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Publié le 10 Janvier 2022

France - L’Aube à Birkenau : Simone Veil, d’Auschwitz au Panthéon

Le cinéaste David Teboul a retranscrit le témoignage de Simone Veil.

Publié le 5 janvier 2022 dans Le Figaro

C’est un petit livre délicat. Il y a un texte, mais ce que l’on remarque de prime abord, ce sont des photographies. Dans la première, on reconnaît Simone Veil, adolescente: beauté et douceur, regard songeur. L’image est sublime. Ensuite, on pense au titre du livre - L’Aube à Birkenau -, et l’on se dit que ce qui va suivre n’aura rien de lumineux. On connaît le destin de celle qui s’appelait alors Simone Jacob, née en 1927. Elle n’avait pas 17 ans lorsqu’elle fut déportée à Auschwitz avec toute sa famille. Elle et ses sœurs reviendront du camp de concentration. Bien sûr, cette période l’a marquée à jamais. Simone Veil a attendu ses 80 ans pour écrire ses mémoires dans un livre remarquable, Une vie.

On doit cette Aube à Birkenau au cinéaste David Teboul, qui a retranscrit ici un témoignage issu de plus de quarante heures d’entretien face caméra avec l’ancienne ministre de la Santé. Il retrace son enfance, sa déportation, son retour des camps, l’antisémitisme et l’impact de ces événements dans ses engagements politiques. «Dans ma famille, nous étions juifs, patriotes, républicains et laïques. Les deux branches, celle des Jacob, du côté de mon père, et celle des Steinmetz, du côté de ma mère, vivaient dans cet esprit depuis plusieurs générations», raconte-t-elle.

 

Retour à Auschwitz, un voyage douloureux et bouleversant

Elle ajoute: «Pour les Jacob, la laïcité était la règle.» Septembre 1943, avant même l’arrivée des troupes allemandes, la Gestapo s’est installée à l’hôtel Excelsior, à Nice. «Alors, la chasse aux Juifs a vraiment commencé. Nos papiers d’identité devaient porter la lettre J, pour “juif”.» Qu’elle raconte les liens avec sa sœur Denise, avec Paul Schaffer ou avec Marceline Loridan-Ivens, les mots de Simone Veil restent presque factuels, et ça n’en est que plus émouvant.

David Teboul est retourné avec elle à Auschwitz, un voyage douloureux et bouleversant pour elle. L’Aube à Birkenau est un grand témoignage. Et le 1er juillet 2018, avec Simone Veil, c’est le convoi numéro 71 (Marceline y était aussi) qui est entré au Panthéon.

 

L’Aube à Birkenau, récit recueilli par David Teboul, Pocket, 294 p., 8,40 €. Pocket