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Publié le 22 Juillet 2019

Crif/Vel d'Hiv - Les temps forts de la cérémonie nationale commémorant le Vel d'Hiv

La cérémonie nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites et d'hommage aux Justes de France, commémorant la rafle du Vel d’Hiv, a eu lieu dimanche 21 juillet, en présence de la Ministre des Armées Florence Parly.

"Chaque année nous nous retrouvons ici, pour nous souvenir et rappeler les rafles des 16 et 17 juillet 1942 mais aussi pour fixer les bornes symboliques qui permettent de prévenir l’oubli." déclarait hier le Président du Crif Francis Kalifat au début de son discours.

Dimanche 21 juillet, nous étions des centaines, sur le quai de Grenelle, à prévenir l'oubli.

A prévenir l'oubli, et à nous souvenir de ces journées et ces nuits du mois de juillet 1942. A nous souvenir de ces familles parisiennes, réveillées au petit matin par les gendarmes français. A nous souvenir des 4115 enfants apeurés, criant pour rester près de leurs mères.

A l'occasion d'une cérémonie organisée conjointement par le Crif et le Ministère des Armées, la France a rendu hommage aux 13 152 hommes, femmes et enfants, arrêtés au cours de la tristement célèbre rafle du Vel d'Hiv. 

La commémoration a débuté au 10 boulevard de Grenelle, devant la plaque rendant hommage aux victimes du Vel d'Hiv, devant laquelle se sont recueillis la Ministre des Armées Florence Parly, la Maire de Paris Anne Hidalgo, et Messieurs Francis Kalifat, Serge Klarsfeld, Raphaël Esrail, et Pierre-François Veil.

Ils se sont ensuite rendus dans le Jardin du Souvenir, inauguré en 2017 par Serge Klarsfeld, avant de se diriger vers le square des martyrs juifs du vélodrome d'hiver où la cérémonie publique avait lieu.

Après les prières dirigées par le Grand Rabbin Alain Goldmann et le Grand Rabbin Olivier Kaufmann, la Marseillaise a retenti, trouvant un écho particulier dans les cœurs des nombreux anciens déportés présents ce jour-là.

Plusieurs dépôts de gerbes de fleurs ont suivi, ajoutant à la solennité du moment. Parmi eux, Monsieur Eugène Daumas, Président de l’Union française des associations tziganes ; Monsieur Joël Mergui, Président du Consistoire central et du Consistoire de Paris ; Mesdames Annette Zaidman et Régine Lippe, pour l’association des Fils et Filles des déportés juifs de France; Monsieur Raphaël Esrail, Président de l’Union des déportés d'Auschwitz ; Monsieur David de Rothschild, Président de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah ; Monsieur Francis Kalifat, Président du Conseil Représentatif de Institutions juives de France (Crif) ; Monsieur Jérémy Redler, Conseiller régional d’Ile de France ; Madame Anne Hidalgo, Maire de Paris, et Madame Florence Parly, Ministre des Armées.

Eugène Daumas a ensuite pris la parole, suivi de Raphaël Esrail et de Serge Klarsfeld.

D’un pas déterminé, Esther Senot s'est ensuite approchée du pupitre et a livré le récit poignant de ce qu'elle a vécu, à 15 ans, pendant ces journées dramatiques du mois de juillet 1942. Esther Senot a raconté, avec ses mots, l’enchaînement d’épisodes hasardeux qui lui permettent d’échapper à la rafle du Vel d’Hiv. Elle raconte aussi les mois d’errance qui suivent, l’arrestation dans Paris, l’internement à Drançy et le départ vers l’enfer. Esther Senot reste 16 mois à Auschwitz-Birkenau. Elle subit ensuite la marche de la mort avant d’arriver à Bergen-Belsen. Elle connaît aussi l’horreur du camp de Mauthausen avant de rentrer en France à la fin du mois du mai 1945.

Son témoignage sincère et plein de pudeur a rendu un hommage saisissant à ceux qui n’auront jamais l’occasion de témoigner. Rappelant la promesse fait à sa sœur dans le camp, Esther Senot déclare, solennellement : "Je témoignerai jusqu’au bout".

Pierre-François Veil, Président du Comité français pour Yad Vashem, a ensuite pris la parole et a rappelé l’engagement de Yad Vashem pour les Justes parmi les Nations.

Madame Blandine Orvoën, petite-fille du Juste de France Rémy Dumoncel, a ensuite livré un hommage vibrant au courage de son grand-père ainsi qu’à tous les Justes français.

La cérémonie s'est poursuivie par une allocution du Président du Crif, Francis Kalifat

Après avoir souligné l’importance des cérémonies mémorielles, pour lutter contre l’oubli et honorer le devoir de mémoire, Francis Kalifat a salué la présence des anciens déportés présents ce jour et a rendu hommage à toutes les victimes de la barbarie nazie. Le Président du Crif a rappelé les actes héroïques des Justes parmi les Nations, soulignant le courage et l’engagement de figures phares.

Francis Kalifat a déploré la multiplication des actes antisémites en France et a réitéré sa demande de voir des sanctions judiciaires à la hauteur de la gravité de faits. Il a notamment fait écho à la récente ordonnance de justice concluant à l’abolissement du discernement du suspect dans l’affaire Sarah Halimi et a souligné son incompréhension.

Enfin, la Ministre des Armées Florence Parly a livré un discours particulièrement touchant. La voix chevrotante, elle a débuté son allocution en rappelant les journées terribles qu’ont été les 16 et 17 juillet 1942. 

Florence Parly a beaucoup insisté sur la responsabilité de la France dans la rafle du Vel d'hiv. "La rafle du Vel d’Hiv est l’unique œuvre du gouvernent français accomplie par des Français. Elle est devenue l’emblème de toutes les persécutions" a-t-elle notamment déclaré.

Emue aux larmes, la Ministre des Armées a également souhaité rendre hommage aux policiers et pompiers qui ont, souvent au péril de leur vie, aidé les familles du Vel d’Hiv pendant ces journées d’horreur.

Florence Parly a souligné l’importance pour la France et les armées française de regarder leur histoire droit dans le yeux. Rappelant la débacle du capitaine Dreyfus, elle a annoncé vouloir personnellement veiller à sa totale réhabilitation. "120 ans après le procès de Rennes, les Armées doivent regarder leur histoire en face. Il est encore temps que les Armées redonnent à Alfred Dreyfus tout l’honneur et toutes les années qu’on lui a ôté. Et j’y veillerai personnellement." a t-elle déclaré.

A la fin de la cérémonie, chacun a emprunté les rues parisiennes du 15ème arrondissement baignées de soleil. Chacun a pu entendre les rires des petits parisiens se fondre dans le murmure de la ville. Chacun avait quelque part dans le cœur les noms d'autres petits parisiens, réveillés à l'aube un matin de juillet et dont il ne reste aujourd'hui que la mémoire tenace.

 

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Source vidéo : Ministère des Armées

Crédit photo : Erez Feld et Alain Azria

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