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Published on 26 March 2020

Interview Crif - La mobilisation du Casip face à la crise sanitaire avec Karene Fredj, directrice du Casip-Cojasor

En cette période d'urgence sanitaire, tandis que les mesures de confinement sont de plus en plus strictes, les associations qui viennent en aide aux personnes âgées, fragiles ou en situation de précarité sont énormément mobilisées. Parmi elles, le Casip-Cojasor dont l'action sociale essentielle se poursuit, notamment en accompagnant des centaines de familles et personnes âgées au quotidien. Aujourd'hui, nous interrogeons Karene Fredj, Directrice Générale de la Fondation Casip-Cojasor.

Par son action sociale, le Casip-Cojasor accompagne les familles et les personnes âgées les plus démunies ou en carence de lien social sur toute l’Ile de France et intervient, en particulier, dans les domaines de la santé, de l’hébergement, de l’alimentation et de l’habillement.

Le Casip permet notamment l’accès aux soins et à la santé pour les personnes en situation de précarité. 

Pour garantir la continuité des services sociaux, une permanence téléphonique est maintenue pour répondre à toutes les urgences sociales durant cette période totalement inédite.

 

Crif : La France est désormais en état d'urgence sanitaire. Les mesures de confinement sont de plus en plus strictes. Les personnes que vous aidez habituellement ont davantage besoin de vous. Comment parvenez-vous à continuer votre action sociale dans ces circonstances ? 

Karene Fredj : Je tiens avant tout à préciser que toutes les structures médico-sociales comme celles qui sont gérées par la Fondation Casip-Cojasor, se préparent à ce type de crise en établissant en amont, et cela depuis la grande crise liée à la canicule de 2003, des plans dits « plans bleus » dans lesquels sont évalués les risques et qui prévoient des scénarii pour permettre la continuité de l’activité. Le 6 mars 2020, nous avons reçu la directive « d’activer nos plans bleus », car le stade 2 de l’épidémie avait été décidé. Concrètement nous nous sommes préparés à faire face à une baisse d’effectifs pouvant atteindre 20%. Dans ce cas, nous réorganisons le travail avec le personnel présent. A ce jour, dans les EHPAD, nous réussissons à remplacer le personnel absent et avons même renforcé certaines équipes.

Au niveau des services sociaux nous maintenons la permanence téléphonique, qui a été « délocalisé » au domicile de certaines personnes. Les travailleurs sociaux assurent leurs missions en télé travail. Ils appellent toutes les personnes suivies afin de s’assurer de leur conditions de vie.

Sur la partie livraison de repas, il se poursuit évidement et doit même répondre à des demandes croissantes car certaines personnes qui avaient prévu de partir dans leur famille pour les fêtes se retrouvent seules à Paris. Nous avons mis en place des mesures barrières pour chacun de nos livreurs.

Enfin notre action sociale se poursuit également grâce à la mobilisation de nos donateurs que nous remercions pour le constant soutien.

 

Crif : Combien de personnes sont mobilisées au quotidien ? S'agit-il de bénévoles ?

Karene Fredj : Toutes nos équipes professionnelles sont extraordinaires et mobilisées pour faire face à cette crise sans précédent. La fondation Casip-Cojasor emploie plus de 500 professionnels dont 70% interviennent dans les établissements médico-sociaux. Nous pouvons souligner l’engagement de tous soignants, éducateurs, travailleurs sociaux, agents logistiques, chefs de services, administratifs, directeurs et directrices qui accompagnent les personnes au jour le jour, jour après jour surtout dans un contexte aussi difficile et complexe. Et pour reprendre les mots d’un de nos médecin hospitalisé à ses équipes « qui ont la grandeur d’âme de s’investir dans ce type de job ».

Le service social, le service dédié aux survivants de la shoah et le service chargé des livraisons de repas représentent une centaine de personnes. Et depuis le début de la crise, nous avons renforcé les équipes avec des bénévoles qui sont une cinquantaine pour aider à appeler toutes les personnes âgées – les survivants de la Shoah, les personnes qui fréquentent la maison des seniors etc … afin de recenser les besoins.

Nous appelons aussi à la solidarité des voisins pour parrainer une personnes seule.

 

Crif : La Fondation Casip-Cojasor gère quatre établissements pour personnes âgées dépendantes (EHPAD). Nous savons que ce sont des personnes très fragiles et sensibles au virus. Quelles mesures ont été mises en place ?

Karene Fredj : Dans tous nos établissements nous avons mis en place les mesures barrières dès le début de la crise sanitaire en janvier pour protéger nos usagers et nos équipes. Mesures renforcées avec des restrictions drastiques au niveau des visites des personnes extérieures aux établissements. Cette mesure est très dure pour les résidents mais aussi pour les familles dont nous comprenons l’inquiétude. Elles sont motivées par la nécessité de protéger une population déjà fragilisée par l’âge et la dépendance et qui présente des formes particulièrement sévères du covid-19.

Les dernières mesures ont été de maintenir dans leur chambres les résidents et de suspendre toute activité collective.

Afin de maintenir un lien indispensable avec les familles nous avons mis en place une communication régulière entre les équipes et les familles et nous avons mis un système de visioconférence via Team. Des rendez-vous sont pris sur des créneaux horaires et les familles peuvent discuter « de visu » avec leur parent.

 

Crif : Quelle est la priorité à l'heure actuelle pour le Casip ?

Karene Fredj : A l’heure actuelle, la priorité pour le Casip est d’éviter la propagation du virus au sein de nos structures et de protéger nos professionnels afin qu’ils puissent poursuivre leur mission.

La deuxième priorité est de nous assurer que chaque personne isolée au domicile dispose du minimum vital : médicaments, repas, visite médicale si besoin.

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