Stéphanie Dassa

Directrice de projets

Blog du Crif - Les Pharisiens dans les Évangiles et dans l’Histoire, de Mireille Hadas-Lebel

23 Février 2021 | 503 vue(s)
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Actualité

Le judaïsme indien est assez méconnu en France. Pourtant, il est d'une implantation millénaire. Il y avait environ 35 000 Juifs aux Indes lors de la création de l'État d'Israël

Johnny est malade. Oui, le grand Johnny. Lundi, la fille de Johnny Hallyday avait annoncé que son père souffrait d'un cancer avant de crier au piratage de son compte. Ce mercredi soir, c'est finalement le chanteur lui-même qui prend soin d'envoyer un mot sur Twitter pour rassurer ces fans. Si on lui a dépisté « des cellules cancéreuses » pour lesquelles il est « traité », il assure être confiant sur son suivi. "Mes jours ne sont pas aujourd'hui en danger, rappelle L’Express du 9 mars.

Cela paraîtra peut-être étrange à certains de mes lecteurs, mais j’aime Johnny, j’aime son timbre de voix, j’aime aussi certaines de ces chansons, je suis presque, presque un fan.

Pourquoi dans cette affaire, est-ce Bensoussan qui seul est poursuivi en justice et non pas simultanément Smaïn Laacher ?

 
"La culture est ce qui a fait de l'homme autre chose qu'un accident de l'univers", déclarait André Malraux. C'est pour toutes ses vertus que la culture est grande et qu'elle reste et doit rester un rempart contre l'obscurantisme, le racisme, l'antisémitisme et l'homophobie. De chaque création artistique doit jaillir une lumière. C'est à cela que doit aspirer chacun de ceux qui ont le bonheur de pouvoir créer ou d'interpréter une oeuvre. 

 

"Le terrorisme et l'antisémitisme ont marqué cette année passée"

L’Amitié judéo-chrétienne de France - dont plusieurs militants du Crif sont membres du Comité Directeur - a tenu dimanche 29 janvier son Conseil national, l’occasion pour nous de donner quelques nouvelles du front du dialogue.

Je me suis exprimé sur les enjeux de l'élection présidentielle pour la communauté juive française.

Un livre de Victoria Klem

Suite au vote le 16 décembre 2016 du conseil municipal de Clermont-Ferrand au vœu présenté par les groupes communistes, Front de gauche et Europe écologie, vœu relatif au boycott des produits israéliens fabriqués dans « les territoires palestiniens occupés », le Maire de Clermont-Ferrand a fait paraître dans le journal local la Montagne un communiqué. La présidente du CRIF Auvergne-Rhône- Alpes lui répond…

Au lendemain des déclarations du ministre israélien de la défense, lundi 26 décembre, qualifiant la conférence de paix sur le Proche-Orient qui doit se tenir prochainement à Paris de nouveau « procès Dreyfus », le Crif a condamné des propos « maladroits ».

 
 
 

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Opinion

Fausses rumeurs, photos ou vidéos truquées… les fausses informations, ou fake news, inondent le net. La désinformation va parfois plus loin, prenant la forme de théories à l’apparence scientifique.

L'exposition CHAGALL, LISSITZKY, MALÉVITCH...L'AVANT-GARDE RUSSE À VITEBSK (1918-1922) est à découvrir juqu'au 16 juillet 2018 au Centre Pompidou.

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Le 1er février dernier, lors de son discours à la Conférence des Evêques de France suite à la remise de la déclaration de l’Eglise Catholique « Lutter ensemble contre l'antisémitisme et l'antijudaïsme sera la pierre de touche de toute fraternité réelle " le Grand Rabbin de France Haïm Korsia avait dans les mains le livre très récent de Mireille Hadas-Lebel, « Les pharisiens ». 

Si en 1973 l’Eglise de France déclarait « Il faut affirmer que la doctrine des pharisiens n’est pas l’opposé du christianisme » il n’en demeure pas moins que précisément les références fréquentes aux pharisiens dans la liturgie chrétienne restent particulièrement négatives et les catégorisent dans les ennemis de Jésus.  Et il y a une réelle complexité à porter encore aujourd’hui cette critique dans un face à face avec les successeurs des pharisiens qui ne sont autres que…les Juifs. « Doit-on diaboliser les pharisiens pour réaffirmer la grandeur de Jésus ? Je ne pense pas » commentait le 1er février dernier le chef spirituel des Juifs de France. C’est pourquoi ce livre sur les pharisiens est important et nécessaire, parce que ce nom de pharisien « est familier à tout chrétien ». 

La démarche de l’auteure, historienne de renom spécialiste de l’histoire du judaïsme dans le monde antique s’appuie sur une « perspective universitaire ni polémique ni apologétique » et vise à « replacer le discours des évangiles sur les pharisiens dans son cadre historique et civilisationnel.».

Vice –présidente de l’Amitié Judéo-Chrétienne de France, elle précise aussi que si son livre n’a pas « été dicté par son engagement (…) il en a été influencé». Pour cette vaste étude à la précision extrême elle s’est appuyée sur deux sources principales : Flavius Josèphe et les évangiles.

Divisé en deux larges partie, la première consacrée aux pharisiens dans l’Histoire, l’autre aux pharisiens dans les évangiles, l’étude érudite de Mireille Hadas-Lebel laisse apparaître qu’en définitive c’est des pharisiens dont Jésus était le plus proche. Ce groupe de Juifs exigeants, scrupuleux d’une observance stricte de la Torah n’était pas hypocrite ni mu par une fausse dévotion et Jésus n’a pas toujours ni systématiquement entretenu avec eux des rapports conflictuels.  Il s’avère que « son monde familier, celui où il évolue est le cercle des pharisiens ».  Les contestations qui émanent de Jésus à leur encontre porteraient plus sur l’application de préceptes halakhiques que sur des questions théologiques profondes comme celle de la résurrection. En ce sens Jésus était certainement plus proches des pharisiens que des sadducéens et probablement des esséniens. L’auteure pose tout de même cette question essentielle : « Si Jésus est si proche des pharisiens sur le plan de la doctrine, comment expliquer l’hostilité qu’il semble leur témoigner au point d’enfreindre, quand il s’agit d’eux, l’amour du prochain qu’il prône, un amour qui devrait aller jusqu’à son ennemi ? » Puis elle rappelle qu’« on ne soulignera jamais assez que les invectives sont propres au seul évangile de Matthieu, ce qui peut faire peser un doute sur l’authenticité de son témoignage ».

Voici une étude riche et savante, à la frontière et l’histoire et de l’exégèse qui lève un peu de cet épais mystère qui entoure la figure de Jésus et fouille par le menu les rapports qu’il entretenait avec ses coreligionnaires.

Un livre qu’on ne saurait que recommander et dont on espère que les conclusions toucheront les esprits et qui sait peut-être aideront à prolonger la révolution que l’Eglise a opéré voici déjà 56 ans.

Stéphanie Dassa

 

* Les Pharisiens dans les Evangiles et dans l’Histoire, Mireille Hadas-Lebel (Albin Michel, Février 2021, Édition brochée) 19.90 €