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Published on 6 May 2015

Caroline Fourest et son «Eloge du blasphème»

« Il y a peu de lectures aussi roboratives, stimulantes et immédiatement utilisables dans les combats qui nous sont imposés »
 

Par Bernard-Henri Lévy, publié dans la Règle du Jeu le 1er mai 2015
Voilà le livre à lire, toutes affaires cessantes, pour comprendre :
1. que Charlie Hebdo fut, et reste, plus respectueux des musulmans que les cons qui croient les honorer en tuant ;
2. que les provocateurs, les vrais, ne furent pas les auteurs des dessins mais ceux qui s’en emparèrent pour, en les mettant sous le nez des fidèles qui ne les auraient, sinon, pas vus, monter des manifestations servant, ici, à faire oublier leurs propres forfaits ; là, à décrocher la palme du vrai grand défenseur du Prophète ; là, à exercer une opportune pression dans telle négociation internationale, par exemple sur le nucléaire ;
3. que la une d’après la tuerie montrant un Mahomet larme à l’œil et titrant «Tout est pardonné» était la une la plus douce, la plus élégante, la plus pacificatrice qui soit et que ceux qui prétendirent le contraire furent des incendiaires des âmes et des salauds ;
4. que ceux qui ont osé dire Charlie « l’a bien cherché » sont comme ces beaufs qui, quand une femme se fait violer, disent : « sa jupe était trop courte » ;
5. que les anti-Charlie forment un vaste parti où l’on trouve Le Pen (qui voit, dans l’affaire, la main des « Services secrets »), Tariq Ramadan (qui trouve que Charb et Wolinski étaient « des lâches »), Siné (qui n’a jamais eu « peur d’avouer », comme sur la radio Carbone 14 après l’attentat de la rue des Rosiers, qu’il « est antisémite » et veut « que chaque juif vive dans la peur »), les « Indivisibles » (cette secte, dite de gauche, qui, après avoir donné raison à Ben Laden estimant, en 2010, qu’il était « en droit » de répondre à l’interdiction de la burqa en France par des décapitations au Pakistan, estime que le problème ce n’est pas les attaques terroristes mais le «climat » d’islamophobie qui les explique) et les bon gros munichois de toujours (qui sont juste, en la circonstance, partisans d’une sainte alliance des religions) ;
6. qu’en s’en tenant à cette position de prétendue sagesse et d’apaisement, en jurant ses grands dieux que jamais, au grand jamais, l’on ne touchera au tabou du voisin, l’on oublie juste ce détail que le tabou de l’un est presque toujours un blasphème pour l’autre et que c’est en le sacralisant qu’on lance le grand carrousel des violences meurtrières et mimétiques ;
7. que l’appel au meurtre des personnes est un crime, mais que rire de leur foi est un droit… Lire l’intégralité
Source: http://laregledujeu.org/bhl/2015/05/01/caroline-fourest-et-son-eloge-du-blaspheme/

 

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