Tribune
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Published on 18 February 2005

Programme de session nationale de formation présenté par le Comité Episcopal des Evêques de France : Face aux nouvelles formes d’antisémitisme, comment être Chrétien ?

Les 29 et 30 janvier 2005, la session nationale de formation du Comité épiscopal des Evêques de France pour les relations avec le judaïsme s’est tenue à Lyon-Ecully, sur le thème suivant : « Face aux nouvelles formes d’antisémitisme, comment être Chrétien ? » Différents intervenants ont parlé de l’antisémitisme et différents sujets ont été abordés :



- Pierre Jérome Biscarat, chargé des programmes éducatifs à la maison d’Izieu : « Négationnisme et antisémitisme ».

- Monseigneur Francis Deniau, Monseigneur Gaston Poulain et le Père Patrick Desbois :
« Point de repère pour répondre à l’antisémitisme contemporain ».

- Marc Knobel, chercheur au CRIF, « Islamisme et antisémitisme ».

- Igal Palmor, diplomate : « Diplomatie et antisémitisme ».

- Monseigneur Benoît Rivière : « Convictions chrétiennes et responsabilités face à l’antisémitisme ».

- Robert S. Wistricht, universitaire : « Antisionisme et antisémitisme »


Nous reproduisons ci-après l’exposé de Marc Knobel, Chercheur au CRIF :

Monseigneur Francis Deniau,

Monseigneur Gaston Poulain,

Monseigneur Benoît Rivière,

Père Patrick Desbois,

Mesdames et Messieurs,

Avant que je ne commence mon exposé, permettez moi de saluer le programme de session nationale de formation de Lyon-Ecully : « Face aux nouvelles formes d’antisémitisme, comment être Chrétien ? »

Lorsque un ami qui m’est cher, le Père Patrick Desbois, est venu me présenter le programme de formation d’Ecully et m’a invité à y participer, j’ai tout de suite accepté de me joindre à vous. Je lui ai fait part de mon enthousiasme et de ma profonde reconnaissance.

J’ajoute que le Conseil Représentatif des Institutions Juives de France considère avec bienveillance cette session, parce que les thématiques que nous allons développées sont essentielles.

Voilà un thème pour le moins original, mais tout aussi bouleversant.

Personne ne doute que les Juifs ont dû affronter des torrents de boue et de haine, des fleuves de rage et d’incompréhension.

Rares en effet ont été les peuples qui ont dû faire face à tant d’adversité.

Je veux juste raconter cette anecdote : en 1942, quand le poète Juif Layser Aychenrand s’est échappé d’un train de déportés pour Auschwitz et est arrivé sans papiers à Annemasse, sur la frontière suisse, le douanier lui a demandé son âge. Il a répondu : « J’ai deux mille ans… »

Mais ce séminaire va dépasser l’étude strictement académique des multiples facettes et visages hybrides qu’offre l’antisémitisme. Il devrait être un questionnement permanent.

L’intitulé du séminaire interpelle : « comment être Chrétien face aux nouvelles formes d’antisémitisme ? » Audacieuse question qu’il aurait été impensable et incongru de poser il y a un siècle.

Cette question a pourtant aujourd’hui un sens et il vous appartient peut être et en toute conscience d’y répondre.

Les voies du dialogue s’ouvrent à nous et nombreux sont les Juifs et les Chrétiens qui veulent arpenter les routes de la fraternité et de la reconnaissance mutuelle.

Je fais partie de ceux et celles qui croient fermement que le temps de la haine est révolu. Juifs et Chrétiens ont à dessiner le contour de leur future relation. Je gage qu’elles soient fortes, respectueuses, empreintes de solennité et de confiance.

Les hommes de bonne volonté trouvent en eux la force de construire et en eux la quiétude et la paix.

C’est pour cela que je vous remercie d’être là.


