Richard Prasquier

Ancien Président du CRIF

Blog du Crif - Réflexions sur le billard électoral israélien

24 March 2021 | 57 vue(s)
Catégorie(s) :
Actualité

Lors de la cérémonie nationale d'hommage commémorant le Vel d'Hiv, le Président du Crif s'est dit "choqué et révolté par les images indécentes des récalcitrant à la vaccination arborant l’étoile jaune et faisant des raccourcis honteux. C’est un outrage à la mémoire des victimes de la Shoah".

Discours de Marcel Dreyfuss,  Président d’honneur du Consistoire, représentant du Crif ARA - Dimanche 18/7/2021 au CHRD

Discours prononcé à la cérémonie du 18 juillet par M. Albert Massiah, Président du Crif Bordeaux-Aquitaine, lors de la « Journée nationale à la mémoire des crimes racistes et antisémites commis par l’État français de Vichy et en hommage aux Justes de France. »

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Israël

Conflit israélo palestinien, traitement médiatique, crise de l'information : analyse

Sophie Taïeb's picture
Incendie du tombeau de Joseph
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16 October 2015
Catégorie : Israël

Détruire la cité ancienne de Palmyre et faire brûler le tombeau de Joseph reviennent-ils vraiment au même ? Pas pour tout le monde.

Quand les larmes se transforment en espoir d'un monde meilleur.

Maxime Perez est journaliste, correspondant pour la presse française en Israel et spécialiste des affaires militaires pour la chaine i24News.
Marc Knobel Directeur des Etudes du CRIF à confié à Maxime Perez le soin de présenter une étude sur l'Opération Bordure Protectrice.

Lundi dernier, l’ancien Président de la République était en Israël. Une visite étrange, hybride où le mélange des genres s’ajoute à la confusion des rôles.

Les français d'Israël, et en particulier ceux qui ont immigré de France durant les quinze dernières années, ont en grande majorité souhaité la réélection de Benjamin Netanyahu.
Déçus par l'attitude des politiques français face à l'islamisme et l'antisémitisme, beaucoup voient en Bibi un dirigeant politique charismatique doté d'une capacité à affirmer avec une assertivité rare la cause d’Israël à la face du monde et savent que ses concurrents en politique n'ont pas cette compétence exceptionnelle.
De plus, comparant la réussite de l'économie d'Israël face à la faillite de l'économie française, ils ne comprennent pas pourquoi la plupart des médias israéliens et analystes politiques sont tellement critiques envers celui qu'ils considèrent à juste titre comme un héros du peuple juif. 

Le 17 mars dernier, les israéliens ont voté et réélu Benjamin Netanyahou.

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Opinion

À l’heure de la réconciliation Jérusalem-Ankara, retour sur l’histoire des Juifs de Turquie.

Patricia Sitruk est membre du Comité directeur du Crif

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Six millions et demi d’Israéliens sont probablement allés aux urnes. A comparer aux 500 000 électeurs, 13 fois moins, de la Knesset de 1949.

En mars 2021, c’est la France qui aurait dû voter. Mais les régionales sont reportées en juin et peut-être au-delà si l’épidémie n’est pas contrôlée. 80% des Israéliens de plus de 18 ans ont été vaccinés. Le corona est déjà presque loin dans leur tête. Il a fait quatre morts en Israël samedi dernier.

Aussi majeurs que soient les succès d’Israël, un système qui convoque les électeurs quatre fois en deux ans interpelle.

Une cause de ce blocage est institutionnelle, c’est le scrutin proportionnel, l’autre est personnelle, c’est Benjamin Netanyahu.

Le type de scrutin est le seul à donner leur voix à tous les habitants d’un pays aux modes de vie et aux engagements disparates et souvent intensément vécus. Mais il oblige à une coalition et les représentants d’une niche électorale bien placée peuvent exercer une forme de chantage.

Les ultra-orthodoxes bien sûr, aujourd’hui 12% de la population, mais d’autres petits partis peuvent aussi faire la différence. Certaines filières peuvent s’épuiser. Comme les enfants des Juifs ex-soviétiques se fondaient dans le mainstream israélien, Avigdor Liberman s’est reconverti, si l’on peut dire, en vigie contre l’exceptionnalisme haredi. Car les gens votent par indignation plus que par conviction, ce qui pousse à créer des contre-niches. Mais il faut se méfier de la réaction : ainsi l’agressivité de Liberman renforce la cohésion des religieux qui se sentent agressés. Inversement, écoeurés par la video qui assimile les Juifs non orthodoxes à des chiens, des électeurs laïcs tentés par l’abstention sont allés voter.

Depuis l’instauration d’un seuil progressivement élevé à 3,25% des voix, soit quatre députés, qui devait empêcher l’élection de personnalités aberrantes ou extrémistes, les rebonds du  billard électoral  sont devenus plus subtils, et certains joueurs sont meilleurs que d’autres. Si un parti n’atteint pas le seuil, ses électeurs se seront déplacés au profit de leurs adversaires.  Entre des religieux sionistes débauchés de chez Bennet et des ultra-nationalistes , Bibi a favorisé une alliance qui  peut dépasser la barre et serait  pour lui un apport notable. Inversement, le dégoût de voir un kahaniste à la Knesset peut faire basculer contre Netanyahu. Dans un grand écart dont celui-ci a le secret, il a remplacé sa rhétorique anti-arabe, qui avait facilité en réaction la constitution d’une liste arabe unifiée, par un soutien au parti Islamique Raam, un improbable allié.

Le parti bleu et blanc s’est maintenu,  mais s’il n’atteint pas la barre, ses voix seront stérilisées, ce qui fera aussi le bonheur de Benjamin Netanyahu, qui craignait que Ganz, dont il s’était joué de façon machiavélique, ne finisse par se désister.

Rien que Bibi, ou tout sauf Bibi ? Ce n’est pas si simple non plus. Car s’il a fait le vide autour de lui, si certains de ses plus proches sont devenus ses ennemis virulents, si on lui reproche son comportement, ses complaisances avec les ultra-religieux, si on voit venir une société illibérale, pour utiliser le vocable à la mode, aux contre pouvoirs affaiblis et aux valeurs morales défaillantes, beaucoup d’Israéliens qui ne l’aiment pas reconnaissent en lui un professionnel. Sa ligne politique n’est guère en discussion, dans une société qui a en grande majorité fait le deuil des illusions et qui, dans un monde dangereux, préfère des alliances d’intérêt plutôt que d’émotion.

Le succès de la triade israélienne, armée, technologie, logistique, fait de l’ombre à une classe politique assez déconsidérée, d’où surnage la personnalité charismatique et clivante de Benjamin Netanyahu. Il reste le favori de cette élection. Mais n’a-t-il pas succombé à l’hubris qui  guette les hommes trop confiants en leur habileté ?