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Cette amitié, elle ne cessera jamais ; elle dépasse les tensions passagères et conjoncturelles que nous pouvons connaitre. Dès qu’il s’agit des questions essentielles, de nos valeurs universelles comme des grands enjeux de la géopolitique, nos pays y font face ensemble.
Cependant, en tant que député français, je me dois de vous dire avec force que l’espionnage entre pays amis n’est pas acceptable. Il est intolérable qu’une agence de renseignement d’un si grand pays allié se comporte de cette façon envers la France.
Par ailleurs, ces activités mettent en exergue un double langage de la part de votre pays. Alors même que la NSA conduit un programme d’espionnage gigantesque à travers le monde, un homme est en prison depuis 26 ans. Son crime ? Avoir pratiqué cette même activité d’espionnage, dans laquelle vous êtes passé maitre, mais cette fois contre les États-Unis. Cet homme, c’est Jonathan Pollard. Citoyen américain, il a été un agent travaillant pour un des plus grands alliés des États-Unis, Israël. Cet homme a commis une faute. Une faute grave. Mais en passant 26 ans en prison, il a payé sa dette. Mais comment pouvez-vous d’un côté pratiquer l’espionnage à une si grande échelle et au plus haut niveau, et de l’autre condamner à mourir en prison un homme qui pratiquait cette même activité contre votre pays ?
Je sais que cinq Premiers ministres israéliens ont demandé vainement la grâce de Jonathan Pollard. Dans le contexte actuel, je pense qu’il est de mon devoir de vous supplier, pour des raisons humanitaires, parce que cet homme a payé sa dette, parce qu’il est très malade, de lui accorder une grâce. Ce serait un geste immense.
Veuillez recevoir, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments les plus respectueux.
Meyer Habib
Copie remise en mains propres à monsieur François Hollande, Président de la République française