Antisémitisme dans la sphère arabo-musulmane

Je vais maintenant développer le sujet que je dois traiter en votre compagnie. Le thème est difficile.

En accord avec le Père Patrick Desbois, j’ai donc préféré élargir sensiblement la problématique en m’appuyant sur des émissions transmises par des chaînes de télévision arabes. C’est ainsi que je pourrai-je pense- montrer qu’il peut exister des connexions entre les schèmes développés par ces quelques télévisions et d’anciens clichés et stéréotypes antisémites.

Pour traiter de ce sujet, j’évoquerai trois émissions récentes qui ont été diffusées par trois télévisions différentes et les actions qui ont été entreprises pour tenter de contrecarrer ou d’empêcher la diffusion de ces émissions. Ces affaires ont pu donner lieu à différentes polémiques que nous évoquerons.


1) « Cavalier sans monture », diffusé par Dream TV

Dès le début du mois de Ramadan de l’année 2002, un feuilleton de 41 épisodes -intitulé « Cavalier sans monture »- est diffusé (chaque soir), par la chaîne égyptienne privée Dream TV, chaîne contrôlée par Ahmed Bahgat, un important homme d’affaires égyptien. Des chaînes de télévisions égyptienne, marocaine, saoudienne ou libyenne acquièrent les droits de rediffusion de ce programme.

La série retrace le combat, au début du XXème siècle d’un Egyptien qui lutte contre l’occupation britannique au Moyen-Orient. Le héros est par ailleurs déterminé à révéler au monde l’existence d’un « complot juif contre la Palestine ». L’acteur principal (Mohammed Shofi) explique que le « travail artistique (de la série) ne fait que révéler les plans sionistes pour s’emparer de la Palestine. »

Le Pitch du programme est simple, puisqu’il s’agit d’une adaptation des Protocoles des Sages de Sion. Par exemple, une voix off affirme (en introduction du premier épisode) que « les sionistes ont acheté la conscience du monde avec leur argent. » Par ailleurs, Hala Sarhan, vice-président de Dream TV expose en ces termes la philosophie de cette série : « Bien sûr, ce que nous lisons dans les Protocoles parle d’une sorte de complot. Ils veulent le contrôle, ils veulent la domination. Je représente Monsieur tout le monde. Nous verrons bien si cela s’est réellement passé dans l’Histoire ou pas. »

Réaction de la presse internationale et des égyptiens :

Immédiatement, la presse (française et étrangère) dénonce la diffusion de cette série, mais la série n’est pas déprogrammée. Bien au contraire. Elle devient une « œuvre nationale » (pour ne pas dire une « cause nationale »), soutenue par une centaine d’intellectuels égyptiens, dont le président du syndicat des auteurs et celui des acteurs, le président du syndicat des avocats, l’hebdomadaire Al Ousbouh et le journal Al Hayat. Le ministre égyptien de l’Information Safaouat Al-Cherif estime même que « les passages du scénario (…) qui soulèvent un débat ne contiennent rien qui puisse être considéré comme antisémite. »

Seule, l’Organisation égyptienne des droits de l’homme condamne sa diffusion.

Diffusion en France :

Ce feuilleton était-il visible à l’époque, en France ? Non, à moins de s’équiper d’une grande parabole (1m80 de diamètre) permettant de capter les ondes du satellite égyptien Nilesat qui diffusait Dream TV. Mais, dans son bouquet numérique, le câble opérateur français Noos, propose le dimanche 15 décembre 2002 (à 23 heures), sur la chaîne publique égyptienne ESC1 (qu’elle diffuse), un épisode de la série.

Réaction du CRIF :

Le 12 novembre 2002, le CRIF écrit à l’ambassadeur d’Egypte en France pour lui demander de se faire l’interprète de son indignation auprès des autorités et des médias égyptiens et le CRIF écrit également au ministre des Affaires étrangères, Monsieur Dominique de Villepin, pour lui demander d’intervenir auprès des autorités égyptiennes.

