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Publié le 3 Octobre 2019

Hommage - Il y a 39 ans : Attentat devant la synagogue de la rue Copernic

Le vendredi 3 octobre 1980, une bombe explose devant la synagogue Copernic. C’est le premier attentat criminel antisémite enregistré depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

Le vendredi 3 octobre 1980, soir du shabbat et jour de la fête juive de Sim'hat Torah, une bombe explose devant la synagogue Copernic - de l'Union Libérale Israélite de France - dans la rue du même nom. La verrière de la synagogue s'effondre sur les fidèles, une des portes est soufflée. Des voitures dans la rue sont projetées sur la chaussée, les devantures de magasin sont soufflées sur 150 mètres. 

Le bilan est lourd : 4 morts et 46 blessés. Philippe Bouissou (22 ans) qui passait en moto est tué sur le coup. Aliza Shagrir (42 ans), présentatrice de télévision israélienne en vacances en France, est également tuée sur le coup alors qu'elle marchait sur le trottoir, tout comme Jean Michel Barbé, chauffeur d'une famille qui fréquente la synagogue. Hilario Lopez-Fernandez, le concierge espagnol de l'hôtel Victor Hugo, situé presque en face de la synagogue, est grièvement blessé et décède deux jours plus tard.

L’enquête des juges d’instruction, l’une des plus anciennes encore en cours à Paris, a attribué l’attentat, non revendiqué, au Front populaire de libération de la Palestine-Opérations spéciales (FPLP-OS), un groupe né d’une scission du FPLP.

Rebondissements dans l'affaire de l'attentat de la rue Copernic 

Le 12 janvier 2018, 37 ans après l'attentat à la bombe qui avait coûté la vie à quatre personnes dans l'attentat de la rue Copernic à Paris, les juges d'instruction ont ordonné un non-lieu et la "mise en liberté immédiate" en faveur de l’unique suspect de l'attentat : Hassan Diabestimant qu'il n'y a pas de charges suffisantes à son encontre. Ce libano-canadien était écroué depuis novembre 2014.

Le Crif a exprimé sa consternation et son indignation devant la décision de libérer le terroriste présumé de l’attentat de la rue Copernic. 

Pour Francis Kalifat, Président du Crif, "Cette libération sans procès du principal suspect est une injure à la mémoire des victimes et une douleur supplémentaire pour leurs familles."

Depuis, un nouveau juge d’instruction a été désigné récemment qui a ordonné une contre-expertise concernant les écrits.

Nous rendons hommage aux victimes de cet attentat odieux et adressons nos pensées à leurs familles.

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Publié le 12 janvier 2018 dans France Inter

Attentat de la rue Copernic: les juges ordonnent un non-lieu et la libération d'Hassan Diab

37 ans après l'attentat à la bombe qui avait coûté la vie à quatre personnes dans l'attentat de la rue Copernic à Paris, les juges d'instruction estiment qu'il n'y a pas de charges suffisantes à l'encontre de Hassan Diab, libano-canadien extradé en 2014 : ils ont ordonné ce vendredi matin sa libération immédiate.

Hassan Diab, 64 ans, incarcéré à l'isolement depuis novembre 2014, doit sortir de prison : c'est la conséquence immédiate de l'ordonnance de non-lieu signé ce 12 janvier par deux juges d'instruction, et dont France Inter et l'AFP ont eu connaissance. Une décision plutôt rare au pôle antiterroriste. Selon les magistrats, "les charges pouvant être retenues contre Hassan Diab ne sont pas suffisamment probantes et se heurtent à trop d'éléments à décharge pour pouvoir justifier un renvoi devant la cour d'assises".

C'est l'une des plus vieilles enquêtes en cours. Le vendredi 3 octobre 1980, une bombe dissimulée dans une sacoche de moto souffle les alentours de la synagogue de la Copernic, dans le 16e arrondissement de Paris. Quatre personnes sont tuées et une quarantaine de blessés. Le bilan aurait pu être beaucoup plus lourd si l'explosion s'était produite quelques instants plus tard, à la sortie des fidèles.

Du poseur de bombe, on n'a connu longtemps qu'un portrait robot, une fiche d'hôtel brièvement remplie, et un faux passeport chypriote. Après avoir considéré la piste de l'extrême-droite, les services de renseignement apprendront au fil des années par des sources étrangères, notamment israéliennes, que l'attentat serait l'oeuvre d'un commando libanais, dissident du FPLP, le Front de Libération de la Palestine. Le faux passeport  cacherait un certain Hassan Diab, réfugié aux États-Unis, puis au Canada, où il enseigne la sociologie. En 2008 le juge Marc Trévidic demande l'extradition du suspect, qui clame son innocence, appuyé par un comité de soutien. Après une longue bataille de procédure, Hassan Diab est finalement extradé, mis en examen et écroué en novembre 2014. 

Un passeport au cœur des débats

Parmi les éléments à charge, il y avait surtout son vrai passeport, retrouvé en 1981 à Rome, avec des tampons d'entrée et sortie en Europe à la période de l'attentat. Depuis,  les deux juges qui ont repris le dossier ont recueilli des témoignages à décharge, comme ceux de quatre anciens camarades d'université, qui se souviennent qu'à la fin de l'été 1980, ils révisaient ensemble leurs examens à Beyrouth. Pour les juges d'instruction,"il est probable que Hassan Diab se trouvait au Liban courant septembre et octobre 1980 (...) et il est donc peu vraisemblable qu'il soit l'homme utilisant la fausse identité d'Alexander Panadriyu, qui se trouvait en France à partir du 22 septembre 1980 et qui a ensuite posé la bombe rue Copernic". 

Les juges se livrent aussi à une sévère critique des renseignements transmis par les services étrangers, dont on ignore l’origine, et dont il est "extrêmement difficile d’apprécier la fiabilité". Des renseignements "très riches", mais qui "fourmillent de contradictions et d'inexactitudes". Les juges concluent que dans "un dossier qui a d'indéniables aspects politiques et géo-stratégiques pouvant donner lieu à des manipulations", ces informations "ne peuvent pas être considérées comme des éléments probants".

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