Read in the news
|
Published on 31 January 2019

Europe - Allemagne : quand l’idéologie brune ressurgit au Parlement

Le 27 janvier, au Parlement régional de Bavière, les députés d’extrême droite ont quitté l’hémicycle lors de la commémoration de la libération du camp d’Auschwitz. Un éclat révélateur de la résurgence de l’antisémitisme en Allemagne, qui inquiète un grand quotidien de Munich.

Photo : Des membres de l’AfD quittent le parlement de Bavière pendant le discours de la rescapée de la Shoah et présidente de la communauté juive de Munich Charlotte Knobloch, le 23 janvier 2019 à Munich. Peter Kneffel/dpa

Publié le 30 janvier dans Courrier international

Plus jamais ça – tel est le message des journées de commémoration. Il n’est pas censé servir uniquement le jour des commémorations ni devenir une figure de rhétorique. Le 27 janvier n’est donc pas seulement une journée endeuillée par le retour sur le passé nazi, c’est aussi une journée empreinte d’inquiétude sur le présent. Plus jamais ça ? Mais ça recommence ! Ça dure encore.

La “journée à la mémoire des victimes du national-socialisme” commémore la libération du camp d’Auschwitz le 27 janvier 1945. Elle rappelle que le chemin conduisant à la Loi fondamentale [la Constitution allemande, adoptée le 8 mai 1949] passe par l’enfer des camps de concentration et qu’il est jonché de millions de personnes battues à mort, exécutées, gazées, torturées, anéanties. Elle rappelle que le genre humain a été privé de toute humanité et a plongé dans la bestialité sous l’impact des nationalismes [allusion à l’écrivain autrichien Franz Grillparzer, qui trace une ligne directe de l’humanité à la bestialité en passant par le conflit des nationalités au XIXe siècle]. Et elle nous inquiète, espérons-le, car le nationalisme est en train de terriblement resurgir.Des députés AfD dans tous les Parlements

Cette journée de commémoration rappelle qu’il existe actuellement un parti [Alternative pour l’Allemagne, AfD, extrême droite, 92 députés au Bundestag depuis les élections législatives de 2017] avec un électorat à plus de dix pourcents [12,6 %], dont le président [Alexander Gauland] qualifie la bestialité de “fiente d’oiseau” dans l’Histoire de l’Allemagne. 

Lire l'article en intégralité