Malheureusement force et de constater que les démarches que nous entreprîmes ne conduisirent pas les télévisions égyptiennes à déprogrammer cette série.


2) Le feuilleton Diaspora, diffusé par Al Manar :

A l’occasion du Ramadan 2003, Al Manar -qui est gérée par les milices chiites libanaises proches du Hezbollah- diffuse un feuilleton antisémite. Présenté comme une fresque allant de 1812 à 1948, le feuilleton « Diaspora » raconte à sa manière l’histoire du sionisme, tout en véhiculant la thèse d’un vaste complot : les Juifs tenteraient de contrôler le monde par le biais d'un gouvernement juif mondial secret dirigé par la famille Rothschild.


Les Juifs auraient notamment provoqué les événements suivants: l'embrasement du conflit russo-japonais, l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand à Sarajevo, le déclenchement des deux guerres mondiales ; le largage de la bombe atomique sur Hiroshima et Nagasaki. Les Juifs auraient en outre aidé Hitler à exterminer les Juifs d'Europe ; ils auraient collaboré avec les Nazis au massacre de 800 000 Juifs hongrois en échange de la libération de 2000 riches Juifs allemands. Ils seraient également responsables du renversement du tzar Nicolas II, de l'assassinat du tzar Alexandre III de Russie et de l'espionnage contre la France pour le compte de l'Allemagne pendant l’Affaire Dreyfus.


Ce programme montre notamment le meurtre rituel d'un enfant chrétien par des Juifs religieux et l'utilisation de son sang pour la confection de pain azyme.


Cyniques, les producteurs de cette saga, précisent, dans le générique, que « le contenu se base sur 250 sources toutes juives et nullement sur les Protocoles de Sages de Sion ». Ecrit par le syrien Fathallah Omar, professeur à l’université d’Alep (Syrie), « Diaspora » nécessite, selon l’homme d’affaires syrien Nabil Tohme, un budget de 2 millions de dollars.

Jusqu’au 17 décembre 2004, Al-Manar TV faisait partie d’un bouquet de chaînes arabes proposé par ARABSAT Elle était relayée dans le monde par neuf satellites dont le satellite HOTBIRD 4, qui appartient à la société française EUTELSAT. HOTBIRD 4 dessert près de 100 millions de foyers en Europe, en Afrique du Nord, et au Moyen-Orient. Et, en France, 2,6 millions de foyers ont une parabole orientée vers ce satellite. Seulement, comme seule l’audience des chaînes éditées dans notre pays est mesurée, il est impossible de savoir combien de foyers regardaient cette télévision. Une indication cependant : depuis le mois d’octobre 2002, Al Manar diffusait, à 21h30 temps universel, un journal d'informations en Français uniquement de 25mns environ.

Le CRIF influe pour alerter l’opinion publique :

Fort de l’expérience de Dream TV, le CRIF influe pour alerter l’opinion publique et les pouvoirs publics lorsque cette diffusion a lieu
.

En décembre 2003, le Président du CRIF adresse des cassettes de la série « Diaspora » au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, au Premier ministre, au garde des Sceaux et au ministre de la Culture.

Le 22 décembre 2003, Le ministre de la Justice précise que les émissions de la série « Diaspora » « paraissent tomber sur le coup des dispositions de l’article 24 alinéa 8 de la loi du 29 juillet 1881. » Le 26 décembre 2003, le procureur de la République indique qu’il requiert l’ouverture d’une enquête des chefs de provocation à la discrimination, à la haine et à la violence raciale, de diffamation raciale ainsi que sur le fondement de l’article 227-24 (pour les images) du code pénal.

