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Published on 17 June 2019

Crif/Mémoire - Inauguration de l'exposition de Charles Goldstein : Cent peintures contre la barbarie

Dimanche 16 juin avait lieu le vernissage de l'exposition de Charles Goldstein sur le thème "Cent peintures contre la barbarie". Le président du Crif Francis Kalifat a assisté à l'inauguration en présence du Ministre de la Culture, Franck Riester. Charles Goldstein est membre du comité directeur du Crif et Président du CCJ 78.

L'exposition de Charles Goldstein sur le thème "Cent peintures contre la barbarie" a attiré de nombreuses personnalités officielles dimanche 16 juin, lors de son inauguration à Melun.

Notamment le ministre de la Culture Franck Riester, le maire de la ville de Melun, Louis Vogel, madame la préfète de Seine-et-Marne, Béatrice Abollivier et le président du Crif, Francis Kalifat. Benjamin Allouche, membre du bureau exécutif du Crif, Véronique Harari du Crif, directrice des Amis du Crif ainsi qu'Ariel Goldman, président du FSJU et Joel Mergui, président du Consistoire en France étaient également présents. 

À l'occasion de l'inauguration de l'exposition, le Ministre de la Culture Franck Riester a décerné le grade de Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres à Charles Goldstein.

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Charles Goldstein est un artiste peintre et un homme engagé, pour la Ville de Melun et au sein de la communauté juive. L'antisémitisme est un sujet qui le touche tout particulièrement.

Rescapé de la Shoah, ce dernier exprime son besoin de témoigner à travers l'art. Un devoir de mémoire qu'il associe à son appétit culturel et à son talent pour la peinture.

 

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Charles Goldstein, peindre pour ne pas oublier, sur Actu.fr

Cent peintures contre la barbarie. C'est le thème de l'exposition de Charles Goldstein qui sera présentée à l'espace Saint-Jean jusqu'au 7 septembre.

Sarah Halimi. Mireille Knoll. Et toutes les victimes de l’antisémitisme. Ou plutôt « toutes les victimes des barbaries, au pluriel, y compris celle qui a provoqué la disparition de 6 millions des miens. » Ce sont à elles que l’artiste peintre melunais, Charles Goldstein, dédie sa prochaine exposition qui se déroulera à Melun du 19 juin au 7 septembre. Après, New York, Washington et différentes parties de l’Europe, c’est à l’Espace Saint-Jean que ce dernier présente une centaine de ses œuvres.

Une vie entière consacrée à la peinture. Déjà Chevalier de la Légion d’honneur en 2005, Charles Goldstein se verra décerner le grade de Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres par Franck Riester, le ministre de la Culture, lors du vernissage, le 16 juin prochain. « C’est la troisième décoration française, j’avoue qu’elle me va droit au cœur, déclare l’artiste. Je la considère comme la reconnaissance de mon travail et de mon implication dans la vie culturelle. »

L’abstrait pour décrire l’horreur

Responsable des affaires culturelles de la ville de Melun pendant 31 ans, ce rescapé de la Shoah peint comme il respire et ce, depuis 65 ans. « Même pendant mon service militaire en Algérie, dans la poche de mon treillis, je gardais un carnet de dessins », se souvient-il.

À l’époque, Charles Goldstein trempait dans le figuratif. Ce n’est que quelques années plus tard que l’abstrait devient une nécessité. Il raconte :

« En 1997, j’ai perdu mon frère. Avec son décès, j’ai fini par me poser la question de la réappropriation mémorielle. Depuis, je travaille sur la mémoire des miens, ces membres de ma famille victimes du nazisme. Mais avec le figuratif, j’avais la sensation de faire de la bande dessinée. Le figuratif, c’est l’instant « T ». Pour aller plus loin, il fallait passer à l’abstraction. »

Alors, dans le fouillis de son atelier, quelque 600 toiles aux couleurs à la fois sombres et vives. Certaines chargées de matières, d’autres plus épurées. Près de la fenêtre, des javelots de lumière font apparaître les reliefs d’un tableau intitulé « Montée des profondeurs », un titre emprunté au poète Ytshak Katzenelson, gazé à Auschwitz en 1944. Une œuvre puissante et chargée de symboles, fraîche d’un mois seulement.

« Cette toile me marque et me fait mal, commente Charles Goldstein. J’y vois un crématoire avec une famille dedans. »

Rescapé de la Shoah

Et d’ajouter : « Il ne faut pas se cantonner à une réaction purement plastique, ma peinture demande des explications ».

Pour être pleinement appréciées, certaines œuvres nécessitent une connaissance sur le parcours du peintre. Né en France en 1937, Charles Goldstein n’a jamais connu la Pologne natale de ses parents.

Ces derniers sont arrivés de Wisznice, afin d’échapper aux pogroms.

« Nous vivions dans le Lot et, en 1944, les blindés de l’armée allemande ont cerné le village et raflé les juifs. J’ai été sauvé par un Juste parmi les nations qui m’a caché dans sa ferme. De nombreux membres de ma famille ont été massacrés à Auschwitz ou fusillés sur la place du village. »

Heureusement, la vie de Charles Goldstein n’est pas faite que de drames. Il y a aussi les belles rencontres, déterminantes même. À commencer par un professeur de Jacques-Amyot.

« Il s’appelait Monsieur Lemaître. Nous avions une heure de dessin par semaine, il avait trouvé que j’étais doué. Cela avait été le premier déclic. »

Sans oublier Marc Chagall que Charles Goldstein considère « comme un Dieu ». « J’avais 16 ans quand je suis allé frapper à sa porte, à Saint-Paul de Vence. Je n’avais rien dans les mains, rien à lui montrer, simplement lui dire toute mon admiration. Pendant trois heures, je l’ai regardé travailler dans son atelier. Cela a boosté ma vocation. »

Et puis, il y a eu le réalisateur Jorge Semprùn mais aussi Roger-Calixte Poupart, un peintre de Vaux-le-Pénil. « On a beaucoup parlé peinture ensemble. Il m’a appris la sincérité, la rigueur. »

« Une mémoire périssable »

Alors, ce qui pousse Charles Goldstein à continuer aujourd’hui ? Le besoin de témoigner.

« C’est fou comme l’Histoire ne nous apprend rien. La mémoire est périssable au contact du quotidien. J’ai décidé que je ne quitterai pas mon thème tant que les massacres continueront. C’est important de témoigner. Des rescapés d’Auschwitz continuent de raconter leur histoire dans les lycées. Encore aujourd’hui, cela paraît essentiel. »

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