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Published on 26 July 2021

France - Déportés : témoigner pour transmettre une mémoire collective

A l'heure où les survivants de la Shoah nous quittent, l'urgence de la transmission de leur mémoire est d'autant plus vivace. Peut-on transmettre l'histoire de la déportation sans témoins ? Comment porte-t-on un passé aussi lourd ? Comment faire œuvre de "passeur de mémoire" ?

Photo : Esther Senot, rescapée de Birkenau, Bergen-Belsen, Mauthausen et de la marche de la mort, aux côtés de Jeanne, 15 ans. Crédits : Karine Sicard-Bouvatier

 

Il y a quelques semaine, la Commission du Souvenir du Crif a reçu Karine Sicard-Bouvatier. Nous vous proposerons un compte-rendu de la rencontre à la rentrée.

 

Emission diffusée le 23 juillet 2021 sur France Culture

Ecouter l'émission en intégralité

Judith Elkan-Hervé est née en 1926 à Oradea en Transylvanie, de culture juive hongroise, elle est enfermée avec sa famille dans le ghetto d’Oradea début mai 1944. Quelques semaines plus tard elle est déportée à Auschwitz en Pologne avec sa famille à 18 ans. L’automne suivant, elle est transférée au camp de travail de Zittau en Allemagne avec sa mère. C’est là qu’elles sont libérées à la fin de la guerre, en 1945.

Dans Déportés, leur ultime transmission, de l'auteure-photographe Karine Sicard Bouvatier, elle livre le témoignage de ce qu'a été Auschwitz pour elle :

"Derrières les barbelés, nous avons vu des femmes le crâne rasé dans des vêtements loqueteux. […] Nous pensions que c’était un endroit où nous enfermions les folles et les malades. Une heure après, nous étions devenues comme elles. Nos geôliers ont rasé nos têtes et tous les poils sur notre corps, puis enduit la tête de pétrole contre les poux. Par la suite nous en avons eu, des poux, tout le temps. [...] Comment avons-nous vécu depuis ? Comment le passé s’est-il fondu dans le présent ?"  Judith Elkan-Hervé

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