Le 29 décembre 2003, le Premier ministre fait savoir que la cassette a été « immédiatement transmise au ministère de la culture et de la communication et au CSA afin que les mesures utiles puissent être prises. »

Le Premier ministre revient sur le sujet :

31 janvier 2004, lors du dîner annuel du CRIF
qui est organisé à Paris, l’hôte d’honneur de cette soirée, M. Jean-Pierre Raffarin, déclare à ce sujet:

« J'ai considéré de mon devoir, avec plusieurs de mes ministres, de prendre le temps de regarder ces images, insupportables à la vue, brûlantes au coeur, révoltantes à la raison. La scénarisation de la haine est de retour. Évidemment, notre réaction doit être sans complaisance sur la diffusion par quelque moyen que ce soit, et quelle que soit leur provenance, de documents à teneur antisémite ou raciste, ou appelant à la haine raciale ou religieuse. »

Le Premier ministre annonce par ailleurs que le Gouvernement proposera de nouvelles dispositions législatives qui permettront au CSA d'intenter une action devant le juge des référés administratifs pour faire cesser la diffusion d'une chaîne non conventionnée.

Le 12 juillet 2004, le CSA saisit le Conseil d’Etat d’une demande en référé tendant à ce qu’il soit ordonné à la société Eutelsat -qui diffuse Al Manar- de mettre fin sous astreinte à la diffusion du service de la télévision du Hezbollah. Le Conseil d’Etat, dans sa décision du 20 août 2004, prend acte du fait que certaines des émissions d’Al Manar portent atteinte à la loi sur l’interdiction de toute incitation à la haine ou à la violence pour des raisons de religion et de nationalité. Il demande à Al Manar, jusqu’au 1er octobre 2004, de se mettre en règle avec le CSA.

Le 21 septembre 2004, Al Manar remet au CSA un dossier complet de demande de conventionnement. Le 19 novembre, le CSA rend sa décision. Le CSA décide de conventionner la chaîne libanaise.

Cette autorisation permet donc à Al Manar d’émettre dans toute l’Europe.

En contrepartie, cette convention oblige cependant Al Manar à respecter des obligations déontologiques très détaillées. Il lui est ainsi interdit de présenter de « manière favorable des actions violentes à l’encontre des populations civiles, quelle que soir leur nationalité, ainsi que leurs auteurs ou les organisations qui revendiquent ou encouragent de telles actions. » Chose curieuse la convention est accompagnée d’une lettre du CSA qui avertit Al Manar qu’une partie de ses programmes ne sont pas compatibles avec… la convention.

Immédiatement, le CRIF réagit. Il estime que cette convention est une erreur et une faute. Rien -selon le CRIF- ne prédispose Al Manar à modifier ses programmes, ni sa ligne idéologique (qui fait constamment l’apologie du terrorisme et provoque à la haine raciale et à l’antisémitisme), ni l’engagement politique du Hezbollah. Le CRIF soutient qu’Al Manar profite de cette occasion pour continuer de diffuser des programmes inacceptables.

Au même moment, une opération de séduction est entreprise par Al Manar. Elle consiste à mettre en avant la présentatrice du journal télévisé en langue française, une française originaire de Bretagne, convertie à l’Islam. Il s’agit également de lifter les rares programmes en français ou en anglais de la chaîne. Par contre les programmes en langue arabe ne sont pas modifiés.

Enfin en août 2004, à Paris, un comité de vigilance est créé pour défendre Al Manar. Un communiqué de presse est publié, communiqué signé par les Amitiés islamo-chrétiennes, l’association des avocats arabes et européens, la Commission arabe des droits de l’homme, le Forum culturel arabe, l’Observatoire français des Droits de l’Homme, l’Institut tunisien des relations internationales et Justicia Universalis, association fondée par Me Ahmed Simozrag, un des avocats du FIS algérien. (A ce sujet voir l’article de Jean-Yves Camus, « Le CSA se prononcera le 30 novembre sur le sort d’Al Manar », Proche-Orient.info, 16 novembre 2004). Détail plus que troublant, ce comité était présidé par le Père Michel Lelong qui publia un article dans les colonnes du Monde (« Pour Al Manar, pour le dialogue », le vendredi 3 décembre 2004).

