Le CRIF en action
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Publié le 17 Novembre 2009

Alain Bauer au CRIF

En présence du président Richard Prasquier, le Comité Directeur du CRIF a reçu, le 16 novembre 2009, le criminologue Alain Bauer, président, notamment, du Conseil d’Orientation de l’Observatoire National de la Délinquance. L’ancien Grand Maître du Grand-Orient de France (2000-2003) qui conseille le président Sarkozy en matière de lutte contre la délinquance et qui, par ailleurs, enseigne au Centre Antiterroriste d’Herzlia en Israël, a brossé devant ses hôtes, sur le ton de l’humour, parfois caustique, mais avec une rigueur et une précision scientifique assorties de chiffres éloquents, un tableau de l’état de la criminalité dans le monde. Pour lui, le crime, qui est devenu un véritable business, est loin d’être en régression. Au contraire, ce qu’il faut bien considérer comme la « première entreprise globalisée à travers la planète », utilise les moyens modernes de développement, « peut-être d’une manière un peu plus expéditive qu’ailleurs » : gestion de la concurrence, recherche de profits maximums, optimisation du marché du travail…On est, dit le conférencier, dans une phase de « gangstéro-terrorisme ». L’économiste Adam Smith affirmait avec conviction : « Une main invisible régule le marché ». Il oubliait tout simplement de dire que cette main est celle du crime.



Dans son entreprise à l’échelle planétaire, le crime bénéficie d’effets accélérateurs comme l’utilisation de l’Internet. Dès lors, et c’est nouveau, la mafia s’installe dans des pays où elle n’avait jusqu’ici jamais mis les pieds, notamment en France et en Allemagne.



Incidences sur l’attitude des assureurs, apparition du home-jacking et du card-jacking, tout concourt à la création de la première victimisation globale de l’histoire de la criminalité. D’où une poussée remarquable de la demande de sécurité avec, parallèlement l’émergence de spécialistes, pas toujours efficaces, de la thérapie correspondante.



En conclusion, Alain Bauer avoue son pessimisme naturel sur l’évolution des choses. Il répond ensuite au feu de questions du public dans les domaines les plus divers : statistiques judiciaires et policières, affaire Halimi, rôle de la police, agressions antisémites, qualification et requalification des délits, lenteur des enregistrements des plaintes dans les commissariats, islam et terrorisme, criminalité en Israël, Convention de Genève, comparaison entre les méthodes de Schengen et de Trévi.



Une réunion remarquable du Comité Directeur.



Photo : D.R.


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