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Published on 2 October 2019

Iran - Pour le chef des Gardiens de la Révolution, détruire Israël est "un but à portée de main"

La destruction d'Israël "n'est plus un rêve mais un but à portée de main", a déclaré lundi le général de division Hossein Salami, commandant en chef des Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique d'Iran.

Publié le 30 septembre dans Le Point

Au terme des 40 premières années "de la Révolution islamique, nous sommes parvenus à atteindre la capacité pour détruire le régime sioniste imposteur", a déclaré le général Salami, cité par Sepahnews, le site officiel des Gardiens.

"Dans la deuxième phase (de la Révolution), ce régime sinistre doit être éliminé de la carte et ceci n'est plus un idéal ou un rêve, mais un but à portée de main", a-t-il ajouté.

L'officier a tenu ces propos à Téhéran lors d'une réunion biennale des commandants des Gardiens, alors que nombre d'observateurs redoutent que l'escalade des tensions entre Téhéran d'un côté et Washington et ses alliés de l'autre ne dégénère en un drame susceptible d'embraser le Proche et le Moyen-Orient.

Ses déclarations sur Israël ont été reprises en titre par les agences Tasnim et Fars, proches des ultraconservateurs.

L'agence officielle iranienne Irna les a également rapportées, mais dans le corps d'une dépêche titrée "Les ennemis souffrent d'un affaiblissement irréversible". Irna a mis davantage l'accent sur les propos du général selon lesquels en dépit de l'"hostilité" à son égard, l'Iran ne cesse de gagner en puissance et finira par triompher de ses adversaires.

Le discours du chef des Gardiens a été prononcé alors que les juifs, en Israël et ailleurs, célèbrent depuis dimanche Roch Hachanah, le Nouvel An juif.

"Bonne année"

Sur Twitter, le porte-parole des Affaires étrangères iraniennes, Abbas Moussavi, a souhaité une "bonne année à [ses] compatriotes juifs et à tous les vrais disciples du grand prophète Moïse".

Ecrit en persan, en anglais et en hébreu, le message est accompagné du mot-dièse #ShanahTovah ("Bonne année" en hébreu).

L'Iran ne compterait plus aujourd'hui que quelques milliers de juifs --installés principalement à Téhéran, Ispahan (centre) et Chiraz (Sud) --contre entre 80.000 et 100.000 avant la Révolution islamique.

L'hostilité affichée de la République islamique à l'égard de l'Etat juif est une constante de la politique iranienne depuis la révolution de 1979.

Téhéran soutient ouvertement des groupes armés palestiniens comme le Hamas ou le Jihad islamique, ainsi que le Hezbollah libanais, ennemi d'Israël à sa frontière nord.

Le discours anti-israélien de l'Iran s'est exprimé de manière particulièrement virulente pendant les huit années de la présidence du populiste ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad.

Celui-ci avait suscité une vague d'opprobre internationale après avoir déclaré qu'Israël était voué à "disparaître de la carte" ou encore que la Shoah était un "mythe".

Si certains généraux iraniens affirment régulièrement souhaiter la destruction d'Israël, ou avoir la capacité d'anéantir la ville de Tel-Aviv, le gouvernement iranien a pris ses distances avec l'attitude de M. Ahmadinejad, depuis l'élection du président Hassan Rohani en 2013.

Cette année-là, le nouveau ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif (aujourd'hui qualifié de "terroriste" par Washington) avait adressé aux juifs ses voeux à l'occasion de Roch Hachanah.

"Tumeur cancéreuse maligne"

L'Iran n'a "jamais nié" la Shoah, avait-il écrit sur Twitter : "L'homme qui était perçu comme un négationniste est parti. Bonne année".

En juin 2018, le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, avait réaffirmé la "position" ancienne de Téhéran selon laquelle Israël est pour le Moyen-Orient "une tumeur cancéreuse maligne qui doit être enlevée et éradiquée".

Si M. Khamenei avait jugé "exagérées", en 2001, "les statistiques sur le massacre des juifs" pendant la deuxième guerre mondiale, le discours officiel iranien précise depuis quelques années que l'Etat hébreu cessera d'exister (d'ici à 2040 selon une prophétie du Guide) à cause de sa propre "arrogance" et non du fait d'une attaque de l'Iran.

En juin dernier, M. Khamenei avait déclaré que la République islamique, contrairement à Nasser (à la tête de l'Egypte de 1954 à 1970), n'avait jamais appelé "à jeter les juifs à la mer".

M. Khamenei avait alors rappelé la proposition iranienne pour résoudre le conflit israélo-palestinien par un "référendum" ouvert aux "musulmans, chrétiens et juifs de Palestine ainsi [qu'aux] réfugiés" palestiniens.

 

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