Très vite, une vive polémique s’engage et le conventionnement qui a été accordé à Al Manar devient une affaire politique et médiatique, lorsqu’il est dûment avéré que les programmes d’Al Manar contreviennent à la convention.

Par exemple, le 23 novembre, la chaîne diffuse une revue de presse : Un intervenant, présenté comme « un expert pour les affaires relatives à l’entité sioniste » parle :

« On a assisté, durant les dernières années, à des tentatives sionistes pour transmettre des maladies dangereuses à travers les exportations des pays arabes, comme le sida. Cet ennemi n’aura aucun scrupule à commettre des actes qui pourraient porter atteinte à la santé des citoyens arabes et musulmans. »

Finalement, le 7 décembre, le CSA engage « une procédure de sanction » contre la chaîne du Hezbollah, après de nouveaux manquements constatés sur son antenne et onze jours après l’avoir autorisée, le CSA réclame au Conseil d’Etat (pour la deuxième fois en six mois) l’interdiction de la télé du Hezbollah pour diffusion de propos antisémites.

Le 13 décembre, le Conseil d’Etat somme la société Eutelsat de faire cesser la diffusion d’Al Manar dans les 48 heures. Le Président du Conseil d’Etat constate qu’en « dépit des avertissements prodigués par le CSA », Al Manar « a continué (…) à éditer certaines émissions au contenu ouvertement contraire aux dispositions de l’article 15 de la loi du 30 septembre 1986, qui prohibent la diffusion de tout programme contenant une incitation à la haine ou à la violence pour des raisons de religion ou de nationalité. »

Le lendemain, Eutelsat annonce que la diffusion de la chaîne a cessé à 15 heures.


3) La série documentaire intitulée « Al-Sameri wa Al-Saher », sur Al-Alam Télévision

Au mois d’avril 2004, la série documentaire intitulée « Al-Sameri wa Al-Saher » est présentée par la chaîne de télévision iranienne en langue arabe, Al-Alam. Cette émission est diffusée en France et dans pratiquement toute l’Europe par Eutelsat via son satellite Hotbird3.

Le documentaire est sous titré en anglais. Plusieurs personnes -dont on ignore cependant le titre et la fonction- sont interviewées et s’expriment quelquefois en langue anglaise. Le commentaire est en langue arabe. Les personnes que l’on voit à l’écran parlent de l’influence des Juifs dans le cinéma et prétendent qu’Hollywood serait aux mains des Juifs. Grâce au cinéma ou à la télévision, les juifs entreraient dans les foyers du monde entier pour pervertir les esprits, par le biais du sexe, de l’argent, du mensonge et/ou du féminisme. Et par ce biais, ils tenteraient ainsi de dominer le monde.


Pour bien montrer de quoi nous parlons, nous allons maintenant citer de larges extraits d’Al-Sameri wa Al-Saher. Ces extraits ont été traduits par l'Institut de recherche médiatique du Moyen-Orient (MEMRI) qui explore le Moyen-Orient à travers les médias de la région.


Le mythe du meurtre de six millions de Juifs selon Al Alam

Le premier thème qui est développé dans ce documentaire porte sur la Shoah. Pendant que des images de guerre défilent à l’écran, le commentateur revient sur un film qui avait été tourné dans les années 60, « Opération Eichmann. » Selon Al Alam, ce film serait en fait un film de propagande pour taire d’éventuelles collaborations entre sionistes et nazis. Tout au long de ce commentaire, des propos négationnistes sont prononcés.


« Le plus grand film produit sur les conseils sionistes dans les années 60 est intitulé Opération Eichmann. Ce film venait compléter le mythe du meurtre de six millions de Juifs par les nazis.


