Tribune
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Publié le 17 Janvier 2011

Demain quelle Tunisie, par Gil Taieb

Ce texte est publié dans la rubrique Tribunes Libres réservée aux commentaires issus de la presse. Les auteurs expriment ici leurs propres positions, qui peuvent être différentes de celles du CRIF.




Bonjour, deux sujets s'imposent à moi aujourd'hui. L'actualité de ces jours nous transporte naturellement vers la Tunisie qui vient de vivre un changement historique.



Après 23 ans de pouvoir, le président Ben Ali quitte son pays sous la pression de la rue.
En moins de 4 semaines, le régime tunisien, décrit par tous, comme une dictature policière, s'est écroulé.



Comment un tel renversement a-t-il pu avoir lieu sans que des signes n'aient été visibles ?



Comment les forces de la sécurité intérieure omniprésentes ne se sont-elles rendu compte de rien ?



Comment, enfin, l'Armée tunisienne a-t-elle décidé de ne pas suivre celui qui depuis 23 ans la dirigeait d'une main dite "de fer" ?



Les jours ou les semaines à venir nous apporteront surement des réponses lorsque chacun dans un souci de trouver sa place dans la Tunisie de demain, vantera son action dans la destitution de celui qu'il appellera aujourd'hui "Despote" mais qu'il aura pendant 23 ans servi.



Nos regards resteront fixés sur l'avenir de ce pays qui depuis des années avait renoué avec Israël de façon discrète et où une petite communauté juive vivait dans une tranquillité protégée.



Qu'en sera-t-il demain ? La Tunisie se démocratisera-t-elle vraiment, saura-t-elle garder sa spécificité qui faisait d'elle depuis Bourguiba, un pays arabe modéré et en avance sur son temps et sa région ?



Saura-t-elle résister à la tentation de l'Islamisme qui attend caché derrière les portes de tous les pays musulmans fragilisés ?



Saura-t-elle préserver sa liberté en redonnant la liberté à un peuple qui s'est senti opprimé, spolié par la corruption et abandonné ?



Saura-t-elle continuer à être un pays où le mot Israël n'est pas diabolisé ?



J'espère que la restructuration de ce beau pays ne verra pas le retour de ce démon, si souvent unificateur dans le monde arabe, qui s'appelle la haine d'Israël.



Une autre information tombée hier soir m'attriste et m'inquiète.



Le concert de la chanteuse Vanessa Paradis prévu le 10 février prochain à Tel-Aviv a été annulé.



Un communiqué des organisations stipule que ce serait pour des impératifs professionnels de l'Artiste.



Je ne veux ici mettre en doute cette explication mais je ne peux m'empêcher d'y voir une victoire des militants du réseau BDS qui hier encore à Conflans St Honorine, sont venus harceler la jeune chanteuse lors d'un de ses concerts.



Je ne peux passer sous silence l'action de ce groupe soutenu par nombre de bienpensants et cachée derrière leur icône Stéphane Hessel, qui jour après jour déverse sa haine d'Israël et diabolise partout la seule démocratie du Moyen Orient.



Je ne peux m'empêcher de penser que dans notre pays, pays des droits et de la liberté, on autorise ainsi une horde de militants d'extrême gauche à terroriser les artistes, à les prendre en otage et à faire la chasse à tout ce qui porte ou parle d'Israël.



Je ne peux accepter que ces militants, ces partisans de la pensée unique fassent régner leur ordre et leur loi sur la terre des droits de l'Homme.



Je ne peux m'empêcher de recommander aux pouvoirs publics que la loi anti-boycott soit appliquée.



Il en va de l'honneur de la France, de la liberté de chacun et du droit de tous à une Culture libre et indépendante.



Les peuples se libèrent de leur dictature, ne laissons pas chez nous en France, le courant altermondialiste prendre le pouvoir.



Je n'en veux pas aux artistes qui se trouvent piégés dans un combat qui n'est pas le leur mais j'espère qu'il s'en trouvera de nombreux pour ne pas céder.



Photo : D.R.

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