants juifs de France a célébré son 70e anniversaire à l’Hôtel de Ville de Paris. Magie des réseaux sociaux, j’ai vécu à distance cette soirée avec enthousiasme et frustration. L’occasion pour moi de replonger dans mes années Uejf.

Comme chaque été, de nombreux juifs ont décidé de quitter la France pour s’installer en Israël. On parle de 8000 à 10 000 pour l’ensemble de l’année 2015. J’ai moi-même fait ce choix en 2013  et pourtant j’ai, plus que jamais, envie de parler de ceux qui restent. 

Dov Maimon rejoint les auteurs du Blog du Crif !

Ce dernier détaille ici les multiples racines de l’antisémitisme, qui a explosé en France à partir de l’année 2000 et la première « intifada ». Et qui s’est fortement aggravé tout au long de l’année dernière. Marc Knobel évoque notamment l’origine idéologique – soulignée et étudiée par le philosophe et chercheur Pierre-André Tagguief – d’un antisémitisme qui découle d’un antisionisme extrême, lui-même alimenté depuis longtemps par les tenants de l’islamisme radical. Extrême gauche et extrême droite française en passant par « Dieudonné and Co » sont aussi, historiquement et actuellement, parmi les premiers diffuseurs de la haine antisémite en France. Description et analyse en huit points.

Partout en France, des crayons, des stylos et des feutres ont été brandis, les seules armes du courage et de la liberté contre d'autres armes qui tuent, qui souillent, qui meurtrissent à tout jamais.

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Parent 1-Parent 2 ? L’enjeu anthropologique (*)

 

Nous vivons décidément une drôle d’époque ! Des concepts fondamentaux qui datent de plusieurs millénaires et qui ont fondé et maintenu la société en place de manière harmonieuse, sont remis en question sous la pression de groupes LGBTQIAI+ (lesbienne, gay, bisexuel, transgenre, en questionnement (queer), intersexuel, asexualité, pansexualité (polyamour) , etc…). Fini le triptyque père mère enfant, papa, maman et leur gentil bébé. Voici venu le temps de parent 1, parent 2 et...

Sous l’effet conjugué de la doctrine du genre et de l’avancée technologique en matière de procréation humaine, un véritable chamboulement se prépare. La PMA, procréation médicalement assistée et la GPA, gestation pour autrui, s’installent. Et même des pays comme Israël où les religieux continuent de détenir une importance politique et sociale considérable, la nouvelle mode prend corps.

Le numéro 66 de la revue Pardès que dirige Shmuel Trigano nous propose la réflexion sur ce sujet essentiel de 18 intellectuels de renom, réflexion qui reprend les attendus d’un colloque qui s’est tenu les 17 et 18 mai 2020 à Tel Aviv, sous l’égide de l’association Dialogia.

Dans son introduction, pertinemment intitulée « Trouble dans la parente », Shmuel Trigano rapporte quelques anecdotes édifiantes ont celle-ci : À Ribeirao près de San Paolo au Brésil, une grand-mère donne naissance à son petit-fils conçu avec le sperme de son fils. Marcelo, homosexuel, qui rêvait d’avoir un enfant, a fécondé in vitro sa propre mère, Valdira. L’imbroglio générationnel est gigantesque. En effet, comme Valdira, a fait un enfant à son propre fils, cet enfant sera le fils de sa mère et son propre fils à lui. Ce fils est en même temps son frère, tandis que lui, Marcelo, devient le père de son frère !

Les 18 intervenants examinent la question sous ses aspects idéologiques, juridiques et anthropologiques. Leurs avis sont parfois divergents. Nidra Poller évoque des lendemains qui chantent faux, le docteur Michaël Wigoda examine , rappelant la position actuelle du droit français, navigue entre le droit israélien et le droit hébraïque, Mikhaël Benadmon évoque un effondrement des tabous.

Viviane Chetrit-Vatine examine sur la base de cas réels, l’incidence de ces « parentalités contemporaines » sur le mental et la psychologie des enfants concernés.

Monette Vacquin et Jean-Pierre Winter s’inquiètent que sous prétexte de ne pas blesser ou offenser un mouvement issu de minorités dans les minorités, on en vienne à admettre que « le mariage est une discrimination légale contre les citoyens fondée sur leur orientation sexuelle ».

« Faut-il à présent que les mots d’homme et de femme disparaissent aussi ? ». Ou encore : « Les citoyens français, bercés par les discours soporifiques sur l’amour et la générosité, et bernés par de supposées expertises qui affirment qu’il ne se passe rien, ont-ils pris conscience de la violence archaïque à l’œuvre dans l’effacement du père, de la mère, et de la naissance dans les documents relatifs à l’établissement de notre identité ? »

« Et l’enfant ?» dans tout cela se demande Monique Liberman qui expose le cas de patients qu’elle a examinés. Pour elle, « C’est l’enfant à naître qu’on prive de ses droits fondamentaux d’avoir une mère et un père et qu’on empêche de disposer à la naissance des éléments indispensables à son développement physique et psychique harmonieux ». Conclusion : « Ma réponse de pédopsychiatre est clairement NON ». « J’exprime ma très ferme opposition à une éventuelle législation qui nierait le droit le plus fondamental d’un enfant à avoir un père et une mère ».

Daniel Sibony nous parle, lui, de la « loi du marché » et conclut : « La présence du père ne relève pas d’un catalogue de bonne conduite, de bons comportements ou de bonnes paroles, elle est de l’ordre de l’irrépétable qui est un de nos modes d’accès à l’être, en tant que l’être c’est l’infini des possibles, et que par là il croise l’ordre du divin ».

Un numéro tout simplement éblouissant !

Jean-Pierre Allali

(*) N°66 de la revue PARDÈS. Sous la direction de Shmuel Trigano. Éditions In Press. Février 2021. 254 pages. 23 €.