Mais les producteurs du film n'ont pas mentionné la provocation qu'a représenté son procès, le 17 décembre 1961. En effet, voilà ce qu'Eichmann a dit de l'expulsion des Juifs allemands et de leur exécution:


Je ne faisais que suivre les ordres des sionistes. Ils m'ont demandé de rassembler les Juifs en un lieu donné du monde, en recourant à l'expulsion et au meurtre. D'abord, ils ont pensé à la Pologne, puis à Madagascar, mais pour finir ils ont choisi le Moyen-Orient. Si je suis coupable du prétendu meurtre de six millions de Juifs, alors les dirigeants sionistes sont bien plus coupables que moi. C'est parce qu'ils ont voulu réduire le monde au silence sous prétexte que s'ils étaient restés en Allemagne, ils auraient été tués. Parce qu'ils n'ont pas de pays, ils sont obligés d'occuper la terre des autres. Et c'est ce qu'ils ont fait. »


Les autorités sionistes ont vite fait de clore le procès pour éviter une agitation accrue. Elles ont pendu Adolf Eichmann en 1962, afin que les secrets de la collaboration entre les sionistes et les nazis ne soient pas dévoilés.

Les Juifs bénéficient du féminisme selon Al Alam

Dans ce second thème, Al Alam se penche sur le cinéma contemporain américain et Hollywood. Selon Al Alam, les Juifs auraient totalement investi le cinéma pour pervertir les esprits. Dans cet extrait, le commentateur indique que les Juifs encourageraient les femmes à se révolter ou à s’émanciper.


« L'intrigue du film [Funny Girl] a permis de mettre en scène l'affreuse actrice juive Barbra Streisand dans le rôle de Fanny Brice. Des films donnant une image positive des Juifs sont apparus au début des années 1980. Parmi eux se trouvait la troisième version de Jazz Singer, The Shout, sorti en 1981 et réalisé par Valentino, et le film Tootsie, sorti en 1982, dirigé par Sydney Pollack.


Le film Yentl que Barbara Streisand a produit et dans lequel elle interprète le rôle principal, sorti en 1983, traite du souhait des sionistes de bénéficier du féminisme, le nouveau mouvement de femmes.


Le fait d'avoir accordé à Driving Miss Daisy l'Oscar de la meilleure image en 1989 a renforcé cette tendance juive conservatrice. Le film DrivingMiss Daisy raconte l'histoire d'une vielle femme juive et de son chauffeur noir. Au début, la vielle femme déteste le chauffeur, mais elle finit par tisser des liens d'amitié avec lui.»


Le contrôle de la musique, du cinéma et des industries de l'Art par les Juifs selon Al Alam

Dans ce large extrait, le commentateur affirme que les Juifs détiendraient tous les leviers de pouvoir. Ainsi dirigeraient-ils les arts et la culture, la finance et le commerce, notamment. De fait, les extraits suivants reproduisent tous les poncifs antisémites de La France juive du pamphlétaire antisémite Edouard Drumont ou de journaux antisémites de la fin du XIXème siècle, des années 30 et de l’occupation, comme l’antijuif, La Libre Parole, Gringoire, Au Pilori ou Je suis Partout,


« Dr Mohammed Madad Bour, professeur d'université: « La musique moderne a été inventée par les chrétiens, mais les Juifs ont pris le contrôle de son industrie. Le cinéma a été inventé par les chrétiens – par Edison ou les frères Lormier, des Français – mais les Juifs ont [également] pris le contrôle de son industrie. Il en va de même de la peinture. La peinture moderne a été inventée par les chrétiens. Le message chrétien est très clair, mais les Juifs contrôlent toutes les expositions. Le marché de l'Art se trouve entre leurs mains.


Remarquez que de façon générale, ils n'ont jamais été créatifs. Voyez les usines: il ne s'y trouve pas de Juifs. En revanche, nous pouvons constater que la plupart des sociétés de gestion et de services en Occident et la plupart des banques sont tenues par des Juifs.


