Tribune
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Publié le 13 Mars 2012

Israël : un matin incertain

Par Hélène Keller-Lind

 

Incertitude en ce matin du 13 mars 2012...Après un pilonnage effroyable du sud d'Israël depuis la Bande de Gaza par deux groupes terroristes gazaouis avec l'accord plein et entier du Hamas, on parle à la fois d'une trêve à laquelle Israël et les terroristes seraient parvenus grâce à l'Égypte mais aussi d'une possible entrée de Tsahal dans la Bande de Gaza... Avec l'Iran en toile de fond. Israël dénonce l'inaction de la communauté internationale.

Le 13 mars 2012 au matin, selon les médias israéliens, Israël et les groupes terroristes seraient parvenus à une trêve grâce à la médiation de l’Égypte. Hier, 12 mars, l'agence palestinienne Maan News rapportait les déclarations d'un membre du Hamas et du Conseil Législatif palestinien, Younis al-Astal. Il affirmait que l'Égypte aurait proposé de donner du fuel aux Gazaouis en échange d'un retour au calme. Fuel qui leur fait défaut depuis quelque temps, rendant le fonctionnement de la seule centrale électrique de la Bande de Gaza problématique. Le mois dernier cette centrale avait dû fermer trois fois et la production d'électricité devait être interrompue pendant 18 heures par jour. On sait qu'Israël fournit à la Bande de Gaza une partie de l'électricité dont elle à besoin, le reste étant produit, en principe, par cette centrale. Pendant toute une période, l'an dernier, la centrale n'avait pu fonctionner, l'Autorité palestinienne ne payant plus l'achat de fuel nécessaire. Aujourd'hui l'approvisionnement était remis en question par l'Égypte.

 

Une trêve interrompue par des tirs de roquettes, plus de 330 depuis vendredi 9 mars

 

La mise en place de cette trêve n'a pourtant rien d'évident. En effet, Tsahal rapporte que des tirs en provenance de Gaza ont continué. Ainsi, vers sept heures du matin, heure française, une roquette a touché le Conseil Régional d'Eshkol. Elle s'ajoute aux deux roquettes tombées dans la nuit. Et ce sont désormais plus de 330 roquettes ou missiles qui sont tombés en Israël depuis vendredi dernier, soumettant près d'un million de civils israéliens à une vague de terreur effroyable. Les écoles restant bien évidemment fermées pour le troisième jour consécutif.

 

Les porte-paroles des groupes terroristes - le Jihad islamique et les Comités de résistance palestiniens, suppôts de Téhéran - proclament qu'ils ne cesseront le feu que si Israël arrête ses frappes ciblées - contre les terroristes et leurs infrastructures, que celles-ci soient des dépôts de munitions, des fabriques d'armes, ou des rampes de lancement. Ces frappes sont naturellement qualifiées « d'agressions israéliennes ». Israël réclame la fin des tirs palestiniens, réaffirmant que tout tir terroriste provoquera une réplique.

 

Le Premier ministre israélien déclarait ce matin encore : « Tsahal attaque les terroristes de Gaza et nous attaquerons quiconque attaque nos citoyens ». Il a ajouté qu'une opération terrestre est envisagée, si la situation la justifie. De hauts gradés de l'armée se sont dits prêts à toute éventualité, y compris une offensive terrestre…

 

Scission interne dans la Bande de Gaza et rôle de l'Iran

 

Des dirigeants du Hamas et parmi eux, Mahmoud Al-Zahhar, s'étaient rendu au Caire pour s'efforcer de parvenir à une trêve. Le Hamas qui n'a rien fait pour empêcher les groupes islamistes d'attaquer Israël mais ne veut pas que la situation s'enflamme pour l'heure. Compte tenu de la situation en Syrie, les alliances bougent dans la région et les dirigeants de Gaza veulent attendre que les Frères musulmans prennent le pouvoir en Égypte après les élections présidentielles. http://www.crif.org/fr/tribune/terreur/30264

 

Une scission s'est mise en place dans la Bande de Gaza, avec, d'une part le Hamas, qui est au pouvoir et, d'autre part des groupes soutenus, armés et instrumentalisés par l'Iran, devenus plus populaires, comme cela apparaît clairement désormais. Ce qui s'inscrit, bien évidemment, dans la perspective d’éventuelles frappes israéliennes contre le nucléaire militaire iranien.

 

Israël dépose officiellement plainte auprès du Secrétaire général de l'ONU et dénonce le non respect de résolutions du Conseil de Sécurité

 

Par ailleurs, l’Ambassadeur Haim Waxman, vice-représentant permanent de la Mission permanente d'Israël aux Nations unies, a adressé une plainte officielle à Ban Ki-Moon, Secrétaire général de l'ONU, avec copie au Président du Conseil de Sécurité. Dans sa lettre il rappelle que les courriers précédant mettant en garde contre les dangers de l'inaction de la communauté internationale devant les attaques émanant de la Bande de Gaza étaient restés sans réponse. Bien que ces attaques menacent la paix et la stabilité dans la région.

 

L'Ambassadeur soulignait que le nombre de roquettes tirées prouve que « la contrebande d'armement sophistiqué que le régime iranien fait entrer dans la Bande de Gaza continue sans relâche. Chaque arme qui entre illégalement menace non seulement des civils israéliens, mais réduit les chances qu'a Gaza de construire un avenir prospère en transformant des communautés résidentielles en bases de lancement de roquettes. L'obligation qu'ont les États membres d'empêcher que se poursuive cette activité illégale est inscrite dans nombre de résolutions du Conseil de Sécurité des Nations unies, y compris la résolution 1860, mais la communauté internationale en fait peu de cas... »