Ils ont écrit les règlements des droits de l'Homme, afin de pouvoir en faire ce qu'ils veulent. Ils ont œuvré pour détruire les lieux saints, pour rejeter la religion, les écoles de pensée religieuses et la morale. Ils ont suggéré dans leurs protocoles que les croyances de la population soient éradiquées, afin que celle-ci perde sa foi et devienne malléable par eux et prisonnière d'eux.»

La mondialisation revient à « judaïser le monde » selon Al Alam

Dans d’autres extraits, Al Alam accuse les Juifs de fomenter des révoltes sociales et d’encourager les mouvements altermondialistes ou à l’inverse d’encourager la globalisation de l’économie. Les deux figures traditionnelles de l’antisémitisme contemporain apparaissent donc en la figure du Juif révolutionnaire ou du juif capitaliste.


« L'un de leurs plans à court terme est la création de cet Etat sioniste. En effet, le plan israélien est un plan à court terme faisant partie d'un plan plus important de globalisation. Ils commencent à parler de mondialisation pour ensuite se mettre à judaïser le monde. Aujourd'hui, la compétition commerciale dans le cadre de la mondialisation économique ne fait aucun cas de la justice. Ceux qui luttent contre ce plan sont les non-Juifs. Les Juifs défendent la mondialisation dont souffrent les pauvres qui lui résistent.


Nader Taleb Zada, producteur : « Au 20ème siècle, nous avons assisté à la création d'une ou deux superpuissances, ou peut-être plus. Le cinéma a progressé afin de leur être profitable. Il était donc tout à fait normal qu'il tombe entre les mains des sionistes mondiaux, de l'impérialisme et des très riches, juifs pour la plupart, et bien sûr sionistes.»

Les Juifs utilisent les films pour répandre des fléaux selon Al Alam

Pour terminer, nous citerons quelques derniers extraits caractéristiques.


« Aujourd'hui, en se servant du cinéma, il est possible d'infiltrer tous les foyers et d'asservir les capacités et le pouvoir [des personnes]. »


Majed Shah Husseini, critique : « Aujourd'hui, de nombreux films présentent les mêmes concepts. L'une des méthodes consiste à présenter des concepts religieux par le biais de cinéma, selon une approche biblique, tels les concepts de Satan, du Jour du Jugement, de l'Enfer et du Paradis. Aujourd'hui, on les retrouve dans de nombreux films; je ne veux pas dire lesquels pour ne pas faire la promotion des films d'Hollywood. Mais il est évident que de nombreux spectateurs ont vu ces films. Un autre problème est que leur moralité est superficielle. Ils répandent la tolérance et le dédain de la moralité des autres nations, mais pas de la leur. Ils savent bien qu'en agissant de la sorte, ils propagent un fléau. Eux, bien sûr, s'en protègent, mais ils n'ont aucun scrupule à répandre ce fléau chez autrui, et peu leur importent les conséquences.


Ils ont aussi une position particulière en ce qui concerne la science fiction. Ils inventent continuellement des menaces imaginaires contre la Terre, où nous vivons en sécurité. Ils parlent de créatures étrangères, de ce qui se passe dans l'espace, de catastrophes métaphysiques qui interviendront [un jour] et affecteront nos vies. Le cinéma d'Hollywood, et dans une grande mesure les sociétés juives d'Hollywood, s'efforcent tant qu'elles peuvent, en usant de menaces extraterrestres, de donner une certaine image de la stabilité dans le monde.'


Dans [Independence Day], la première catastrophe a lieu en Irak. Ce qui signifie que cette force a assené le premier coup à un pays arabe et musulman. L'Amérique, en tant que représentant de la planète, doit donc agir contre cette menace venant de l'espace. C'est ainsi qu'ils font croire au spectateur que l'Amérique est le sauveur [du monde], qu'elle seule doit sauver le monde, et que les autres [pays] n'ont pas d'importance. »


« Matrix représente un point de rencontre entre Hollywood et le fondamentalisme juif sioniste. Avec Matrix, les frères Wachowski ont essayé d'embellir l'affreuse image de l'Etat d'Israël et de présenter la société sioniste comme une société dans un avenir utopique. L'intrigue de Matrix s'inspire des enseignements du Gush Emounim, composé de sionistes fondamentalistes. Le but des agents dans Matrix est d'arrêter le chef de la résistance, Morpheus, afin d'éliminer le mouvement de résistance sioniste en obtenant le code d'entrée de son réseau. Dans le film Matrix, Sion est considéré comme le seul sanctuaire et le centre de la résistance humaine du troisième millénaire. Le film suggère indirectement aux spectateurs que toutes les autres croyances et idéologies sont nulles et non avenues. C'est le racisme sioniste, qui veut tout pour lui et ne conçoit pas que les non-Juifs méritent aussi de vivre et de prospérer. Ce n'est là qu'une minuscule partie de la preuve des [objectifs] politiques, religieux et bibliques de Matrix.


Telles sont les façons des Juifs sionistes fondamentalistes; ils essaient de propager l'idée de la justice biblique et de reconstruire le saint Temple en utilisant les traditionnels extrémistes. Mais il reste tout de même des personnes dans le monde qui ne les laissent pas manœuvrer dans l'ombre. L'histoire montre que les peuples ne laissent pas les oppresseurs impunis. »

L’action du CRIF

Le 11 mai 2004, le CRIF informe le Président du CSA
du contenu de ce documentaire et lui adresse une copie de la série. Le ministre de la Culture et de la Communication est également joint et il est informé de la diffusion d’une émission dont le contenu antisémite est d’une rare violence.

Le CSA procède au visionnage de la cassette. Le 22 juin 2004, lors de son assemblée plénière, le CSA décide de saisir le procureur de la République, estimant que l’entité éditrice de la chaîne Al Alam est susceptible d’être pénalement sanctionnée sur le fondement des incriminations suivantes :

- la diffusion de contenus susceptibles de constituer l’infraction d’incitation à la haine raciale ;

- la diffusion de messages relevant de la contestation de crimes contre l’humanité.


Conclusion

A la suite de la décision du CSA d’interdire en France la diffusion d’Al-Manar, Roger Cukierman, président du CRIF, a saisi Mme Viviane Reding, commissaire européenne pour la société de l’information et les médias, afin de lui soumettre l’idée de la création d’un organe de régulation de l’audiovisuel à l’échelle de l’Union européenne. Cette initiative permettrait de mettre les Etats membres de l’Union à l’abri de propagandes terroristes, racistes ou antisémites. Mme Reding a informé Roger Cukierman que cette proposition serait examinée lors de la prochaine réunion du Comité composé des représentants des Etats membres, dans le cadre de la directive « télévision sans frontières ». Le groupe de haut niveau des régulateurs de l’audiovisuel européen sera également réuni sur ce thème.

Dans l’entretien qu’elle accorde au quotidien Le Monde, du 24 janvier 2005, Viviane Reding, commissaire européenne chargée de la société de l'information et des médias, revient sur le sujet : « La directive européenne Télévision sans frontières prévoit expressément, au nom de la subsidiarité, que c'est aux Etats d'agir. Al-Manar étant diffusée par Eutelstat, un opérateur français, c'était à la France d'intervenir. Ce qu'elle a fait, et très bien fait. En vertu du principe du pays d'origine, la décision française vaut pour les vingt-quatre autres pays de l'Union. »

Et de conclure très justement que « La directive Télévision sans frontières dit clairement que les émissions de télévision ne doivent pas inciter à la haine, au racisme, à la xénophobie et qu'il appartient aux Etats de faire respecter cette obligation. »

Mesdames et Messieurs,

Je vous remercie.

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